08.12.2009

Visages de Santa Cristina di Valle di Campuloru

 Quelques regards de" E Valle di Campuloru" :
"Dieu a fait l'homme à son image. Nous le lui avons bien rendu "(Voltaire)
ensemble santa cristina avant restauration.jpg
Avant sa restauration (photo de novembre 2007) : l'ensemble peint  à fresques, datant de 1473, recouvrant les deux absides jumelles et célébrant le culte de sant' Ippolitu et de santa Cristina.
christ Pantocrator 2007.jpg
(le Christ Pantocrator, photo 2007, avant restauration)
Aujourd'hui les travaux de restauration sous la conduite de Michel Hevrard sont terminés:  le 17 novembre dernier, les échaffaudages étaient encore en place et ce fut l'occasion d' approcher les visages ...
Visage du Christ.jpg
... et tout d'abord, à tout Seigneur tout honneur, et qui vous regarde de face, le  Christ Pantocrator, si troublant jusque dans ses manques : Séverine Haberer, la jeune restauratrice qui a eu le privilège de le restituer, a eu le temps de se prendre d'amour pour ce beau visage. Un face à face si intérieur et si lointain, un  regard d'éternité, voilé mais à l'affût,  interrogatif, suspendu à notre désir de retrouver notre part commune de divine humanité. Sa bouche, dessinée, charnelle. Les lacunes ne sont pas comblées. Comme la mémoire effacée d'une très vieille personne qui nous est chère, irremplaçable, main dans la main.
saint tonsuré.jpg
J'imagine les gens d'autrefois regardant ces visages qui parlent. Point n'était besoin d'avoir fait des études pour ressentir ce  regard perdu en dedans. Lèvres scellées sur son destin, face tournée vers la lumière, rides barrant le front, écrivant au coin des yeux un sourire . Et, parsemées sur l'auréole et le vêtement du saint, les fleurs, marque du peintre de santa Cristina: un frais parfum de sainteté (des champs) ... Saint Pierre?
St Christophe avec le petit Jésus.jpg
Le géant  cananéen Auferus (le Brigand) ou Reprobus ( le Maudit) , dont on a dit qu'il était anthropophage,  avait décidé de mettre sa force au service du maître le plus puissant de la terre: il découvre un jour que son premier maître, le Roi, craint le Diable et donc Reprobus se met à servir le Diable. Mais  même Satan montre des signes de faiblesse, faisant un grand détour sur son chemin pour éviter  de passer devant une croix ... Le Cananéen apprend alors d'un moine ermite la puissance de l'amour du Christ. Il pose alors son bâton de pélerin (un vrai tronc d'arbre!), son baluchon et sa vie au bord d'un fleuve, et décide de mettre  sa force prodigieuse au service de son prochain: désormais il portera les pauvres gens pour les faire passer d'une rive à l'autre. Mais voilà qu'un beau jour, un tout petit enfant lui demande son aide pour traverser le guet: qu'à cela ne tienne, Reprobus en a vu d'autres, et voilà le minot perché sur son épaule, léger comme un moineau... Mais tandis que notre bon géant repenti s'avance dans les eaux vives et que lui filent entre ses pieds nus truites, perches et gardons, tâtant le fond de son bâton, son épaule fléchit peu à peu sous le poids du tout petit : l'enfant pèse de plus en plus lourd comme jamais humain n'a pesé , c'est comme  s'il portait tout le poids du  monde sur son dos ... D'un regard étonné il interroge son petit passager: l'enfant lui révèle qu'il transporte sur son épaule le créateur de l'univers, le Christ lui même ... Reprobus  devient alors Christophoros (le porteur du Christ), et , s'étant converti, il connaîtra le martyre sous Dèce. C'est l'un des quatorze saints intercesseurs les plus efficaces pour les pélerins et autres voyageurs contre les tempêtes, la grêle, la "male mort" ou mort subite:
"Christophori. sancti speciem quicumque tuetur
Ista nempe die non morte mala morietur."
( Quand du grand saint Christophe on a vu le portrait,
De la mort, ce jour-là, on ne craint plus le trait"
(Iconographie de l'Art Chrétien, de Louis Réau)
Un saint, donc, bien important pour les habitants de cette terre de Corse, si souvent en mouvement dans une montagne dangereuse,  si souvent malmenés par leur histoire, et en proie, de surcroît, aux mortelles exactions de la vendetta...
ST jean baptiste.jpg
Le beau visage ascétique et nerveux  de saint Jean le Baptiste,  la peau tannée, les cheveux  hirsutes, desséchés,  fouettés par les vents et les sables du désert, la bouche frémissante. Regard du Précurseur, tout en attente, ses grands yeux ardant d'un feu intérieur, tournés vers celui qu'il annonce. Son auréole dorée comme le plat d'argent qui recevra sa tête tranchée, entre les mains de la charmante petite Salomé (une Lollita, celle-là !) ... Cela se passait au 1 er siècle, sous le règne de ce faiblard d'Hérode Antipas et de sa coquine,  belle-soeur, nièce  et épouse usurpée, la redoutable Hérodiade.
Saint Hippolyte (2007) blog.jpg
 (Avant restauration) Saint Hippolyte,  l'un des deux saints patrons de cette chapelle. Le soldat romain , chargé de garder saint Laurent en prison, converti par son prisonnier, il récupère dans son martyre (écartelé par des chevaux), grâce à son nom (" traîné par les chevaux") , un morceau de légende lié au fils de Thésée  ... voir Phèdre! Un bien beau jeune homme, déterminé, avec ses yeux en amande qui vont droit au but.
Vierge en prière.jpg
La Vierge, en orante, dans sa robe rouge d'humanité et toute en retenue dans la proximité divine, montre le chemin ...
" "Je n'ai rien à offrir et rien à demander,
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là."
(La Vierge à midi, Paul Claudel)
donateur au milieu des saints.jpg
... et, perdu au milieu des grands saints, dans l'abside de gauche, le voyez_vous? ... (photo 2007 avant restauration)
le donateur copie.jpg
(restauré)
... parmi tous ces visages, l'un de ceux qui me touche le plus: celui du petit
 donateur aux tendres yeux bleus, la joue appuyée sur la main de sainte Christine qui le présente. Un abbé tonsuré des bénédictins de l'abbaye de Monte-Cristo, dont dépend la chapelle Santa Cristina ... Absolue confiance dans le doux regard de cet homme minuscule ...
Tout cela est donné, immédiat, pas besoin d'initiation savante. Séverine.jpg
Merci à l'équipe des restaurateurs (ici Séverine Haberer, de l'entreprise Noémi et son collègue Jean-Luc Mulhauser) qui, eux, ont reçu une formation sérieuse et nous permettent de retrouver le meilleur de ces fresques  respectueusement restituées . Leur plaisir est le nôtre.
(à suivre: je reviendrai faire des photos hors échaffaudages: les restaurateurs ont fait des découvertes bien intéressantes de fresques antérieures, non seulement à l'intérieur de la chapelle, mais également à l'extérieur...)

03.12.2009

restaurations des chapelles à fresques en Corse

Où en sont les travaux et les projets de restauration des fresques ?
affiche carrousel Louvre vov 2009.jpg 
Début novembre se tenait à Paris, au Carrousel du Louvre,
le SALON INTERNATIONAL DU PATRIMOINE CULTUREL.
La Corse était présente et témoignait des efforts de la Collectivité Territoriale pour sauvegarder le  patrimoine de l'île ...
IMG_7807.JPG
( à Santa Cristina, dernière visite le 17 novembre 2009: un chantier aujourd'hui achevé et magnifiquement conduit par l'équipe de Michel Hébrard, d'Avignon)

PROGRAMME DE SAUVEGARDE ET DE RESTAURATION DES CHAPELLES À FRESQUES INSULAIRES

La Corse dispose d’un ensemble de chapelles à fresques d’une richesse exceptionnelle, menacé de dégradations irréversibles voire de disparition.
C’est pourquoi, dès 2007, la CTC a engagé un ambitieux programme de sauvegarde et de restauration sur 14 édifices aux décors monumentaux conservés datés entre la fin du XIVe siècle (Sainte Marie des Neiges à Brando) et le début du XVIe siècle (San Tumasgiu di Pastureccia à Castello di Rostino). Ces chapelles, situées sur les communes d’Aregno, Brando, Calvi, Cambia, Castello di Rostino, Castirla, Favalello, Furiani, Gavignano, Murato, Pied’Orezza, Pruno, Sermano, Valle di Campoloro seront restaurées d’ici la fin 2010.

Le Salon du Patrimoine 2009 est l’occasion pour la CTC de présenter à travers une vidéo-projection, l’ensemble du projet et notamment les 4 chapelles actuellement en cours de restauration :
- Sainte Christine à Valle di Campoloro,
- Saint Nicolas à Sermano,
- Notre Dame des Neiges à Brando,
- San Quilicu à Cambia.

La chapelle Sainte-Christine de Valle-di-Campoloro est classée aux Monuments Historiques depuis 1875, les peintures murales de son abside ont été classées en 1900. Cet édifice, un des monuments majeurs de Corse, est situé en contrebas du village dans un cimetière qui n’est plus utilisé, avec des tombes relativement anciennes.
Elle possède un plan très particulier, comportant une nef d’aspect traditionnel conduisant à une sorte de transept largement débordant, équipé de 2 absides orientales jumelées. Le chevet de la chapelle est également orné d’un ensemble remarquable de peintures datées de 1473 qui est parvenu à nous pratiquement complet malgré de nombreuses dégradations. Par ailleurs, il s’agit d’une des rares chapelles en Corse dont la construction est bien connue, puisque la date de 1470 est gravée sur le linteau de la porte sud du transept.

La chapelle Saint-Nicolas de Sermano est située à quelques centaines de mètres en contrebas du village. Seul un chemin escarpé permet d’y accéder. L’édifice, classé Monuments Historiques le 16 octobre 1992, a été édifié à une date difficile à déterminer de l’époque médiévale (XIVe ou XVe siècle). Il présente toutes les caractéristiques traditionnelles des chapelles construites en Corse sous domination pisane, avec un plan rectangulaire achevé par une abside semi-circulaire orientée. Plus tard, un campanile maçonné abritant une cloche sous son arcature a été implanté à l’aplomb du mur oriental de la nef, sur le côté nord du monument.

La chapelle Santa-Maria di e Neve (ou Notre-Dame des Neiges) de Brando est classée aux Monuments Historiques depuis 1976, les peintures murales classées en 1958.
Elle est facilement accessible aux visiteurs, mais le plus souvent fermée et son aspect intérieur semi-abandonné surprend en regard de la qualité architecturale du site composé des 3 églises du village. L’édifice, construit à l’époque romane avec une nef rectangulaire et une abside demi-ronde, conserve quelques-unes des plus anciennes fresques de Corse, et celles qui sont les mieux documentées sur leur commanditaire, Domina Benedicta, fille d’une puissante famille de Gènes, et sur leur créateur, le peintre Maestro Giovani originaire de Recco, qui reçut commande du travail en 1386.

La chapelle San-Quilicu de Cambia est classée aux Monuments Historiques depuis 1983, le meuble de sacristie depuis 1975. Elle est située en contrebas du hameau du même nom. On y accède par un sentier abrupt, qui débouche sur une clairière boisée et un enclos abritant le monument.
Remarquable par son aspect extérieur avec ses façades entièrement appareillées, et par l’ensemble de ses décors intérieurs (peintures murales, statuaire, décors de stucs et mobiliers de grande qualité), elle fait partie des édifices religieux médiévaux majeurs de Corse. Un campanile de la fin de l’époque médiévale, élevé à l’aplomb de l’arc triomphal sur le côté sud, et une clôture d’abside de l’époque baroque, sont les 2 principaux ouvrages rapportés à la construction d’origine, dont le projet ambitieux prévoyait un clocher porche, comme celui de San-Michele de Murato.

Les travaux de remise en état de ces 4 chapelles, d’un montant de près de 2 M€ s’achèveront début 2010. La poursuite de la restauration des chapelles à fresques aboutira fin 2009 à l’engagement de 6 opérations nouvelles constituant la 2nde tranche fonctionnelle de cet ambitieux programme de sauvegarde du patrimoine insulaire :
- l’église de la Trinité d’Aregno
- l'église Saint Thomas de Pastureccia, à Castello di Rostino
- l’église Saint Michel de Castirla
- l’église Saint Pantaléon de Gavignano
- l’église Saint Michel de Murato
- l’église Santa Maria Assunta, à Pruno

La CTC assurera la direction des travaux de conservation dont la livraison est prévue fin 2010
."

(Document de la CTC)


IMG_7913.JPG

 

Dernière visite hier, 2 décembre, à la petite chapelle de Castirla, en attente de sa prochaine restauration: toujours interdite au public, le toît menaçant de s'écrouler est toujours solidement bâché: en espérant que cette petite merveille d'art populaire sera attribuée à un atelier réellement compétent ... Le travail de restauration des fresques a un prix, celui du savoir-faire et du temps nécessaire pour l'exercer: gare aux devis trop légers qui annoncent souvent des travaux bâclés ...

(à suivre)



27.06.2009

Muratu, San Michele: l'intérieur de l'église

tionPour clore ces notes regroupées sur San Michele di Muratu, à nouveau quelques images de l'intérieur :

San Michele intérieur.jpg
Une douce lumière baigne le maitre-autel par la porte ouverte: sinon, l'église médite dans une relative obscurité, traversée par les rais lumineux des fenêtres meurtrières et la croix évidée au-dessus du choeur.
Annonciation fresque.jpg
Trop peu d'éléments nous restent de ce qui fut sûrement l'une des plus belles fresques de Corse: le temps a fait son oeuvre, effaçant inexorablement ces peintures à fresque de la fin du XV°siècle. Demeure la présence estompée de cette Annonciation dans les écoinçons de l'Arc triomphal.
Muratu Archange Gabriel blog.jpg
L'Archange Gabriel, drapé dans un manteau blanc constellé de croix, brandit le phylactère de son Annonce à Marie...
Vierge Annonciation.jpg
... qui reçoit le divin message le visage méditatif: Marie en robe rouge et manteau bleu est représentée en prière dans sa chambre close de tentures rouges évoquant l'inviolabilité du ventre maternel de Marie. Se détachant sur ce fond rouge  un vase évoque les Litanies de la Vierge
" Vas spirituale, ora pro nobis,
Vas honorabile, ora pro nobis,
Vas insigne devotionis, ora pro nobis..." 
De même que l'étoile qui semble ici remplacer la colombe de l'Esprit Saint:
"Stella maturina, ora pro nobis"
Ici et là des traces de fresques subsistent, aujourd'hui illisibles... dont, sur le mur nord des éléments très effacés de ce qui fut peut-être le personnage de Saint Michel Archange.
aigle sculpté arc blog.jpg
Sous la croix évidée du choeur, un aigle sculpté, ailes déployées.
chapiteau sculpté choeur blog.jpg
Un chapiteau orné de sculptures naïves, à gauche du choeur.
linteau aux paons.jpg
Le linteau de la façade occidentale, hélas détruit par la foudre en décembre 1969 et déposé à l'intérieur: deux paons semblent tirer les oreilles d'un homme qui les maintient par les pattes... Le paon, emblème dans l'antiquité de l'incorruptibilité et de la gloire, devient , dans la symbolique chrétienne, l'emblème de l'immortalité grâce à la résurrection:
"A la résurrection générale , en ce jour où tous les arbres, c'est-à-dire tous les saints , commenceront à reverdir, ce paon - qui n'est autre que notre corps - débarrassé des plumes  de la mortalité, recevra celles de l'immortalité" ( Saint Antoine de Padoue, Sermon pour la Férie, 5ème après la Trinité: cité dans "Le Bestiaire du Christ" de Louis Charbonneau-Lassay).
C'est aussi  le symbole du Christ conduisant les âmes vers la vie éternelle...
Ici, les paons étaient sertis de pierres colorées: deux paons tirant par les oreilles l'humain agrippé à leurs pattes... une invite peu commune à l'envol spirituel!
linteau Murato dessin.jpg
(dessin reproduit dans: " Corse Romane" de Geneviève Moracchini-Mazel, édition Zodiaque)

15.10.2008

Castirla

castirla 022 copie blog.jpg
Des nouvelles des problèmes de la chapelle San Michele de Castirla:
Nous avions, fin août, remué la difficile problématique de la restauration de la chapelle de Castirla, classée, dont la charpente est attaquée depuis des années par la mérule, suite à un glissement des teghje qui la recouvrent. Le Maire du village avait tout organisé pour que nous fassions une journée de sensibilisation auprès des habitants du village, des autorités de la Collectivité Territoriale de Corse et des medias, le dimanche précédant les Journées du Patrimoine.
 
[ Jusque là la situation était bloquée dans une impasse: l'architecte en chef avait décrété qu'avant de restaurer la chapelle il fallait faire des fouilles, l'archéologue pressentie pour ce travail avait de son côté déclaré, ce qu'on peut comprendre, qu'elle ne voulait pas fouiller sous un toit menaçant ruine, et la décision de l'époque, impossible à gérer pour la petite commune de Castirla, était que Castirla "s'occupe"  de déposer la couverture actuelle et construise un toit  provisoire, le tout à ses frais. En attendant un hypothétique financement de l'opération la mérule continuait de se propager et de commettre ses dégats irréversibles... A ma dernière visite, la charpente commençait à lâcher. ]
 Pour plus de détails sur la chapelle de Castirla, voir la note dans les Archives du 18/08/08
Castirla cimetière et chapelle.jpg
La bonne nouvelle est qu'après de nombreux échanges entre le maire de Castirla et la C.T.C., la situation semble se débloquer: la C.T.C. s'est engagée à reconstruire le toît définitif cette année (à suivre!) avant de faire les fouilles, ce qui me parait une saine logique plutôt que de dépenser inutilement des fonds (de plus en plus difficiles à trouver) pour faire du provisoire.  Si tout va bien, la restauration de la chapelle devrait démarrer, après les fouilles, fin 2009.
Espérons que la gestion de la situation de crise financière actuelle ne sonne pas définitivement le glas des restaurations, quelles qu'elles soient:  fresques, stucs, décors muraux si riches en Corse, et... orgues. Il est à craindre que les lieux - comme les gens -  les plus modestes fassent les frais de l'évolution actuelle. 
... à suivre...

06.09.2008

les fresques de Favalellu

Favalellu église blog.jpg
Pieve di Boziu : ce mercredi 3 septembre, après-midi lumineux et calme sur la place de Santa Maria Assunta di U Favalellu.
Nous sommes attendues, Colette et moi, et gentiment accueillies par l'épouse du Maire de Favalellu. Cette église romane, contrairement à la plupart des chapelles à fresques, n'est pas retirée à l'écart du village: au coeur de la communauté, au bord de la route, à côté de la mairie, elle vit...
Favalellu église vécue blog.jpg
... d'une vie sereine de petite église de village vouée aux messes, baptêmes, mariages, enterrements... la vie, quoi!
La blancheur de la nappe d'autel, les cierges, les fleurs, les statues, l'ameublement...  filtrent le regard.
Dans d'autres chapelles, c'est dans le silence et l'obscurité qu'il faut apprivoiser le privilège de la rencontre. Ici, le murmure de la dévotion précède le concert spirituel des fresques.
La toiture en tuiles mécaniques a été remplacée par une couverture en teghje (dalles de schiste), et il a fallu aussi éliminer la gangue de ciment fort à la mode il n'y a pas si longtemps, et si destructrice pour les décors muraux... Il reste encore beaucoup à faire, mais les responsables de cette communauté sont bien conscients aujourd'hui de l'enjeu patrimonial de leur chapelle.
Nous voici maintenant au coeur des fresques qui animent l'abside en cul de four...
Favalellu Christ en Majesté blo.jpg
Datables de la fin XV° Siècle, elles expriment, malgré de nombreuses lacunes,  une iconographie familière: au centre, le Christ en Majesté nous bénit de sa main droite, les trois doigts levés évoquant le mystère de la Trinité, et  tient dans sa main gauche le livre ouvert comme de coutume sur le texte "EGO SUM LUX MUNDI ET VIA VERITAS". Derrière sa tête, la Jerusalem Céleste, très effacée, et de part et d'autre la représentation du Tétramorphe: l'Ange de Mathieu, le Taureau de Luc, le Lion de Marc, l'Aigle de Jean...
Favalellu l'évangéliste Mathieu.blog.jpg
ici, l'Ange symbolisant l'Evangile de Mathieu. Regard perdu dans un visage au bord de la mélancolie. L'index désigne l'Evangile annonçant la naissance de Jésus.
... Au-dessus, à sa gauche dans l'écoinçon de l'Arc triomphal, la figure attendue de l'Archange Gabriel brandissant le lis dans son annonce à Marie. Visage modelé, grâce du mouvement dans une robe raffinée... 
Favalellu Gabriel blog.jpg
malheureusement cette Annonciation a perdu l'image de la Vierge dans l'écoinçon de droite...
Favalellu Bernardin etc blog.jpg
Sous la figure de Gabriel, le personnage de Saint Bernardin de Sienne (1380/ 1440) en pleine prédication, ce grand saint franciscain à la profonde spiritualité et vénéré à Favalellu: sa place d'honneur ici, peu de temps après sa canonisation,  souligne l'importance prépondérente du monde franciscain en Corse. Sous ses pieds, des carreaux décorés à la façon des majoliques de la Renaissance.
Je suppose que lui faisait peut-être pendant, à droite de l'Arc,  la représentation habituelle de Saint Michel Archange terrassant Satan et pesant les âmes?
Favalellu apô avec Philippe blo.jpg
Sous les pieds du Christ, la conversation des apôtres: ici Jacques le Mineur, Simon, Philippe (distingué pour une raison que j'ignore par son livre ouvert), et André. Tous ces visages sont empreints d'une gravité spirituelle, les regards tendus vers un intérieur invisible pour qui ne fait pas silence. Beauté des drapés, musicalité des couleurs alternées, sobriété élégante des gestes.
Favalellu Pierre... blog.jpg
En conscience, impassible et digne, St Pierre, de sa grosse clef, ouvre ou ferme les portes du Paradis...
Favalellu St Andreu blog.jpg
Saint André et un autre jeune apôtre, au visage presque féminin: le seul représenté de face. Tous deux ont perdu leurs prunelles, sans doute peintes "a secco". 
Favalellu St Jean blog.jpg
le jeune visage concentré de Saint Jean: lèvres closes, sous l'arc sérieux des sourcils le regard médite.
PICT0402.JPG
 Le mur Nord de l'église a été ouvert pour créer une chapelle latérale: dans l'opération on a perdu l'iconographie qui l'ornait: ici il reste un élément d'une scène représentant sans doute l'arrestation de Jésus au Jardin des Oliviers, avec de jolies gambettes habillées à la mode Renaissance... Cela sent la Toscane...
Favalellu visage Christ.jpg
Je quitte aujourd'hui l'évocation de Favalellu avec cette magnifique présence intériorisée du Christ en Majesté: là aussi, gravité contemplative. Pas trace de mièvrerie. Je l'aime. Ce regard s'adresse à toi et t'englobe dans sa création. Attentif.
"L'oeïl écoute".

18.08.2008

Castirla Août 2008:Brève du Purgatoire

 

 

Castirla cimetière et chapelle.jpg

  Faut-il sauver San Michele di CASTIRLA ? ( Pieve de Talcini)

 

Le cimetière de CASTIRLA et la petite chapelle San Michele, chère à mon coeur, à taille humaine, évidente et fragile sous ses teghje dérangées, sa charpente ruinée par la mérule et les insectes xylophages...  Dans son environnement un peu trop paisible, un peu trop silencieux, un peu trop loin de la communauté des vivants.

 

 

 

 

Chronique:

 

"Mgr Mascardi a visité cette chapelle en 1589 (fol. 244): "... Eglise paroissiale San Michele, annexe de Sant'Andrea d'Omessa... elle se trouve à un tiers de mille des habitations... son toit laisse passer la pluie... il y a deux portes... les murs sont pleins de trous et comportent une fenêtre en mauvais état... il y a une cloche pendue à un arbre... l'autel est placé sous une abside peinte... il y a 21 feux et 80 âmes" (cité par Geneviève MORACCHINI MAZEL dans "Les Eglises Romanes de Corse", publié avec le concours du C.N.R.S. en 1967).

"Nous supposons que la chapelle San Michele pourrait appartenir au groupe préroman le plus ancien, entre le VIIe s. et le IXe s. ( idem)

A cette époque, bien évidemment, il n'y avait pas de cimetière autour de la chapelle.

Et voici ce qu'en dit Joseph ORSOLINI, pionnier sensible et passionné dans son ouvrage " L'Art de la Fresque en Corse de 1450 à 1520" publié en 1989:

"Sauvée une première fois de la ruine en 1963 (couverture en tôles, charpente effondrée...) la toiture de la chapelle a été refaite en 1983 par l'entreprise Piacentini de Furiani, à la demande des Bâtiments de France. Son toît de "teghje" est surmonté d'un clocheton de construction tardive (XVIIIe s.) ... Les fresques (fin XVe S.) sérieusement décollées par les intempéries furent restaurées en 1964 par les Monuments Historiques (...) Aujourd'hui protégées, elles sont le symbole par excellence de la tradition picturale populaire. (...)"

 

castirla 005 ensemble blog.jpg

 

 Ensemble des peintures de l’abside en cul de four et de son arc triomphal, datables de la fin XVe siècle. Une iconographie bien établie dans nos "chapelles à fresques": au centre de l'abside, le Christ Bénissant, entouré du Tétramorphe. Sous ses pieds, les douze apôtres. De part et d'autre, sur l'Arc triomphal, la scène de l' Annonciation. Sur les pieds de l'Arc, à gauche, la Vierge à l'Enfant, à droite, St Michel.

 

 L’histoire bégaye trop souvent et  25 ans après la réfection de la toiture, voici l’état effrayant de la chapelle : ce lieu où se vit encore, mais pour combien de temps ? le divin dans une expression touchante, appliquée, un peu maladroite, est à nouveau proche de la ruine. Ces dernières années, avant 2004, lors de mes visites de "la Montagne des Orgues", j'avais pris l'habitude, aussi souvent que possible, de faire découvrir ce petit sanctuaire intime, son abside peinte à hauteur d'homme où l'on tutoie sans crainte le Christ en Majesté tant son visage est proche et son humanité évidente.

 

 

 

 

Castirla Christ et tétramorphe.jpg

Le Christ en majesté, bénissant de sa main droite, et tenant de sa gauche le traditionnel livre ouvert: "EGO SUM LUX MUNDI ET VIA VERITAS ET VITA". Il est encadré comme de juste par la représentation du tétramorphe et l'on voit derrière sa tête la Jérusalem Céleste.

Ces fresques ont déjà beaucoup souffert, lessivées par les intempéries, certaines parties se sont effacées comme le visage de Saint Michel, les orbites des yeux de certains  saints personnages se sont vidées depuis longtemps de leurs prunelles, mais il reste un ensemble plein de vie qui résiste encore, mais pour combien de temps? à la dégradation générale de l'édifice.

castirla Gabriel Annonciation.jpg

 

                           ... l'Archange Gabriel, dans la scène de l'Annonciation, écoinçon de gauche de l'Arc triomphal....

castirla Vierge Annonciation.jpg

... et dans l'écoinçon de droite, la Vierge en prière reçoit la Colombe de l'Esprit Saint.

Les tentures pourpres de sa chambre close évoquent peut-être l'intimité inviolable de son ventre maternel. Le bleu de son manteau, couleur céleste, a bientôt disparu, seul reste le rouge-humanité de sa robe.

castirla partie droite St Michel.jpg

...sous les pieds de la Vierge, l'Archange St Michel, le Saint Patron de cette chapelle.

Selon l'usage, il pèse les âmes et maintient Satan sous sa lance.

Dans la partie basse de l'abside l'on peut détailler les douze apôtres, comme autant de piliers solides de l'église.

Castirla Barto.jpg

 ...parmi eux, Saint Barthélémy, sa peau d'écorché sur l'épaule et le couteau de son supplice à la main...

castirla taureau Luc.jpg
... le tétramorphe, comme toujours, est représenté.
De part et d'autre de la figure majestueuse du Christ: ici, les pattes sur le livre, voici le Taureau ailé symbolisant l'Evangéliste Luc..
castirla l'ange Mathieu.jpg
L'Ange du Tétramorphe, symbole de l'Evangéliste Mathieu.

 

castirla partie de gauche.jpg

 

...  à gauche de l'abside, sous Gabriel, la Vierge présente sur ses genoux l'Enfant Jésus à l'adoration des fidèles...

Mère de Dieu, Mère de l'Eglise. Là encore, les couleurs se sont estompées... A sa droite, la frise des apôtres en grande conversation et tenant le Livre à la main. Au-dessus de leurs têtes, on aperçoit le Lion de l'Evangéliste Marc.

chapelle Castirla 1.jpg

Et maintenant, voici l'état actuel de la charpente, vue lors de mon dernier passage à la chapelle, le 13 AOÜT 2008. La chapelle est bien entendue fermée au public: les risques d'effondrement de la toiture sont malheureusement aujourd'hui confirmés.

La partie de droite de la charpente a déjà cédé et l'on voit le jour à de nombreux endroits. Sous l'action de la mérule ( ce champignon qui ôte toute cohésion aux fibres du bois, une véritable peste), les poutres ne peuvent plus soutenir le poids des teghje (dalles de pierre couvrant traditionnellement le toit, très lourdes). La mérule s'est installée insidieusement, profitant du glissement incontrôlé de certaines teghje, de l'absence de surveillance régulière de ce lieu, du lessivage des pluies pénétrant en force, de l'obscurité ambiante, un vrai régal pour tous les prédateurs du bois, de quel ordre qu'ils soient... Les taches blanchâtres sur les poutres signent la présence de la mérule, que j'ai appris à reconnaître grâce à un ami architecte qui faisait cette visite avec moi en 2004... Nous avions alerté alors la municipalité de Castirla qui se bat depuis pour tenter de trouver une solution à cette situation d'urgence.

chapelle Castirla 3.jblog pg.jpg

Les instances sollicitées par le maire pour tenter de sauver cet édifice classé par les Monuments historiques le 22 septembre 1958, demandent à ce que soient réalisées des fouilles archéologiques avant de s'atteler à la restauration de la chapelle. L'archéologue pressentie pour ces fouilles a exprimé le désir somme toute assez humain de rester en vie, et remet son intervention à une date indéterminée, lorsque la toiture sera hors de danger... de nuire. A la suite de quoi, l'architecte en chef des M.H. demande à la mairie de Castirla de déposer le toit et de construire une charpente provisoire recouverte de tôles (retour à la case départ! ), ce qui engendre des dépenses très importantes pour cette petite commune proche de Corte. Ce qui  signifie aussi que l'on devra, pour la énième fois, payer une nouvelle toiture... éphémère, celle-là, en attendant d'engager à nouveau de futures dépenses pour la reconstruction de ce toit dont rien, décidément, ne nous garantit le caractère définitif...

Il est dommage que cette chapelle n'ait pas fait l'objet d'une surveillance, après la réfection du toit en 1983. On aurait évité le pire, et allégé d'autant les dépenses de la Mairie et de l'Etat.

Ces toits de lauzes étaient autrefois régulièrement surveillés, entretenus comme l'on entretenait le toit de sa propre maison. On savait que le moindre glissement de teghje entraine forcément et rapidement des dégats, et l'on n'attendait pas pour agir, la chapelle ou l'église paroissiale étant alors vécue au quotidien. Notre problème vient de ce que ces chapelles sont éloignés "physiquement et moralement" des communautés dont elles dépendent. Toutes n'ont pas, comme à Cambia, un ange gardien qui les surveille amoureusement ...

Castirla sol jonché.jpg

                                                                     ... éparpillés au sol, des débris de la charpente...

J'ai été profondément surprise de découvrir que cette chapelle si menacée d'effondrement prochain ne faisait pas partie de la première tranche de travaux engagés par la Collectivité Territoriale de Corse: ce projet magnifique des restaurations de nos chapelles à fresques est porteur d'espoir, mais je me demande si nos responsables du Comité scientifique créé au sein de la C.T.C. pour étudier ces projets de restauration  sont venus récemment sur le site de Castirla et s'ils ont connaissance de l'état aujourd'hui désespéré de cette chapelle. Castirla mérite bien autant d'amour et de soins, malgré sa modestie et sa naïveté, que celles de Sermanu, Cambia, E Valle di Campuloru, Brandu (les quatre chapelles sélectionnées pour cette première tranche)... L'urgence absolue d'une intervention saute aux yeux, et si, par malheur, la charpente vient à s'écrouler avant qu'on intervienne, il est probable que les murs suivront de près cette ruine. Ce qui serait traiter le problème par le vide.

Castirla Christ en majesté.jpg
Castirla Christ en majesté.2 jpg.jpg

 

 

 

 

Castirla Christ en majesté. 3.jpgCastirla Christ en majesté.j4 pg.jpg
...

Ceci était "une brève du Purgatoire", pavé comme l'Enfer de bonnes intentions....

Elizabeth (à suivre)

06.02.2008

3/ San Quilicu, la chapelle: visages

aa4060d09072724d69479bc6fa75462d.jpg

                                                                       Le Père ( Trinité)

Humanité des visages de San Quilicu. Douceur et mélancolie. Temps suspendu sous les paupières lourdes et regards croisés pour chanter l’adoration. Lèvres ourlées en cœur. Sous la maladresse parfois, l’infinie tendresse d’un peintre insulaire et son désir de bien faire.

5d38bf6de6377e3ac681b4d84afd9609.jpg

                                  Le beau visage de Ste Julitte (la mère de San Quilicu),les yeux en amande, sous son voile brodé.

 

e1d94d1dd6bf2f6c0df578fcb8959e9f.jpgle Fils (Trinité) couronné d'épines, plaies saignantes.

La lune et le soleil  c71355eb33251aa7991dff78f7ad36bf.jpg(l’Ancien et le Nouveau Testament)19af178c9e74ef906889bc8b08396669.jpg

 

 

 

 

 

                                                            la Vierge1ff883dd66cf169d192679a673f6d4ec.jpg et l'Enfant Jésus7dc504eb95c7a78d82f10907b761b8a8.jpg

 

 

 

 

 un ange tout de douceur,27768c435c730c8ea4b71cfd6ede5f5c.jpg

 

 

 

 

 

 St Michel Archange

et ses diablotins furieux…

 

 

f3924dd222af4bd9deeb24ce63f2f788.jpg82d46dc53771f23e774161b64ce56738.jpg

 

 

 

 

 

Libre à vous de choisir votre camp!

Elizabeth.

31.01.2008

2/ la chapelle San Quilicu de Cambia, suite

… suite de la note précédente…272f62b6973bd24db3c67b8abe9c0ae4.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

A propos du fruit offert à Eve par le serpent.

En Corse on pourrait y voir, à la place de la pomme, une figue, ce qui faciliterait grandement par la suite le premier habillage d’Adam et Eve : les feuilles du figuier sont juste de la taille  adéquate pour cacher ce sexe qu’ils viennent honteusement de découvrir – c’est du reste ainsi qu’Albert Dürer choisit de figurer cette scène - La feuille du pommier serait trop petite, la feuille de bardane assurément trop encombrante et peut-être n’en auraient-ils pas eu sous la main, bref  la figue fait parfaitement l’affaire, d’autant que c’est un fruit plutôt chargé de sens : la figue et le raisin ne sont-ils pas les attributs de Dionysos et de Priape ? Une invitation à «  consommer » la figue dont nous sommes tous issus…

6a8d04417889a4a33e239f8f9761acc4.jpgLes symboles traversent les siècles sans se soucier du politiquement correct et les sculpteurs de cette époque n’étaient pas pudibonds, on en aura d’autres exemples sur les murs de cette chapelle.

Ici, le petit personnage surplombant l'abside à l'est, semble saluer le soleil levant de toute sa vitalité: il rappelle fortement les personnages sculptés en ronde-bosse des chapelles d'Aregno et de Murato.

Et si ce n’est pas une figue, c’est une pomme, bien sucrée et toute féminine, même si l’on sait que la pomme n’était encore présente en Orient à l’époque de la Genèse … Et si c’est une pomme, cela facilite aussi grandement l’interprétation puisque son nom latin est malum, le terme recouvrant du reste d’autres fruits comme le coing, la grenade, le citron, la pêche, l’orange, homonyme de malum, le Mal. Nous y voilà ! Et c’est Eve bien sûr qui en fait cadeau à son "grand benêt d’Adam" (pardon!), lequel manque de s’étouffer en la mangeant trop vite (on le représente souvent portant la main à sa gorge : d’où la pomme d’Adam).

Si l’on trouve fréquemment sculptée sur nos églises romanes de Corse cette représentation de la Tentation d’Adam et Eve, elle disparaît complètement de l’iconographie dans les églises baroques de l’île : c’est que le Concile de Trente  est passé par là transformant cette malédiction du péché originel en message de rédemption.

a15b5a743fbcf6d024744d12193c9979.jpgC’est ainsi que Marie, la mère du Christ venu racheter le péché originel, a transmuté le nom de EVA, la mère originelle,  en AVE.

(Ici, l'Annonciation sur un tableau d'une église du Cap Corse: "Ave Maria ...", proclame le phylactère de l'archange Gabriel)

 

 

 

Désormais, sur les autels retables de nos églises,   la Mère céleste nimbée de lumière écrasera sous ses pieds nus le serpent du Mal, et, regardez bien, le Malin tient dans sa gueule une pomme…

1c738af7ec50133aebc31f025d1b5f0c.jpg

 

 (représentation de l'Immaculée Copnception, entourée des symboles des litanies - miroir sans tache ... -  la tête ceinte d'étoiles , les pieds sur Satan et le croissant de lune, "belle comme une pensée de Dieu" -dans une église du Cap Corse)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais revenons à San Quilico.

Sur les façades latérales, tous les modillons des arcs sont ornés de décors sculptés: têtes humaines ou animales, étoiles, fleurs, cordelières, croix , alternent avec des motifs géométriques.c64ec6090c72b100cab2fdae8bfd8b91.jpgVoici une charmante figure mi-ange mi -diablotin... 

et un peu plus loin, une bien curieuse sirène bifide...

                                                plutôt triton, non?336aa392246339452424e9da3c3aa55b.jpg

 

 

cb1186cf692d2865d6bb51a37d11df31.jpgLa façade latérale sud est percée d’une porte surmontée d’un très beau tympan posé sur un linteau massif et mouluré : sous l’arc surhaussé où courent des entrelacs élégants lui faisant une auréole, un personnage se tient solidement debout, jambes écartées, sa tunique (me semble-t-il) serrée à la taille  par une ceinture. De sa main gauche il empoigne le cou d’un gros serpent aux dents menaçantes et de l’autre il s’apprête à trancher la tête du monstre avec son glaive : le serpent monstrueux se tord puissamment autour de l’homme dont toute l’attitude déterminée et calme proclame la victoire du Bien sur le Mal…

C’est par cette porte que j'entrerai. Les fresques ( XVIème siècle) apparaissent dans le choeur, en partie cachées par un petit autel baroque et ses bas-côtés flanqués contre les piliers de l'abside. Je n'arrive même pas à m'insurger contre cette construction tardive qui occulte les pieds-droits de l'arc triomphal et empêche une vision globale de l'ensemble : la lumière qui entre par la porte vient joliment caresser les frontons interrompus de l'intrus.

be7b3bb8dc572782229f84ad7d974472.jpg

Il règne ici un esprit d'enfance. Ce que je ressens ici plus qu'ailleurs, c'est cette profusion de personnages et de décors fleuris planant dans une athmosphère de tendresse absolue. Artiste populaire qui veut bien faire, essaie de se plier aux exigences iconographiques des commanditaires, s'embrouille parfois dans les consignes, mais témoigne de l'essentiel malgré les maladresses ou les erreurs, fait voler ses anges façon Chagall dans des nuées d'étoiles, parsème les robes de apôtres de fleurettes, de rinceaux.

Sans faire trop d'effort, je l'imagine, ce fresquiste, parfois appliqué et incertain, tentant de maîtriser la perspective des carrelages fuyants, multipliant les motifs floraux, les papiers pliés, les mosaïques,  parfois inspiré et toujours tendre...

Au centre, il a voulu représenter la Trinité et non pas , comme ailleurs, le Christ Pantocrator. De celui-ci, il a tout de même étrangement emprunté la silhouette générale, la taille imposante et le livre traditionnel ("EGO SUM LUX MUNDI..."), mais ce douxVieillard au regard empreint de mansuétude, aux sourcils interrogatifs, à la bouche bien dessinée sous un nez aquilin, à la barbe blanche et qui vous bénit du sein de l'abside est bien censé être Dieu le Père, tenant sur ses genoux son Fils en Croix, la tête surmontée de la colombe de l'Esprit Saint. Le bleu intense du fond de la mandorle fait efficacement ressortir l'ensemble.

62adf482a4045b0482cccf9cbd4792bc.jpg

 

D'un graphisme moins soigné, le Christ en croix dans le giron du Père, comme l'enfant Jésus dans le giron de sa Mère. Là aussi, l'artiste s'applique à dire les choses: le sang jaillit des plaies du crucifié couronné de longues épines acérées, et l'Esprit Saint "inonde" la tête du Père.

Le soleil et la lune accompagnent la scène, là aussi inversés, pas à leur place "réglementaire", mais qui s'en plaindra?

"Mille anges divins, mille séraphins, volent alentour de ce grand Dieu d'amour", comme dit le vieux chant de Noël...

 

 

 

 

 

 

 Au pied de la mandorle, de part et d'autre, le tétramorphe rencontre de légers problèmes "d'étiquetage": nos évangélistes saint Luc, Saint Matthieu, Saint Marc et Saint Jean se sont un peu mélangés, à qui le lion, à qui le taureau, à qui l'ange?

0fc7715867e4c04e21cff7c15754da9a.jpgSous leurs pieds, l'assemblée animée des apôtres...

dc001acb5e2f03ac8ad3aeddda462f09.jpg

 

 

 

A droite, à côté d'eux, la Vierge présente l'Enfant Jésus debout sur ses genoux. L'apôtre le plus proche les regarde avec amour.

                                                    

 

 

81c6153687a4a6350064bbf5a3ab7697.jpgDans les écoinçons de l’arc où « d’ordinaire » se trouve la représentation de l’Annonciation, là aussi c’est la surprise : à gauche, saint Michel Archange pèse d’une main les âmes, comme attentif à garder l’impartialité de sa fonction, de l’autre il maintient sans effort sous sa lance un vilain diable poilu, griffu, dentu à souhait, armé d’une sorte de longue pince à sucre pour harponner l’âme du damné sur le plateau descendant de la balance – sur l’autre, la petite âme légère du bienheureux s’élève en prière…

7195d9cee5600703daeb0bf82c102c39.jpg

 A droite, c'est le personnage, malheureusement mutilé par la dégradation, de sainte Julitte, la mère de Saint Cyr (San Quilicu, le saint patron de cette chapelle): un visage de Madone, gracieux et tranquille, aux yeux en amande, son manteau protecteur ouvert sur ce qui doit être le petit San Quilicu (dont on a perdu une partie) en robe rouge et dont on voit dépasser les pieds entre ceux de sa mère...

Cette chapelle fait partie des quatre élues qui vont connaître une restauration imminente... à suivre!

Elizabeth

 

28.01.2008

1/ la chapelle San Quilicu, 1ère partie

La chapelle San Quilico de Cambia. Pieve di e Vallerustie. Ce mardi 15 janvier 2008.

Cette chapelle San Quilico ainsi que sa sœur voisine dédiée à Santa Maria, semble dater du début du XIIIème siècle- leur fondation n’étant confirmée par aucun témoignage historique.

La nef mesure 12,60 m de long, 4,60m de large; l'abside: 3,20m en ouverture et 1,65m en profondeur. Les murs sont construits en dalles de schiste.

552429159bd98dc71811fc55a564fa20.jpg

 

 Implantée au bord d’un ancien chemin muletier fort pentu et gorgé d’eau – tout près grondent les flots gonflés des torrents dans la pénombre -  blottie à l’abri d’une chênaie vigoureuse, lumineuse même en cette fin d’après-midi d’hiver la voici qui m’accueille à nouveau, après tant d’années…

 Tout de suite la même émotion qu’alors : le même accueil comme affleure soudainement sous le fatras quotidien un bienheureux souvenir d’enfance, et cette vague de tendresse ruisselle sur les belles dalles taillées de schiste gris blond, excluant de leur appareillage jointoyé à vif l’esprit chafouin du Mal.

Une brise légère anime à cette heure les ombres longues des chênes sur le flanc sud de la chapelle, caresse  arcades et modillons de sa vie passagère. Apprivoisement mutuel dans un silence habité où chacun peut trouver ici ce qu’il cherche.

680e6c75a867adbb81d1de01ef0ec425.jpg

Avant d’entrer ( Monsieur A., le gardien amoureux et solitaire de la chapelle m'a confié la clef avec les précautions d’usage – je m’arrêterai au retour), je fais le tour des murs extérieurs, rythmés par la musique des arcatures et de leurs modillons sculptés sous la corniche, des fenêtres meurtrières, des deux portes surmontées de leurs tympans en fort relief: l’élégance dynamique de l’ensemble, la variété des sculptures, leur formidable vitalité est un enchantement…

 

b7e5e5582ea936c2530111f0ab8fc1e8.jpg
"Si vous mangez du fruit de l'arbre, vous serez comme des dieux"
Histoire verticale.
 Le tympan de la porte de la façade occidentale: la scène de la tentation au Paradis du couple originel. Un arbre puissamment enraciné pousse droit, portant les fruits de la Connaissance du Bien et du Mal et le Serpent qui s'enlace autour du tronc avec force et élégance dépose dans la main d'Eve le fruit par où l'humanité périclite. 

Le serpent se redresse. 

 Animal rampant voué à la terre, fluide ou immobile, il s'arrache du monde horizontal auquel il appartient et se dresse de toute sa volonté, s'élève de toute sa vigueur intelligente. La dualité du serpent: bienveillant et guérisseur (le serpent d'airain érigé par Moïse dans ledésert, le serpent d'Esculape sur le caducée, le Christ rédempteur figuré sous forme de serpent sur la Croix...), ou symbole de mort, de luxure, bref, du Mal? Donc, si besoin est, le serpent se dresse. Sinon, il se mord la queue - mort et résurrection de l'ouroboros...

( - Ainsi l'homme au cours de l'évolution des espèces acquiert son titre de champion de la verticalité -)

 Car le serpent est le symbole même de l'intelligence, de tous les animaux, c'est même le plus rusé. Sa sagesse acquise, volée? se double de séduction: à la fois tentateur et gardien du sacré, il utilise l'arbre du Paradis pour s'élever et, en faisant goûter ses fruits, entraine la mort spirituelle de ceux qu'il a séduits en leur faisant la promesse trompeuse d'une élévation au rang des dieux, c'est-à-dire de l'immortalité. Il choisit Eve, c'est la plus vive, la plus avide de sensations nouvelles, la plus téméraire, la plus spontanée peut-être aussi? Ou bien la plus intéressée, la plus envieuse, la plus calculatrice? Qui pourrait dire à quel moment précis ces deux là en ont fini avec la pureté de coeur?

"Si je parle à l'homme, il ne m'écoutera pas, car il est difficile d'infléchir l'esprit d'un homme. Voilà pourquoi je préfère m'adresser d'abord à la femme dont l'esprit est plus superficiel (et la voilà entamée, la vaste histoire des femmes trop curieuses, en passant par Barbe Bleue!). Je sais qu'elle m'écoutera car la femme prête attention à chacun. (Glosez comme vous voudrez)

 Adam, tout comme Eve, tend la main du désir vers le fruit défendu: certes ils n'ont pas encore croqué dedans, mais déjà ils ont pris la mesure de leur nudité et se cachent le sexe de l'autre main... Leur conscience s'éveille...  Deux étoiles stylisées semblent accompagner de leur chute celle de nos pauvres parents... Annonce d'exil et de mort.

L'Arbre du Paradis lui aussi s'élève, mais sans artifices, sans engrais chimiques ni tripotages transgéniques (pas encore eu besoin de les inventer).

Futur arbre de la Croix.

Axe cosmique de l'univers, l'arbre exprime la croissance naturelle de la vie et l'aspiration de l'homme intérieur à se régénérer par la vie spirituelle: ses racines solides plongent dans le monde souterrain, celui des enfers, celui de l'obscurité, celui des trépassés, mais aussi celui de l'humus nourrissant des reliques des Saints, et il projette ses branches vers le monde céleste, en recevant lumière et eaux fécondantes.

Curieusement, les branches de l'arbre préfigurent à leur façon les bras de la Croix.

L'Arbre de la Croix :

 "(...) Cet Arbre qui s'étend aussi loin que le ciel, monte de la terre aux cieux. Plante immortelle il se dresse au centre du ciel et de la terre: ferme soutien de l'univers, lien de toutes choses, support de toute la terre habitée, entrelacement cosmique, comprenant en soi toute la bigarrure de la nature humaine. Fixé par les clous invisibles de l'esprit, pour ne pas vaciller dans son ajustement au divin; touchant le ciel du sommet de sa tête, affermissant la terre de ses pieds, et, dans l'espace intermédiaire, embrassant l'atmosphère entière de ses mains incommensurables. (...)

Hymne composé par Hippolyte de Rome au IIIème siècle

7728faee30926ed3c00f6372e89f9f2c.jpg
à Aregno, église de LA TRINITA: représentation de l'Arbre et de la Croix enlacés...
Elizabeth

(à suivre)

 

13.01.2008

à la rencontre des fresques de Sermanu...

San Niculau di Sermanu et ses fresques
classées Monuments Historiques en mars 1959
855ea2c2ed50591a2eb0c589795a24e4.jpg

A Sermanu ce lundi 7 janvier 2008 en compagnie d'Ewa (merci, Ewa!), sous un soleil radieux d’hiver. Matinée de lumière offerte entre deux grisailles ces temps-ci. Les petites routes étroites grimpent ferme dans cette région aujourd'hui souvent désertifiée de la Pieve di Boziu: il faut surveiller les panneaux, ne pas manquer les embranchements... La dernière fois que je suis passée ici, c'était en compagnie des amis de la Fagec et de Madame Moracchini Mazel, et la première fois, c'était avec mes parents, il y a plus de vingt cinq ans. Nostalgie sous-jacente, je ressens papa marchant alors d'un pas décidé avec son sac-à-dos chargé de quelques kilos de livres, dont les deux volumes: "Les Eglises romanes de Corse", de Geneviève Moracchini-Mazel, publiés en 1967 avec le CNRS...

 

 

La chapelle San Niculau di Sermanu (Pieve di Boziu)  fait partie de la première tranche de restauration des chapelles à fresques du programme établi par la CTC d'après une étude effectuée il y a une dizaine d'années pour tenter de sauver ce patrimoine précieux de la Corse. Seront concernées également dans cette première intervention les chapelles de San Quilicu (Pieve di E Vallerustie), de Santa Cristina (E Valle di Campuloru), et de Santa Maria di e Neve (Pieve di Brandu). J'espère que les autres suivront sans trop tarder: de jour en jour je constate la dégradation à l'oeuvre à San Tumasgiu di Pastureccia, San Pantaleu di Gavignanu, San Michele di Castirla... 

 

 

Depuis le village perché, la chapelle se gagne par un sentier pentu bordé de petites maisons et de paillers modestes, couverts de teghje, parfois remis en état: une gageure pour l'enterrement des défunts - aujourd'hui 4X4 oblige -  une promesse de bonne santé pour les vivants qui visitent leurs morts. Le cimetière entoure de ses tombes quelque peu anarchiques la petite chapelle préromane (autour du VIIème siècle) de San Niculau... La grosse clef ouvre la vieille porte...

 

0211d420ef066c7687a94ac6ae45125a.jpg

                                         et toujours la même émotion dans la pénombre de l'abside...

cc60d313facb607899c2dc18e15666af.jpg

Veillées par un hiératique Christ en Majesté, les fresques, datables du milieu du XVème siècle, malgré leurs lacunes et leur dégradation, dégagent une étonnante impression de vie: les personnages échangent  dans une muette conversation, croisant regards et gestes dans une même humanité.

                                                    

ce812cbdc64ced591fa8298f2cde0f73.jpg

Mains jointes, la Vierge Marie au doux visage s'adresse en orante au personnage du Christ Pantocrator dans sa gloire au centre de l'abside en cul de four, au centre du monde céleste.

f18dcbf9cf8d5738584924e7271afb17.jpg

Comme de juste, Il bénit le peuple des fidèles de sa main droite et de sa gauche tient le traditionnel livre ouvert: "EGO SUM LUX MUNDI ET VIA VERITAS". La douceur des couleurs (même s'il y a eu par le passé des repeints excessifs qui devraient s'atténuer avec la prochaine restauration), l'équilibre de leur agencement donnent une grande plénitude à la composition. Ses pieds nus reposent délicatement sur l'herbe tendre du Paradis, émergeant des plis de sa robe pourpre parsemée de fleurs: le peuple de Dieu va nu pieds. Cela me rappelle notre ami Nunziu qui, enfant dans les montagnes du Ghjunsani, écrasait les bogues de châtaigne de ses pieds nus... La mandorle qui l'enveloppe comme dans un arc-en-ciel ocré le signale et le place au-dessus des vicissitudes humaines, en dehors du temps - sous ses pieds, en témoins de sa parole, la compagnie des apôtres dans leur incessant dialogue...

6c448b1eb40450dfa28482d1762a261e.jpg

                                                                  Saint Thomas et saint André

47658db4cc659f1442e7e3bf78a00644.jpg
A la gauche du Christ, le désignant de l'index, saint Jean Baptiste le contemple intensément de ses grands yeux fervents dans un beau visage ascétique... Il tient un phylactère annonçant: " ECCE AGNUS DEI" et porte sa traditionnelle tunique en peau de chameau... Un portrait cueilli ici, dans ces montagnes âpres du Boziu, il me semble.
f69da65229c9b0293f38b63a6164e0bd.jpg

Un autre groupe attachant suspend le temps dans sa marche: Saint Christophe, le regard décidé et fixé sur la rive lointaine, transporte à travers un fleuve peuplé de poissons l'Enfant Jésus: fragilité extrême de l'Enfant minuscule qui nous regarde, la cape volant au vent comme une voile de navire et pesant de tout son poids du monde sur l'épaule de son géant passeur appuyé sur son bâton de pèlerin.

01216d4bbe189150f64ad407b4871916.jpg

Sur le mur sud, l'on retrouve l'incontournable personnage de saint Michel Archange terrassant Satan et pesant les âmes: ici, l'on retrouve un écho fidèle du saint Michel peint dans la chapelle de la Trinité d'Aregno...

1c287affad7eaebee8ab5833464f5740.jpg

Autre représentation nécessaire de ces programmes de fresques: l'Annonciation peinte dans les écoinçons de l'arc triomphal de l'abside. Malheureusement le divin Messager, l'Archange Gabriel  a disparu de l'écoinçon de gauche.

Dans celui de droite, les mains ouvertes en signe d'acceptation, la Vierge  accueille l'Esprit Saint sous forme de colombe qui a déjà franchi les murs inviolables de la chambre close de tentures pourpres: comme toujours, le rouge de sa robe évoque le mystère du ventre maternel et l'humanité de la naissance de Jésus, et son manteau bleu confirme la place céleste de Marie.

653388faaa1cc68daf69702208238553.jpg

Je ne peux quitter la chapelle de Sermanu sans évoquer son saint patron, le grand saint Nicolas, peint à une place de choix, sur le mur encadrant l'abside, sous la Vierge de l'Annonciation: mitre en tête, crosse à la main, pourpre du manteau, tout le désigne dans sa sereine intercession...

(A suivre et compléter dans l'album photo des fresques.)

8014248b4c3994559ba4a72cbbc62f0d.jpg

Dans le cimetière, sur une tombe récente, l'évocation de la tradition du chant polyphonique, fermement ancrée à Sermanu: ces polyphonies constituent une partie importante de l'identité de Sermanu et elles ont largement contribué à la découverte des chants sacrés de la Corse et à la fierté légitime de son peuple montagnard.

efa43a5240f5e5d9ea13ad994792bbfc.jpg

                  

                                      Retour, enfin, par ces  forts villages enracinés au-dessus du vide

                                                 ( Santa Lucia di Mercurio, Tralonca...)

Elizabeth

 

Retrouvez le livre précieux de Joseph Orsolini:

"L'ART DE LA FRESQUE EN CORSE DE 1450 A 1520" édité ( et réédité!) par le Parc Naturel de la Corse

 

 

 

Toutes les notes