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27/12/2013

Autour de la Nativité: l'âne et le boeuf, suite ...

Encore l'âne et le boeuf ...

"Dis-moi comment tu penses l'animal et je te dirai qui tu es"

(Eric Baratay)

sarcophage d'Arles.jpg

la crêche, l'âne et le boeuf déjà présents sur un sarcophage d'Arles (premier tiers du IV° siècle)

"Tu t'es fait connaître entre deux animaux" ( le prophète Habacuc, 1,1-3)


 

Hortus Deliciarum -1159-1175-Herrade de Landsberg.jpg

réchauffant l'Enfant ...

" Le boeuf connait son possesseur, et l'âne la crêche de son maître"

( Isaïe ,1, 2-3)
    

Hortus Deliciarum - Herrade de Landsberg.jpg

La Nativité, dans l'Hortus Deliciarum manuscrit (entre 1169 et 1175) rédigé et illustré par l'abbesse alsacienne, poète et encyclopédiste  Herrade de Lansberg.

Giotto, chapelle Scrovegni Padoue la Nativité.jpg

 

Giotto, Nativité du Christ, fresque de la chapelle Scrovegni à Padoue,

c. 1304-1306

Giotto détail de la Nativité, Padoue.jpg

l'âne et le boeuf,  l'homme et Dieu:

" (...) Or, dans la religion chrétienne, il existe un épisode particulièrement riche de significations: la Nativité, moment unique où se rencontrent Dieu, l'Homme et l'Animal" - Eric Baratay


Saint François d'Assise popularise l'image de la crêche dans le village de  Greccio en 1223, et le pape Onofrio IV en passe commande en 1283 ... Une dévotion populaire qui touche le plus grand nombre et qui prend naissance, comme beaucoup de thèmes iconographiques chrétiens, dans un évangile apocryphe, ici "l'Evangile de l'Enfance", Evangile apocryphe du pseudo-Mathieu (VII° s.).


"Or, deux jours après la naissance du Seigneur, Marie quitta la grotte, entra dans une étable et déposa l'enfant dans une crèche, et le boeuf et l'âne, fléchissant les genoux, adorèrent celui-ci. Alors furent accomplies les paroles du prophète Isaïe disant: "Le boeuf a connu son propriétaire, et l'âne, la crèche de son maître" (Is 1.3), et ces animaux, tout en l'entourant, l'adoraient sans cesse. Alors furent accomplies les paroles du prophète Habaquq disant: "Tu te manifesteras au milieu de deux animaux." (Hab 3.2) Et Joseph et Marie, avec l'enfant demeurèrent au même endroit pendant trois jours." (Pseudo Mathieu, chapitre XIV).

L'âne aux douces oreilles et le boeuf aux longues cornes, deux animaux humbles mais symboliques, accompagnent donc la naissance de Jésus.

L'âne tient une part particulièrement importante dans cette histoire ...

Dans le Bestiaire du Christ de Louis Charbonneau-Lassay (1934 chez Desclée de Brouwer, réédité chez Albin Michel en 2006), un chapitre est consacré à "l'âne dans les liturgies de l'Europe médiévale", dans lequel on pourra lire la fameuse allégorie christique "Prose de l'âne", écrite par l'archevêque de Sens, Pierre de Corbeil (mort en 1222), que l'on chantait lors de cérémonies joyeuses et populaires:

"Orientibus partibus                                        L'âne est venu à nous

Adventavit asinus                                           des contrées de l'Orient

Pulcher et fortissimus,                                     Il est beau, très fort,

Sarcinus aptissimus,                                     très apte à porter les fardeaux

                                                                                                                                                             

Hez, Sir asne, hez!                                           Allez, Sire âne, allez!

 

Hic, in collibus Sichem                             Cet âne, sur les collines de Sichen,

Enutritus sub Ruben                                  élevé sous Ruben

Transiit per Jordanem,                               passa par le Jourdain

Saliit in Bethleem,                                     et bondit jusqu'en Béthléem


Hez, Sir asne, hez!                                           Allez, Sire âne, allez!

                                             (etc ...)


les ânes d' Aregno blog.jpg 

en Balagne

ce sympathique âne gris "de Béthléem" qui porte la croix sur son dos et reste présent auprès du Christ, lors de la fuite en Egypte:

 

Autun Fuite en Egypte blog noir et blanc.jpg

Autun, chapiteau de la Fuite en Egypte, pour la cathédrale Saint Lazare,

Saulieu, la fuite en Egypte.jpg

Saulieu, stalle de la basilique Saint Andoche,

Valle d'Orezza Fuite en Egypte.jpg

Valle d'Orezza (Castagniccia) autel de stuc

Giotto fuite en Egypte.jpg

Padoue, Giotto à la  chapelle Scrovegni,


et qui sera encore là, à la fin de l'histoire du Christ, lors de son entrée glorieuse à Jérusalem:

Giotto entrée à Jérusalem.jpg

Giotto, chapelle Scrovegni à Padoue ...

Quant au boeuf,  paisible animal  du labour et du sacrifice, il enseigne la patience et la droiture et se montre fort solidaire de son compagnon au long des siècles ...

 

détail Nativité mystique National Gallery Londres.jpg

Botticelli, National Gallery, Londres: Nativité Mystique.


Jusqu'au Concile de Trente (1545-1563) qui signe le désaveu de cette iconographie:  l'on évacue alors les animaux de la crêche, l'âne et le boeuf n'étant pas compatibles avec l'adoration du mystère de la naissance de Jésus, seule réservée aux hommes . Dès lors ils disparaissent des représentations de la Nativité pour quelque temps.

 

campana blog jpg.jpg

Campana, l'adoration des bergers, attribuée à Zurbaran: l'agneau mystique a remplacé l'âne et le boeuf.


Ils reviendront en force sur la scène de la Nativité, rappelés par la tendresse populaire dès le XVIII°s. :

Aregno Rosaire  détail Nativité.jpg

Aregno (Balagne), le 3° mystère du Rosaire, anonyme début XVII°s: l'iconographie populaire présente dans l'illustration des Mystères du Rosaire en Corse conserve pieusement l'âne et le boeuf, pourtant vigoureusement expulsés de la représentation de la Nativité lors du Concile de Trente ...

 

Carcheto Nativité mystères Rosaire.jpg

Carcheto, même sujet

 

ensemble blog.jpg

la crêche de Corbara (Balagne)


 

entre le boeuf et l'âne gris blog.jpg

Corbara, entre le boeuf et l'âne gris ...

http://www.youtube.com/watch?v=qvb_T2clacg&feature=share




 


Pour en savoir plus, je vous invite à lire cette étude remarquable d'Eric BARATAY, professeur d'histoire contemporaine et spécialiste  de l'histoire de l'animal à l'Université Jean-Moulin de Lyon:


http://elizabethpardon.hautetfort.com/files/CH89%20%281%29.pdf

 

 

 

 

 


"

 

27/09/2013

Bacchu-Ber, Mauresques et danses armées traditionnelles ...

Battre la mauresque et le Bacchu-Ber ...

Dernièrement,  j'évoquais auprès d'amis l'existence en Corse de la MURESCA, danse d'épées au cours d'une dramaturgie mythique mettant en scène l'image du Maure, telle que nous la rencontrons à Olmi-Cappella, Moita, Castiglione, dans la description de la Moresque de Vescovato qu'en fait en 1787 l'Abbé Gaudin, et telle qu'elle fut présentée au Musée de la Corse dans son exposition temporaire de 1998 (Moresca, Images et mémoire du Maure), ou analysée par le regretté Antoine Massoni dans son ouvrage Les musiques de Corse (ed. Piazzola) ...  danse soutenue par des musiques populaires jouées le plus souvent par les violoneux des villages.

Comme ici la mauresque de Moïta:

Moîta.jpg

ou celle d'Olmi-Cappella (Collection du Comte Savelli de Guido):

Olmi Cappella.jpg

 

Ce jour-là mes amis Rebaud ont évoqué à leur tour  le BACCHU-BER, danse d'épées traditionnellement exécutée pour la Saint Roch , le 16 Août, lors de leur fête patronnale, par des jeunes gens de Pont de Cervières (hameau de Briançon). Je vous invite à découvrir ci-joint la description et l'analyse musicale qu'en fait le musicologue Julien Tiersot après y avoir assisté en 1895:

Bacchu-Ber gravure Tiersot.jpg

et dont voici la partition, chantée, nous dit Tiersot, par trois femmes: "Elles font entendre, d'une vois faible, mais juste, et avec beaucoup d'ensemble, une sorte de mélopée bien rythmée, composée de dix-neuf mesures à deux temps, sans autres paroles que Tra la la" :

partition.jpg

A retrouver in extenso sur le lien ci-joint:

 

http://elizabethpardon.hautetfort.com/files/Bacchu-Ber.pd...


Quoi qu'il en soit, mémoire d'une fierté villageoise!


Pour l'évocation du carnaval de Castiglione et de sa "mauresque":

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2012/02/18/carnaval.html


Je vous renvoie à l'analyse fine que fit Antoine Massoni de ce monde de la Muresca, (p. 58) dans son ouvrage sur les Musiques de Corse cité plus haut. Bacchu-Ber et Muresca n'auraient -ils pas un ancêtre commun dans la Méditerranée antique ?

19/07/2013

le Carnaval de Castiglione, évocation

Demain, le village de Castiglione recevra l'honneur de la presse: j'en profite pour rediffuser cette note du 19/2/2012

le Carnaval à Castiglione,

(pieve de Ghjuvellina)

"a Caccia amorosa"

"la chasse amoureuse"


Avec les enregistrements faits par l'ami ethnomusicologue Bernardu Pazzoni, des airs de Castiglione, et  qui étaient joués au violon lors du carnaval:

www.youtube.com/watch?v=1Q-iGJt5T5E

www.youtube.com/watch?v=DhSxgRInhFI

http://www.dailymotion.com/video/xpj2lx_scurtiscella-di-castiglioni-village-corse-b-pazzoni-violon_music#.UekNTDxOKM8


 

Castiglione et les Aiguilles de Rundinaghja blog.jpg

(photo de C. Goergen)

le village de Castiglione sous ses impressionnantes Aiguilles de Rundinaia et le sommet de a Cima a i Mori (2180 m), construit à flanc de montagne au-dessus du vide: sous le village, des grottes, dont "a rotta di a sabara" dont on on raconte volontiers qu'elle traverse tout le massif - et qui est le paradis des chauves-souris endémiques et des spéléologues aventureux ...

( avec a scuttiscia di Piedigrisgiu et le violon de Bernardu Pazzoni:   http://www.youtube.com/watch?v=C4dCN2IASH8


 Le Carnaval de Castiglione s'est arrêté avant la seconde guerre. J'ai eu plus d'une fois l'occasion d'en parler avec Monsieur J.B. Cristini, le dernier protagoniste qui y avait participé, jeune garçon - et qui depuis, nous a quittés - il y a tout juste un an, à l'âge vénérable de 94 ans. Les anciens du village -aujourd'hui disparus, m'ont toujours dit que c'était un évènement qu'on attendait avec impatience chaque année: du dimanche au Mardi-Gras, trois jours d'un vrai carnaval libérateur, exutoire où se vidaient dans la fête et les danses les tensions quotidiennes des uns et des autres, et d'où l'on ressortait avec quelques bleus et quelques bosses mais  gonflé d'énergie pour affronter dès le Mercredi des Cendres l'entrée dans le Carême.

Le Carnaval de Castiglione a été décrit  en 1975 par Paulu Maestracci, l'ancien instituteur et violoneux de ce village et publié dans le Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse en 1981:

"BSSHNC N°674-675.

Courrier des lecteurs , p.137 à 142                                      

SCÊNES VILLAGEOISES D'AUTREFOIS :
CARNAVAL À CASTIGLIONE
PAUL MAESTRACCI

 

Cette fête de toute la population du village, oubliée depuis une quarantaine d'années, n'a pas sa pareille dans toute la région. Elle est marquée par une très belle attraction qui tire son origine de l'époque lointaine et particulièrement tourmentée ou les Corses eurent à lutter contre les Arabes qui furent appelés chez nous, comme partout où ils essayèrent de s'installer, "les Maures" ( « I Mori », « I Turchi », « I Sarracini » N.D.L.D.).

 Nos aïeux de Castiglione, qui étaient doués, il faut le reconnaître d'une grande imagination, pensèrent à ces Maures contre lesquels leurs ancêtres avaient si vaillamment combattu pour s'offrir le jour du Mardi Gras un magnifique spectacle.

La fête commence le dimanche précédent, dès le matin. Toute une population s'affaire sur la place de l'église, on range des tables,
des bancs, des chaises on commence déjà à apporter quelques beignets et des bouteilles de vin du terroir. Dés que tout est en place, la jeunesse ouvre le bal. On danse au son du violon des polkas, des mazurkas, des scottish, des valses et l'on exécute aussi une sorte de marche rythmée appelée la "chasse amoureuse". ("a caccia amorosa")
Une police composée de trois guetteurs parcourt déjà les rues du village. Ces policiers sont enveloppés de peaux de bêtes ( I Pelliccioni), ils portent nouée autour de la taille une corde à laquelle pendent des guirlandes de clochettes, leur mission consiste à rechercher tout jeune homme qui aurait quitté la place ou tel autre qui pour n'importe quelle raison ne s'y serait pas encore rendu. Le rappel à l'ordre que le fautif reçoit de la part du guetteur est exemplaire ; ce dernier lui envoie violemment sur la tête, le dos ou le visage, un sac contenant une bonne quantité de cendre et qui fait partie de son équipement. La sanction ne s'arrête pas là ; il est traduit aussitôt après devant un tribunal composé de trois hommes d'âge avancé, et qui siège sur la place ; les trois juges
condamnent le délinquant à fournir au banquet deux ou trois bouteilles de vin.


Donc, le dimanche, bal toute la journée et, la nuit, les danseurs infatigables s'en donnent à cœur joie, sous la présidence de sa majesté Carnaval, espèce d'énorme épouvantail plein de paille tassée, les bras en croix, ayant pour visage un masque aux couleurs éclatantes et surmonté d'un immense chapeau. Ce bonhomme empaillé trône sur une pierre située au coin nord-est de la place que l'on appelle ici a petra di u rè.

( on posait le bonhomme Carnaval sur le rocher et on chantait:

" Torna, torna, o Carnavà,

Chi in trionfu ti vulemu pirtà

Si a donna accusente

Durmeremu tutti inseme")


Le lundi, même ambiance, bal ininterrompu toute la journée ainsi que la nuit, de pleins paniers de beignets au fromage et des bouteilles de rosé garnissent maintenant les tables rangées dans les coins ou sur la petite esplanade surélevée que forme la pierre du roi. Les nombreux danseurs tournent à qui mieux mieux au son d'une musique purement corse ; ils s'arrêtent un instant, parfois, pour goûter les beignets ou se désaltérer.
Tous les danseurs garçons et filles sont présents ; cela prouve que le service des guetteurs est parfaitement assuré. Le son de leurs nombreuses clochettes ne cesse de faire un tintamarre monstre dans les rues du village, parfois un bruit sourd retentit; c'est celui d'un sac de cendre qui, ayant loupé sa cible, est allé s'écraser contre un mur. Les jeunes hommes, dès le dimanche, sont tenus de ceindre un de leurs bras d'un ruban très apparent ; ils sont considérés alors comme guerricelli on dirait en français guérilleros.
On sent qu'une chose qui sort de l'ordinaire se prépare, on commence à chuchoter : une telle sera la signora, autrement dit la reine de la fête, un tel le Maure noir, tel autre le Maure blanc, garçons et filles, après deux nuits sans sommeil, continuent leurs danses endiablées, mais attendent fébrilement la sensationnelle attraction que ces trois personnages vont présenter le lendemain.

Le mardi matin arrive : toute la population est en liesse jeunes et vieux ne pensent plus qu'au moment féerique au cours duquel se déroulera, l'après-midi, le scénario orchestré de main de maître.


Que va-t-il se passer? La signora est enfin désignée par un petit comité le choix se porte toujours sur une jeune fille qui sait bien courir. La voilà donc qui arrive sur la place à l'entoure de 14 h le visage radieux, toute de blanc vêtue avec un col bordé de dentelle ; un large ruban blanc ceint sa taille et des feuilles de lierre disposées en forme de cœur garnissent sa jupe. Elle commence tout de suite à exécuter quelques danses avec différents cavaliers.
Qui est cette signora ? Eh bien, c'est la reine du bal, de la fête, celle que tout le monde s'est donné pour souveraine en ce jour d'euphorie générale. Elle préside aux destinées d'une cour peu soucieuse du protocole mais ô combien sympathique! Elle est adulée par tous ; les guérilleros, en particulier, la couvent des yeux chacun brûle du désir de faire avec elle quelques pas de danse.

Mais en même temps que la signora arrivent sur la place le Maure blanc et le Maure noir et deux autres hommes bizarrement accoutrés. L'un est un chien , couvert de peaux de chèvres il a l'air très méchant et pousse des aboiements féroces quand un monsieur se permet de faire des avances à la reine.

L'autre, c'est son maître ( u patrone). Il retient les exubérances de sa bête à l'aide d'une chaîne de fer qui s'attache au collier que l'homme chien porte à son cou.


Et les deux Maures? qui sont-ils? Que vont-ils faire? Le petit comité, qui a désigné la signora, le chien et son maître, choisit en même temps ces deux autres membres de la troupe qui en sont les personnages les plus importants et les plus hauts en couleurs. Ce choix s'avère particulièrement difficile car les deux jeunes hommes doivent avoir des corps d'athlètes et montrer de réelles dispositions pour la course à pieds, mais on a toujours trouvé dans notre village deux robustes gaillards pour jouer ces rôles.


La tenue des deux maures ressemble étrangement à celle de deux danseurs d'opéra, pantalons collants, vestons moulant la taille, l'un évidemment est tout habillé de blanc et l'autre, au contraire, tout en noir.

Le maure blanc a saupoudré son visage de farine tandis que l'autre a noirci le sien de charbon. Chacun d'eux porte autour de la tête un ruban noir sur la nuque ; ce ruban est de la même couleur que le déguisement du personnage.


Chaque Maure tient dans sa main, en guise d'épée, une longue broche, l'un et l'autre marchent autour de la place en levant vers le ciel ces épées par des mouvements rythmés de leurs bras et on voit les deux tisonniers monter et descendre en cadence, parfois s'entre choquer, produisant alors un bruit sec qui fait tressaillir.

 

Que viennent faire ces deux Maures le jour du Carnaval à Castiglione? Voilà la question! On suppose que ce divertissement doit être la mise en scène un récit imaginé de toutes pièces pour rappeler les faits et gestes des guerriers arabes lors de leurs incursions dans l'île, ou bien alors la parodie d'un fait authentique qui se serait passé au cours de cette même période de l'histoire de la Corse. Toujours est-il que ces deux Maures sont de passage à Castiglione à la fin du Mardi gras ; ils arrivent sur la place de l'église, on les accueille sans chaleur ; sans doute n'inspirent-ils pas trop de confiance toutefois ils ne sont pas éconduits, mais on peut remarquer que les guérilleros sont déjà sur pied de guerre


A un moment donné, le Maure noir commence à courtiser la signora qui est l'objet de l'adoration de tous et cette dernière se laisse prendre au jeu à tel point que, bientôt, elle quitte avec lui la place ; le Maure blanc leur emboîte le pas et tous trois descendent dans le bas du village pour emprunter le chemin du Pughjolu qui est celui qui desservait Castiglione avant la construction de la route carrossable.

 

Castiglione à prendre blog.jpg

(Vu du Poste des Maures ... Castiglione prêt pour l'attaque!)



Au bord de ce chemin et à l'endroit où il disparaît, derrière la colline qui fait face au village, se trouve une baraque en pierres sèches avec un toit de terre en forme de placette. Cette grange ou bergerie représente le "château" ou les Maures ont élu provisoirement domicile. La rustique bâtisse se voit très bien de la place de l'église. Avant donc de disparaître au tournant du chemin, les deux Maures invitent la signora à grimper sur cette terrasse (10 ou 12 m2) et là tous les trois exécutent une espèce de quadrille. On voit toujours les broches s'élever en l'air, s’entrecroiser et la Signora passer et repasser sous cet arc de fer. Peut-être cette démonstration est-elle de leur part une façon meilleure qu'une autre de souhaiter la bienvenue à leur hôtesse. A la voir danser de si bon cœur, on devine qu'elle est tout heureuse avec ses nouveaux compagnons. De la place, la foule qui n'a plus sa reine observe dans un morne silence ce spectacle pourtant ravissant. Cette danse campagnarde constitue le premier tableau de l'attraction.


Entre temps, le chien, son maître et un homme habillé en vieille femme corse, sans doute une confidente de la signora, se rendent sur la grande route, la suivent jusqu’au tournant du ruccidellu et de là gagnent une aire qui est à 4 ou 5 m en contrebas. Ils y rencontrent les deux Maures et la signora qui les attendent. la vieille femme a apporté un panier contenant des beignets et une ou deux bouteilles de vin. Les six membres de la troupe maintenant au complet prennent en ce lieu où l'on a battu tant de blé, sous un soleil complice de février leur repas champêtre.


Mais que se passe-t-il tout à coup? Voilà qu'en un clin d'œil, la place de l'église se transforme en camp retranché. Les guericelli ou guérilleros vont au lieu dit Cateragghiu et se postent le long d'un mur perpendiculaire à la grand-route. Qui attendent-ils? Eh bien les Maures! Ces derniers, non contents de leur conquête amoureuse ont projeté, durant leur pique-nique, de tenter un coup de main contre la place de l'église et s'en rendre maîtres afin d'emporter à la barbe de tous les courtisans de la reine, une bonne part des friandises qui s'y trouvent et qu'ils ont dû apprécier.

Le clou de l'attraction va maintenant se dérouler. Le repas fini, les Maures montent sur la route, vont plus haut sur des terrains en pente, choisissent chacun un chemin différent pour mieux combiner leur attaque pour le moment on ne voit rien ; tout se passe derrière la colline qui fait face au village. Les deux chemins sont à peu près parallèles et séparés sur toute leur longueur par une distance d'environ 5 ou 6 m ; ils traversent des enclos et aboutissent au mur derrière lequel les guérilleros font le guet.


L'instant tant attendu est enfin arrivé! On voit se profiler sur la crête la silhouette des Maures. Ils courent à toutes jambes sur ces pistes encombrées de cistes et de pierres arrivent enfin au mur gardé, l'escaladent; les défenseurs essaient de les en empêcher ; un simulacre de combat a lieu ; les uns et les autres franchissent le mur dans les deux sens pas mal de fois. Soudain, une détonation déchire l'air ; personne n'est atteint mais cela indique que les Maures sont décidés à aller sur la place de l'église et puiser à pleines mains dans les paniers au savoureux contenu. Alors, comme on les sait très véloces,
c'est la course effrénée des guérilleros; vers le village. Le chien, son maître, la signora et la vieille femme suivent tant bien que mal cette folle équipée.


Cette scène, constituant la péripétie sportive, est celle que les enfants préfèrent.

Les Maures arrivent parmi les premiers sur la place de l’église, cherchent les paniers de beignets et les bouteilles de vin que des mains prévoyantes ont entassés sur des tables occupant l'esplanade de la pierre du roi. Ces tables se trouvent derrière cinq ou six hommes alignés qui essaient de les dissimuler mais, surtout, de les défendre en tenant, à bout de bras, une poutre que, parfois, ils hissent bien haut. Si l'un des attaquants parvient à franchir cet ultime rempart, ils auront alors, tous les deux, partie gagnée.


Grâce à leur ruse et à leur agilité, les deux Maures arrivent toujours à s'agripper à la poutre, parfois même à s'y percher malgré les secousses qu'on lui imprime. Cette poutre sans cesse mouvante, manœuvrée par des bras vigoureux, semble tanguer sur des vagues et les deux gymnastes, se mettant respectivement à califourchon à chaque extrémité, en profitent pour faire une partie de
balançoire.
 
Mais ensuite l'un deux, du fait de la négligence simulée ou non d'un défenseur, réussit, en allongeant le bras et non sans efforts désespérés à chiper sur une table quelques morceaux de gâteaux.

C'est alors la grande bousculade; des glissades se produisent ; chacun se précipite sur l'auteur du larcin qui demeure insaisissable car la tradition veut que le geste qu'il vient d'accomplir symbolise, ce qui paraît à peine croyable, la victoire des Maures. Cette scène est très spectaculaire et très comique.


Peu après le calme se fait sur la place, les guérilleros retrouvent leurs cavalières et le bal va bientôt recommencer; mais les Maures n’en sont pas pour autant au bout de leurs peines.
 
Le violoneux se lève, fait le tour de la place en jouant des airs de circonstance, puis s'arrête dans un coin où la signora et ses partenaires vont nous offrir leur dernier numéro. Ils vont répéter le même quadrille que celui qu'ils ont dansé sur la terrasse de la maisonnette de campagne. Les deux Maures se placent assez près l'un de l'autre, tournent en sens inverse, marchent en cadence en levant haut les genoux. Les seuls sons qui sortent de leurs bouches sont des "brr! Brr! Brr!" répétés. Les épées sont encore dressées vers le ciel ; elles tournent elles aussi, vont, viennent, s'entrecroisent de temps en temps pour former de nouveau un arc de fer sous lequel la signora, souriante, aime tant à passer en balançant gracieusement ses bras et caressant du regard le spadassin couleur d'ébène.

Castiglione peinture de Paul Maestracci.jpg

 

(tableau de Paulu Maestracci illustrant la danse des deux Maures et de la Signora: Paulu  Maestracci s'est représenté lui-même au violon jouant scottisch et contre-danses ...)



Mais voici qu'un coup de feu crépite, probablement tiré par un guérillero jaloux ; le Maure noir s'affale ; les spectateurs qui font cercle sont pétrifiés. Le Maure blanc toujours sur un pas de quadrille, le visage plein de tristesse, contourne le corps étendu tandis que la signora, visiblement consternée,s'approche du cadavre de son amant, s'incline et glisse entre ses lèvres un morceau de sucre. Aussitôt le "mort" revient à lui et le bal, qui avait cessé, reprend de plus belle, jusqu'au lendemain. Ce tableau tient lieu d'épilogue avec son instant dramatique.
 
Mais après la paix revient une paix, véritable cette fois, qui ne sera remise en cause que 12 mois après.

Bien des années ont passé sans que cette admirable attraction, comme on n'en voit pas beaucoup en Corse, vienne agrémenter les Mardis Gras à Castiglione.


Serons-nous longtemps encore privés d'un aussi merveilleux divertissement? Nul ne peut le dire.

Actuellement en tout cas, nous ne pouvons, au village, qu'évoquer avec une certaine mélancolie le souvenir de ces six personnages qui ont enchanté notre jeunesse.

(Juin 1975) "





Ce beau témoignage - d'autant plus précieux qu'il émane du violoneux qui l'animait - nous parle d'un temps où il y avait encore au village de nombreuses forces vives (autour de 330 habitants en 1850, encore 200 h. vers 1925 pour chuter, après la guerre en 1946 à 86 h, et aujourd'hui à 34 h.), et où la fête paroxysmique du Carnaval prenait tout son sens dans cet environnement rude de la Ghjuvellina.Toutes les personnes interrogées disent avec une fierté légitime que ce carnaval attiraient de nombreuses personnes extérieures au village, "i furesteri", que l'on invitait fermement du reste à payer leur tribut à la fête sous forme de bouteilles de vin ...

Un Carnaval qui investit le territoire autour du village et requiert de solides qualités physiques, sans lesquelles on ne peut guère survivre dans ces montagnes escarpées, aujourd'hui prisées des sportifs. Carnaval "mauresque", ce qui ne nous surprend pas ici, sous a Cima a i Mori - avec une signora qui manifestement préfère son amoureux le Moru neru à tous les jeunes guerriccelli du village et "flirte" à leur nez et à leur barbe sans que la communauté y trouve à redire (le tître même de sa danse "a caccia amorosa", la chasse amoureuse est tout un programme )... seulement en ce Mardi-Gras! Il parait que le curé n'était pas trop d'accord, mais qu'il n'était plus le maître pendant trois jours. Carême viendrait bien assez tôt.

Paulu Maestracci ne mentionne pas dans son récit les préparatifs par tous du carnaval au moins un mois auparavant, des costumes faits de chiffons recyclés, vêtements trop usagés pour être encore rapetassés, des peaux de sangliers ou de chèvres (pour i Pellicioni, les sbires chargés de faire la police du carnaval à coups de sacs de cendre qu'ils portent à la taille), de sonnailles, de cornes ...

La signora était donc habillée d'une belle robe blanche ornée de lierre: cette "Hedera helix" n'est décidément pas une plante anodine. A la fois symbole d'immortalité, par la persistance de son feuillage vert, le lierre sert aussi de parure aux satyres et aux silènes, à Dionysos (avec les thyrses de son cortège, bâtons sacrés où s'enroulent feuilles de vigne et lierre) et évoque pour le moins la joie débordante de vivre. Et si l'on ajoute sa force vitale, qui lui permet de vivre enlaçant sans fin sa spirale (helix) au tronc des arbres morts, le lierre symbolise également une sorte de victoire de l'âme sur la mort. Oui, un choix fort, à Castiglione, entre deux mondes. Enfin, dans cette mascarade du carnaval la pure et blanche signora, jetant son dévolu sur u Moru neru, le Maure noir, semble vouloir s'acoquiner avec la face obscure de l'âme du village, la part du diable - ou, pour le moins, avec une force instinctive au détriment de la quête spirituelle qui reprendra ses droits, dès le lendemain, pendant le Carême.

On confectionnait donc u Rè (Carnaval), qui devait finir, comme il se doit après de nombreuses péripéties musclées, brûlé dans la nuit du Mardi-Gras. Monsieur Cristini disait aussi que dans la vitalité des danses qui duraient toute la nuit, nourries de délicieux gâteaux (e fritelle) et généreusement arrosées, de nouveaux couples se formaient pour le meilleur avenir de la population du village: l'arrêt du carnaval coïncide avec la chute démographique du village ... 
 

Enfin comment ne pas évoquer, après ce Carnaval,  l'entrée dans le Carême, temps de pénitence et de restrictions (ça, on connaissait bien à Castiglione!) qui va aboutir quarante jours plus tard à la Semaine Sainte? Monsieur Cristini, qui avait endossé le rôle de "u cane" durant le Carnaval, fut aussi l'un des derniers participants de la Passion qui était vécue au village (il se souvenait avoir fait l'ange) comme un véritable Mystère, joué par les villageois et déroulant dans la plus grande ferveur ses prières et ses chants devant le poignant décor peint du Sepolcru,

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(anonyme, début XIX° siècle)

 

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gardé par ses deux féroces gardes "mauresques"

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                                       le tout...

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           dans l'une des plus étonnantes petites églises que je connaisse, amoureusement entretenue et bichonnée par les dames du village ...

Castiglione la tribune 'd'orgue' blog.jpg

 avec sa "tribune d'orgue" qui abrîte un vieil harmonium

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et, entourée du Roi David et du petit saint Antoine de Padoue, notre bonne patronne de la musique, sainte Cécile, enturbannée comme une sultane mauresque ... 

 Enfin, je vous invite à découvrir l'excellent article d'Agnès Rogliano concernant le carnaval en Corse en recherchant le lien suivant:

revel.unice.fr/loxias/index.html?id=2697

 

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et pour la découverte de cet extraordinaire massif granitique, visitez donc le site :

http://jerome.rattat.free.fr/Page_Cima_Mori/Page_Page_Cima_Mori.html )

27/01/2013

1-l'énigme de San Rodrigo de Cordoba à Cassano

Où  San Rodrigo di Cordoba,  

Saint Rodrigue de Cordoue

s'invite à Cassanu

(village du Montegrossu, Pieve de Pino, Balagne, Corse)

Montegrosso janvier 2013.jpg

Hier, dans le Montegrossu, par une lumineuse journée d'hiver.

Selon les chroniques, vers l'an 950, le dernier des six rois maures de Corse, Nugolone - ou Hugolone, aurait choisi dans cette région l'emplacement de sa capitale, nommée Corduvella, comme la "Cordoue" d'Espagne, et l'antique cité romaine de  Corduba.

Ceci pour planter le décor. Le Montegrossu accueille désormais (1971/1972) trois villages dans sa communauté: Montemaio, Lunghignanu, Cassanu.

L'église de Cassanu, dédiée à l'Annonciation, riche d'un patrimoine pictural assez exceptionnel, nous pose par ailleurs une énigme troublante. Si l'on connait bien son très beau retable sur bois signé et daté d' Antonio de Calvi, 1505:

Cassano - Retable Antonio de Calvi - 1505 copy.jpg

l'on identifie infiniment moins bien certaines des toiles intéressantes de l'église, comme ce saint diacre martyre présent au fond du choeur, à une place fort honorifique derrière le maître-autel, et qui m'a laissée perplexe:

St Rodrigue de Cordoue Cassano blog.jpg

"d'après Murillo" ... à Cassano,

un diacre martyre ... à dire vrai, en Corse, on rencontre "d'habitude" soit Saint Laurent et le gril de son brûlant martyre, soit Saint Etienne et les dures caillasses de sa lapidation, soit Saint Césaire de Terracine précipité à la mer. Ici, notre diacre mystérieux tient à la main la palme de son martyre et une sorte de couvre-chef énigmatique qui s'avèrera être une barrette. Appelé à la rescousse, Michel-Edouard Nigaglioni me donne d'un coup de baguette magique la solution: il s'agit de Saint Rodrigue de Cordoue ...

St Rodrigue signature.jpg

En bas à gauche, malheureusement en partie illisible, un écrit signale qu'il s'agit d'une copie de Murillo, faite, me semble-t-il lire, en 1832 (?).

Murillo c.1650-55 Gemaeldegalerie Alte Meister Dresden Allemagne.jpg

Copie du Saint Rodrigue, alias Rodrigo de Cordoba, magnifiquement peint par Bartolomé Esteban Murillo, aujourd'hui à la Gemäldegalerie Alte Meister, à Dresden (Allemagne). Gal.-Nr. 704

Sur sa damaltique, bien reconnaissables, les personnages de Saint André et Saint Paul. Au cou, la blessure de sa gorge tranchée, mais rien n'exprime la souffrance du martyre, tout est extase.

Vous ne le connaissez peut-être pas ... En tous cas, le moins qu'on puisse dire est qu'il ne fait pas partie des saints "habituels" de Corse. Voici donc ce que vous pourrez lire sur le site suivant:

http://www.levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20110313&id=2669&fd=0

"Saint Rodrigue et saint Salomon de Cordoue

Martyrs  († 857)

 

         Saint Rodrigue avait deux frères vivant à Cordoue sous la domination arabe. L'un était chrétien et l'autre musulman ; ils se battaient souvent pour des questions de religion. Un jour, voulant les séparer, il reçut tous les coups et fut considéré comme mort.

 

         Son frère catholique s'enfuyant par crainte du calife d'Espagne, son autre frère musulman emmena son corps en ville et accusa le catholique d'avoir tué un musulman, prétendant que Rodrigue s'était converti.

         Rodrigue revint alors à lui et nia son attachement à l'islam, criant haut et fort sa foi chrétienne. Le Cadi le mit alors en prison pour « apostasie » où il rencontra Salomon, accusé du même crime : être chrétien. Liant amitié, ils passèrent le peu de temps qu'il leur restait en prière.

      Ils furent décapités le même jour à Cordoue."

 

Mais que diable (sic!) fait donc Saint Rodrigue dans l'église de ce petit village de Cassano ? Et qui a exécuté cette copie d'une oeuvre de Murillo attestée au Musée de Dresde depuis 1862 ? Et qui a offert cette copie à l'église de Cassano? 

 Nous avons épluché les archives paroissiales et de confréries  parfois fort anciennes (début XVII° s.) présentes à l'église en quête - sans guère d'espoir - d'un hypothétique nom de famille Rodriguez, en vain. Il nous faut explorer d'autres pistes qui risquent de nous faire voyager dans le temps et bien au-delà de la Balagne. 

 Le lien avec l'Espagne me semble évident. Dans la marmite des interrogations se mêlent entre autres  les migrations précoces des calvais - avec leur passage obligé par Séville - vers les pays du Nouveau-Monde, la légende fantasmée et noire de Don Juan de Mañara au village voisin de Montemaio, le passage à Cassano de la belle impératrice Eugénie (de Montiro) , épouse de Napoléon III, et qui était, comme on le sait, "l' Espagnole" d'Andalousie ...

( à suivre!)

 

 

 

07/03/2012

Castiglione: évocation météo et musicale du carnaval

 

Petite suite musicale à la note précédente sur le carnaval de Castiglione, avec "a contradansa  de Castiglioni", jouée par Bernardu Pazzoni pour la circonstance:

http://www.youtube.com/watch?v=1Q-iGJt5T5E&feature=player_detailpage

Cette contradansa accompagnait les danseurs du carnaval et en rythmait l'action: merci, cher Bernardu, de l'avoir enregistrée pour la circonstance! Elle évoque ce monde de naguère - non saturé d'images et de sons comme aujourd'hui -  où un évènement festif comme ce carnaval prenait un relief à la mesure des Aiguilles de Rundinaia. Que les gens gavés que nous sommes ont du mal à imaginer.

Castiglione rayon soleil.jpg

Voici l'environnement météorologique (février 2012)  plausible pour ce fameux carnaval - revoir la note:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2012/02/18/carnaval.html

 

les Aiguilles de Rundinaghja fevr 2012.jpg

(février 2012)

C'est encore l'hiver dans les Aiguilles de Rundinaia:  l'on comprend d'autant mieux  l'importance des victuailles solides et liquides requises pour affronter le froid et fêter allègrement " a Caccia amorosa", avant l'austérité du Carême.

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