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11/04/2017

a Schjudazione di Munticellu

VENDREDI 14 AVRIL 2017,

Célébration de "A SCHJUDAZIONE di MUNTICELLU", 

ce vendredi à 15h dans l'oratoire de confrérie San Carlu,

pour la troisième année consécutive:

je réédite cette note de l'année dernière

La Schjudazione sera suivie de la procession dans le village avec le Christ, puis de la Granitula, et enfin de l'adoration de la Croix.

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Ce Vendredi Saint 25 Mars 2016

Monticello renouait pour la deuxième année consécutive avec la poignante célébration de la Schjudazione, le "Déclouement", ou Déposition du Christ et sa mise au tombeau.

le Christ dans son catalettu copie.jpg

Tout est parti de l'engagement de la confrérie nouvellement reconstituée de San Carlu et de la restauration par Renato BOI du grand Christ aux bras articulés (une sculpture anonyme en bois polychrome du XVII°s., à taille humaine).

Replacé dans son cataletu, il aurait pu rester un bel objet du patrimoine de Monticello, sommeillant à nouveau dans la quasi indifférence générale, et n'être que présenté de temps en temps à la curiosité des visiteurs, lors des Journées du Patrimoine par exemple, comme tant d'objets proposés par la muséographie, et dépouillé de son rôle premier: acteur dramatique de la vie communautaire du village. Ce qu'il était encore il y a quatre-vingts ans.

En l'absence de documents plus explicites, essayons d'évoquer le contexte de l'apparition de ce Christ. A la fin du XVII° siècle, la grande Casazza San Carlu est déjà construite: l'abbé Antoine Orticoni, le célèbre chroniqueur et généalogiste de Monticello au début du XIX° siècle, "pense que l'église Saint-Charles a été construite avec les pierres provenant des anciennes fortifications de Monticello et de la porte de Borgo dont on a pris le seuil supérieur pour en faire le linteau de la porte principale (...)"*  et évoque une date , 1697, qu'il aurait lue au-dessus du magnifique maître-autel baroque, et qui pourrait bien être celle de l'élégant décor stuqué du dit autel. Il faut rappeler qu'au cours du XVI° siècle Monticello, village côtier, fut victime de terribles incursions barbaresques à répétitions:

- en 1530, par les Turcs

- en 1539,  par le terrible amiral ottoman Dragut (Darghout, le "dragon") qui capture des habitants et détruit une partie des habitations...

- en 1541, les turcs "revisitent" Monticello...

- en 1549, Dragut (fait prisonnier par le neveu d'Andrea Doria et libéré en 1544 contre rançon après un assez bref passage sur les galères  ...) sévit à nouveau ...

- "en 1584, mise à sac de Monticello par le Roi d'Alger qui brûle l'église, les maisons et les tours. 300 des 400 habitants du village sont emmenés en esclavage."*

A la fin du XVI° siècle, le village parvient à se doter d'une meilleure défense par l'édification de tours et de fortifications plus efficaces, et se reconstruit : les églises de San Bastianu et San Carlu s'inscrivent quelque temps plus tard dans cet effort de reconstruction.

*(Vingt chapitres de l'histoire de Monticello, publié par l'Association d'études Historiques et Généalogiques de Monticello, chez Albiana)

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le beau maître-autel de San Carlu: équilibre de l'architecture, sobre élégance des stucs, nous sommes bien au XVII° siècle ...

et notre ami Jacques Martelli, le Prieur de la Confrérie, présentant la Schjudazione, ce Vendredi 25 mars 2016.

La date et les circonstances précises de l'arrivée du grand Christ aux bras articulés dans la Casazza reste un mystère: la seule indication qui le mentionne est fort tardive, puisqu'on apprend dans un registre de la confrérie que le 5 Août 1849, le peintre Luiggi Brunetti le "remet en état", Brunetti qui réalise également le chemin de croix de la Casazza. Il faut comprendre la fragilité d'un tel patrimoine, soumis chaque année lors de la Passion à des manipulations délicates, en particulier au niveau de l'attache des bras, mis en croix, puis décloué, transporté en procession, et enfin replacé dans son "sepolcru" sous l'autel de St Antoine de Padoue ...

Je ne peux qu'imaginer, quelle que soit la date exacte de sa venue, l'intense émotion qu'a dû provoquer chez les villageois d'autrefois cette première mise en scène dramatique du Vendredi Saint, lorsque, à la lumière des cierges et dans la tension lancinante des chants:

"Vi prego, o Gesù buono,

Per la vostra Passion darci il perdono",

dressé et cloué sur sa haute croix devant l'autel, le Christ prend chacun à témoin de sa Passion, empoignant, unifiant dans une même ferveur exacerbée confrères et fidèles; puis, "Tuttu hè compiu " - "tout est consommé",

" Il sol s'oscura e infin la terra il sen disserra pel gran dolor. Morti è il Signor. O peccatore: se non piangi, sei senza cuor",

et après le vacarme des Ghjocche des Ténèbres,   peu à peu, le grand corps décloué, lentement descendu, déposé, inerte,  aux pieds de la Vierge: si tu ne pleures pas, tu n'as vraiment pas de coeur!

Quant à nous autres, gens du XXI° siècle, à chaque instant submergés d'images, de sons, d'informations en tous genres, et qui vivons, si nous le souhaitons -  avec quel appétit délétère! et sans le secours du symbole- , la mort crue en direct par ondes interposées, quel effort devrons faire pour nous purger un instant de cette intrusion permanente qui ramollit nos émotions les plus légitimes, et pour retrouver un vestige même affaibli de cette Passion théâtralisée, telle que devaient la vivre dans toute son intensité nos villageois des XVII°, XVIII°, XIX° et du début XX° siècle ...

Un rituel dramatique et spectaculaire qui réunissait, unifiait, une fois par an, jeunes et vieux, petites gens et notables, catalysait les compassions les plus profondes et les plus archaïques autour du Christ souffrant et de sa Mère,  faisant de la mort du Christ un deuil familial et communautaire.

Un rituel certes bien ancré dans le militantisme catholique post-tridentin, exaltant la figure douloureuse du Christ, et dont on retrouve l'esprit dans le développement des chemins de croix prêchés en Corse lors de la mission en 1744 de San Leonardo da Porto Maurizio.

Plus laborieusement viendra le travail de l'Eglise pour inculquer aux fidèles la transsubstantiation (la conversion du pain et du vin en Corps et Sang  du Christ  lors de l'Eucharistie ), la dévotion eucharistique qui doit aussi habiter les sepolcri de la Semaine Sainte : double reposoir du Christ mort et de l'eucharistie, concrétisée par ces petits tabernacles où l'on transportait les hosties consacrées à la messe du Jeudi Saint pour communier le lendemain à l'office du vendredi saint, puisque le vendredi l'on ne célèbre pas une messe, mais la croix et une liturgie de la parole. "Chapelle du saint Sacrement", "chapelle du sépulcre", "reposoir" ... mais chapelle ardente où veiller le Christ!

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 Double dévotion, comme on peut le voir ici, au fond du grand  sepolcru de Ficaghja (peint par Francesco Carli autour de 1760): en antependium, la Déploration de la Vierge tenant son Fils mort sur les genoux; au-dessus, un petit autel dressé supportant un modeste tabernacle de bois qui recevait les hosties consacrées le Jeudi; et la croix où pend le Bindellu, comme une dernière présence en creux du Christ.

détail sepolcru Frassu.jpg

Le petit sepolcru anonyme de Frassu évoque la même double dévotion en haut, les "Arma Christi", c'est-à-dire les symboles des instruments de la Passion, et en-dessous, deux anges veillant sur un calice symbolisant le saint Sacrement...   Plutôt qu'une double dévotion, il faut plutôt parler d'un enseignement total.

***

Revenons à Monticello: s'il a existé, le tabernacle du Jeudi Saint n'est plus présent. Ici, comme souvent en Corse, la religiosité se reconnait davantage dans la méditation naturelle et très humaine sur le corps souffrant du Christ et la douleur de sa Mère, plus que dans la dévotion conceptuelle de l'eucharistie.

  Malgré l'acculturation  de notre époque, malgré l'affaiblissement de la conscience communautaire aggravé par l'anarchie des politiques immobilières, le relâchement de la trame sociale, grâce au travail de la Confrérie San Carlu reconstituée ces dernières années, a resurgi la nécessité pour quelques-uns de se réapproprier un patrimoine rituel, de réinvestir le champ du sacré et, à travers la renaissance de la Schjudazione,  d'en faire un point d'ancrage pour tous ceux qui viennent partager ce moment comme on partage un rite funéraire autour d'un proche. Assez diversement, simplement, assez fortement ...

Voici quelques images qui illustrent ce travail. Les confrères et les femmes de Jérusalem entourent le Christ, Marie, Marie-Madeleine et Jean, les accompagnent par la lecture du récit de la Passion, les méditations, les bercent de leurs chants:  l'émotion est au rendez-vous.

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l'entrée des confrères: "Miserere mei Deus ..."

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de part et d'autre de la croix, les lecteurs et les chanteurs, entre Evangile et chants:

"l'Orme sanguigne del mio Signore tutto dolore seguiterò

E'I cuore intanto per gli occhi in pianto sopra il Calvario distillerò" ...

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"ma unu di i suldati li dede una lanciata à u latu è subitu zirlonu sangue è acqua"

(Evangile selon St Jean)

 

 

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Joseph d'Arimathie et Nicomède installent les échelles

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"Cacciate a curuna di spine!"

"Prinsitate a curuna di spine!"

"Perdono, mio Dio

Mio Dio, perdono

Perdono, mio Dio

Perdono e pietà!"

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"Cacciate u primu chjodu! Prisintate u primu chjodu!"

Présentation du premier clou ...

Et Lamentation de la Vierge:

Il Pianto della Madonna chanté par les femmes de Jérusalem:

"Caro fiflio, ahimè qual sorte!

Sei trafitto e tutto esangue,

Fu spitato più d'un angue

Chi Ti diè si cruda morte."

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Le Christ est lentement descendu, soutenu par le Bindellu

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"Stabat Mater dolorosa

Juxta crucem lacrimosa

dum pendebas Filius"

 

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Pianto della Madonna ...

Les femmes de Jérusalem entourent le Christ déposé dans son linceul et Marie

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Le Christ est descendu au fond de l'oratoire puis remonté vers le Sépulcre:

"O Gesù, Figlio del Dio vivente, abbi pietà di noi"

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"Cristo pane vivo disceso dal cielo

Per la salvezza del mondo

Abbi pietà di noi"

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Le Christ est replacé dans son Sepolcru ...

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... la procession dans le village peut commencer ...

"Evviva la croce, la croce evviva

Evviva la croce e chi la portò"

 

 

 

 

 

10/04/2017

Jeudi 13 avril, découverte de l'église d'Omessa, Santa Lucia di Mercurio et Castellare di Mercurio

Jeudi 13 Avril : comme chaque année l’Association Saladini propose un parcours où s'illustrera entre autres le thème de la Semaine Sainte.

Cette année nous circulerons dans les antiques Pieve de Talcini et de Mercurio.

 

Rendez-vous à 9h sur le parking du super-U de Ponte-Leccia.

Le matin sera consacré à l’église Sant’Andria d’Omessa, récemment restaurée et où la restauratrice Ewa Poli a découvert fortuitement en décembre 2014 et dégagé une fresque magnifique du XV° siècle  - voir la note:

les énigmes de la fresque d'Omessa : ELIZABETH PARDON

elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2015/02/.../le-mystere-d-omessa-5556050.ht...
 
15 févr. 2015 - Les énigmes de la fresque découvertes en novembre 2014 dans l'église Sant' Andriad'Omessa Pieve de Talcini ( dernière visite le..

Omessa fresque st Martin.jpg

(la charité de Saint Martin et l'énigmatique jeune mendiant aux pattes d'oiseaux)

 puis à l’église de Santa Lucia di Mercurio, où l’on pourra admirer un grand sepolcru  peint au XVIII° siècle  par Francesco Carli : une occasion exceptionnelle de découvrir ce bel ensemble monumental dédié à la dévotion de la Semaine Sainte et monté pour cette journée grâce à l’implication bienveillante du maire de ce village, M. Parigi.

     panneau inférieur.jpg

 (élément du sepolcru de Francesco Carli, à Santa Lucia di Mercurio)

Voir la note:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2011/06/14/santa-lucia-di-mercurio.html

Puis pique-nique tiré du sac du côté de la chapelle romane San Lorenzu de Tralunca.

chapelle san Lorenzo de Tralonca.jpg

L’après-midi sera consacrée au village de Castellare di Mercurio où l’on découvrira la charmante église San Pietru et où l’on pourra encore voir un petit sepolcru peint au XIX° siècle par une artiste du village, Angèle Parigi. 

 

 Cette région, comme une partie de la Castagniccia, a souffert des intempéries de cet hiver: routes coupées, éboulements ... forçant les utilisateurs de ces petites départementales à quelques détours ...

 

Renseignements au 06 17 94 70 72

 

En annexe,  sur la découverte de la fresque d'Omessa:

france3-regions.francetvinfo.fr/corse/haute-corse/une-fresque-exceptionnelle-decouverte-dans-l-eglise-d-omessa-618600.html

 

 

 

 

28/03/2016

Petit diaporama des sepolcri de Corse

Sepolcri de Corse ...

en écho au Jeudi Saint 24 mars 2016

Sepolcru  La Porta 2016.jpg

le beau sepolcru fleuri de La Porta,

sepolcru Grandi  La Porta.jpg

avec sa toile de la Déploration du Christ par deux anges, de Giacomo Grandi.

Je remets en ligne ce petit diaporama des sepolcri de Corse à l'attention de ceux qui ont circulé avec moi jeudi 24 mars sur cette thématique:

Diaporama Sepolcri de Corse.mp4

(double clic sur le lien pour ouvrir)

Merci à tous les amis qui ont rendu possible cette somptueuse journée (le soleil était avec nous!), à commencer par les fidèles Marie-Laure Soustre Biancardini et Toussaint Quilici pour le charmant petit sepolcru de Frassu et la clef de San Tumasgiu di Pastureccia:

Frassu sepolcru blog.jpg

Frassu, le sepolcru anonyme 19° s.: un montage très délicat pour un sepolcru très fragile ...

Castellu sepolcru blog.jpg

Suivi de la visite de l'église paroissiale de Castellu di Rustinu où vous n'avez pas pu voir le grand sepolcru remonté, mais que vous pouvez retrouver sur cette note:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/tag/le+sepolcru+de+castellu+di+rustinu

 

Sepolcru Ficaghja Carli  1760.jpg

le magnifique sepolcru de Ficaghja , peint par Francesco Carli vers 1760,

cru 2016 ... monté par la municipalité de Figaghja et notre ami Petru Vachet Natali

Petru Vachet Natali.jpg

Merci à Petru Vachet Natali pour son accueil toujours aussi chaleureux ...

beignets de pois chiche.jpg

et merci à son épouse pour la préparation de ces délicieux beignets de pois-chiches!

 

20/03/2016

Jeudi 24 mars: à la rencontre des sepolcri de Castagniccia

JEUDI 24 MARS 2016

 

A la rencontre des Chemins de croix et Sepolcri de Corse, témoins de la ferveur populaire en Corse

Ficaghja sepolcru Judas blog.jpg

(à Ficaghja, la trahison de Judas: sepolcru de Francesco Carli, autour de 1760)

 Comme chaque année pendant la Semaine Sainte, l’Association Saladini propose une journée de découverte autour du patrimoine  caché et éphémère des Chemins de Croix et Sepolcri de Corse du Rustinu et de la Castagniccia

 

 

u sepolcru, le sépulcre, quel que soit son support, fait partie intégrante de la mise en scène dramatisée de la Semaine sainte, où se joue toujours, au sein d’une communauté villageoise ou citadine, le partage ritualisé de la Passion du Christ. Dans certains villages l’on a créé de véritables décors peints  qui accompagnent l’ardente religiosité de la Semaine Sainte : en Castagniccia, en particulier, des décors, parfois de très grande taille,  furent peints au XVIII° et au XIX° siècle – et ne sont, par principe, visibles que quelques jours par an. La journée du Jeudi 24 Mars sera donc l’occasion d’aller à la rencontre de ce patrimoine extraordinaire de quelques villages des pieve du Rustinu, de l’Ampugnani et d'Orezza, et d’éclairer l’ensemble des rituels de la Semaine Sainte : Chemins de Croix, Granitula, Cerca, Parata  …

Frassu sepolcru blog.jpg

Nous commencerons notre pèlerinage à Frassu, où nous avons rendez-vous avec l'église romane St Côme et St Damien et son petit sepolcru peint et avec des habitants de la région qui apporteront leur témoignage sur ces pratiques fortement ancrées naguère dans ces communautés. Ce petit sepolcru du XIX° s. est ressorti de l'oubli il y a peu, après cinquante ans de sommeil ...

Puis nous irons à San Tumasgiu di Pastureccia, où les fresques du mur Nord évoquent la Passion:

la Cène ensemble droit blog.jpg

(élément de la Cène de San Tumasgiu)

Puis à la belle église de l'Annonciation de Castellu di Rustinu, qui abrite un grand sepolcru en attente de restauration ...

Castellu sepolcru ensemble montage blog.jpg

Enfin, en passant par La Porta, nous rencontrerons le monumental et magnifique sepolcru de Ficaghja, remonté chaque année pour la Semaine Sainte par les amis du village, Petru Vachet-Natali en particulier qui nous accueille toujours avec tant de gentillesse! Cette année, le sepolcru sera présenté par notre ami Petru Vachet Natali  jeudi 24 et samedi 26 de 15h à 18 h.

Ficaghja sepolcru 2011 carré blog.jpg

 

Rendez-vous à 9 H sur le parking de la gare de Ponte Novu.

Renseignements :

06 17 94 70 72 ou 04 95 61 34 85

Sur le patrimoine des sepolcri de Corse, vous pouvez revoir le diaporama qui leur est consacré:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/diaporama-sur-le-patrimoine/

Pour ceux qui voudraient en apprendre un peu plus sur le monde de ces installations de la Semaine Sainte en Méditerranée, vous pouvez aussi visiter le site:

http://www.cg66.fr/1609-au-dela-des-pyrenees-orientales-....

 

Enfin, en  prélude à cette journée de rencontre des sepolcri de Castagniccia, le jeudi 24 mars,

 

couverture catalogue .jpg

je vous invite à découvrir l'article rédigé par Michel-Edouard Nigaglioni pour le catalogue de l'exposition qui s'est tenue à Gênes en Mai 2013 et qu'il me permet de diffuser auprès de vous:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/files/I_Cartelami-nigaglioni.pdf

 (clic droit pour accéder au site)

Ce catalogue et cette exposition ont été réalisés sous la direction de Franco Boggero et Alfonso Sista: les amis de la Dante Allighieri se souviennent certainement avec plaisir de la conférence donnée par Franco Boggero le 19 mai 2011 au Palais des Gouverneurs à Bastia sur ce sujet des décors éphémères de la Semaine Sainte.

Je vous renvoie également à l'article écrit par Franco Boggero dans le livre:

"Les Confréries de Corsre, une société idéale en Méditerranée" édité chez Albiana en 2010 (p.276)

 

Bonne lecture!

07/04/2015

Un écho de la SCHJUDAZIONE di MUNTICELLU

Vendredi Saint à Munticellu,

la renaissance de la célébration de la Schjudazione

absente du village depuis quatre-vingts ans

 

A retrouver sur le site de Corsenetinfos:

 

La confrérie de Monticello renoue 80 ans après avec la ...
www.corsenetinfos.fr/La-confrerie-de-Monticello-renoue-80-ans-apres-a.

 

et avec les photos de l'ami Philippe (prises depuis le fond de l'oratoire)

 

arrivée des échelles.jpg

La confrérie s'était remplie d'une assemblée attentive, recueillie, venue revivre la dramatique représentation de la mort du Christ et de la  Descente de Croix selon un rituel revisité après tant d'années de silence: après le chant poignant du Miserere chanté par les confrères et la lecture des Evangiles , c'est la mort du Christ et l'obscurcissement de l'oratoire ponctué des chjocche  ":

"Il sol s'oscura einfin la terra il sen dissera per gran dolor. Morto è il Signor. O peccatore se tu non piangi, sei senza cuor."

 

 La représentation de la Schjudazione peut commencer. Tout est en place. Les Saintes Femmes sont venues se placer au pied de la croix. Au fond du choeur, les Femmes de Jérusalem participent au drame. On apporte les deux lourdes échelles,

 

installation des échelles.jpg

qui viennent s'appuyer sur la grande croix du Crucifié:

le bindellu.jpg

Joseph et Nicomède montent à l'échelle, placent les rubans noirs aux poignets du Christ,  installent le "Bindellu" blanc qui soutiendra le corps pendant sa descente de croix

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Ils ôtent la couronne d'épines et la présentent à l'assemblée : on entonne le Perdono mio Dio, repris en choeur par tous. La couronne est déposée devant la Vierge tandis que les Femmes de Jérusalem chantent le Pianto della Madonna, les larmes de la Mère...

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Joseph et Nicomède enlèvent et présentent successivement les trois clous qui maintenaient le Crucifié:

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les bras articulés du Christ retombent à présent le long de son corps, et il n'est plus soutenu que par le Bindellu.

Marie et les Saintes Femmes, au pied de la croix, reçoivent le chant du Stabat Mater dolorosa ...

descente de croix 2.jpg

Le moment est poignant, tout le monde retient son souffle ...

descente de croix .jpg

(photo Corsenetinfos)

Joseph et Nicomède font lentement descendre le Christ grâce au Bindellu. (il faut  rappeller qu'ils tiennent soixante kilos à bout de bras...) 

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le Christ est récupéré par les confrères,

déposition dans le Catalettu.jpg

(photo de Corsenetinfos)

puis déposé dans le catalettu ( la civière mortuaire)

linceul.jpg

(photo Corsenetinfos)

et recouvert du linceul

transport du Christ.jpg

procession du Christ mort, pendant que résonnent les Litanie della Passione,

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(photo Corsenetinfos)

Enfin, après une dernière oraison, c'est la mise au sépulcre ,

 

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sous le regard de sa Mère 

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La Schjudazione est terminée, place à la procession dans le village

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Granitula.jpg

(photo corsenetinfos)

et à la Granitula ...

Beaucoup d'émotion entre participants et assemblée, beaucoup de souvenirs revenus en force chez les plus anciens, et des échos nombreux les jours suivants qui témoignent de la force de l'évènement. Plusieurs personnes ont souhaité, "l'an prochain" , avoir les paroles des refrains chantés pour se joindre aux chants, signe que nous avons partagé un moment de grâce où chacun pouvait se reconnaître et non un simple spectacle touristique ...