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15/10/2008

Castirla

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Des nouvelles des problèmes de la chapelle San Michele de Castirla:
Nous avions, fin août, remué la difficile problématique de la restauration de la chapelle de Castirla, classée, dont la charpente est attaquée depuis des années par la mérule, suite à un glissement des teghje qui la recouvrent. Le Maire du village avait tout organisé pour que nous fassions une journée de sensibilisation auprès des habitants du village, des autorités de la Collectivité Territoriale de Corse et des medias, le dimanche précédant les Journées du Patrimoine.
 
[ Jusque là la situation était bloquée dans une impasse: l'architecte en chef avait décrété qu'avant de restaurer la chapelle il fallait faire des fouilles, l'archéologue pressentie pour ce travail avait de son côté déclaré, ce qu'on peut comprendre, qu'elle ne voulait pas fouiller sous un toit menaçant ruine, et la décision de l'époque, impossible à gérer pour la petite commune de Castirla, était que Castirla "s'occupe"  de déposer la couverture actuelle et construise un toit  provisoire, le tout à ses frais. En attendant un hypothétique financement de l'opération la mérule continuait de se propager et de commettre ses dégats irréversibles... A ma dernière visite, la charpente commençait à lâcher. ]
 Pour plus de détails sur la chapelle de Castirla, voir la note dans les Archives du 18/08/08
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La bonne nouvelle est qu'après de nombreux échanges entre le maire de Castirla et la C.T.C., la situation semble se débloquer: la C.T.C. s'est engagée à reconstruire le toît définitif cette année (à suivre!) avant de faire les fouilles, ce qui me parait une saine logique plutôt que de dépenser inutilement des fonds (de plus en plus difficiles à trouver) pour faire du provisoire.  Si tout va bien, la restauration de la chapelle devrait démarrer, après les fouilles, fin 2009.
Espérons que la gestion de la situation de crise financière actuelle ne sonne pas définitivement le glas des restaurations, quelles qu'elles soient:  fresques, stucs, décors muraux si riches en Corse, et... orgues. Il est à craindre que les lieux - comme les gens -  les plus modestes fassent les frais de l'évolution actuelle. 
... à suivre...

18/08/2008

Castirla Août 2008:Brève du Purgatoire

 CASTIRLA Cappella San Michele

 

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  Faut-il sauver San Michele di CASTIRLA ? ( Pieve de Talcini)

 

Le cimetière de CASTIRLA et la petite chapelle San Michele, chère à mon coeur, à taille humaine, évidente et fragile sous ses teghje dérangées, sa charpente ruinée par la mérule et les insectes xylophages...  Dans son environnement un peu trop paisible, un peu trop silencieux, un peu trop loin de la communauté des vivants.

 

 

 

 

Chronique:

 

"Mgr Mascardi a visité cette chapelle en 1589 (fol. 244): "... Eglise paroissiale San Michele, annexe de Sant'Andrea d'Omessa... elle se trouve à un tiers de mille des habitations... son toit laisse passer la pluie... il y a deux portes... les murs sont pleins de trous et comportent une fenêtre en mauvais état... il y a une cloche pendue à un arbre... l'autel est placé sous une abside peinte... il y a 21 feux et 80 âmes" (cité par Geneviève MORACCHINI MAZEL dans "Les Eglises Romanes de Corse", publié avec le concours du C.N.R.S. en 1967).

"Nous supposons que la chapelle San Michele pourrait appartenir au groupe préroman le plus ancien, entre le VIIe s. et le IXe s. ( idem)

A cette époque, bien évidemment, il n'y avait pas de cimetière autour de la chapelle.

Et voici ce qu'en dit Joseph ORSOLINI, pionnier sensible et passionné dans son ouvrage " L'Art de la Fresque en Corse de 1450 à 1520" publié en 1989:

"Sauvée une première fois de la ruine en 1963 (couverture en tôles, charpente effondrée...) la toiture de la chapelle a été refaite en 1983 par l'entreprise Piacentini de Furiani, à la demande des Bâtiments de France. Son toît de "teghje" est surmonté d'un clocheton de construction tardive (XVIIIe s.) ... Les fresques (fin XVe S.) sérieusement décollées par les intempéries furent restaurées en 1964 par les Monuments Historiques (...) Aujourd'hui protégées, elles sont le symbole par excellence de la tradition picturale populaire. (...)"

 

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 Ensemble des peintures de l’abside en cul de four et de son arc triomphal, datables de la fin XVe siècle. Une iconographie bien établie dans nos "chapelles à fresques": au centre de l'abside, le Christ Bénissant, entouré du Tétramorphe. Sous ses pieds, les douze apôtres. De part et d'autre, sur l'Arc triomphal, la scène de l' Annonciation. Sur les pieds de l'Arc, à gauche, la Vierge à l'Enfant, à droite, St Michel.

 

 L’histoire bégaye trop souvent et  25 ans après la réfection de la toiture, voici l’état effrayant de la chapelle : ce lieu où se vit encore, mais pour combien de temps ? le divin dans une expression touchante, appliquée, un peu maladroite, est à nouveau proche de la ruine. Ces dernières années, avant 2004, lors de mes visites de "la Montagne des Orgues", j'avais pris l'habitude, aussi souvent que possible, de faire découvrir ce petit sanctuaire intime, son abside peinte à hauteur d'homme où l'on tutoie sans crainte le Christ en Majesté tant son visage est proche et son humanité évidente.

 

 

 

 

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Le Christ en majesté, bénissant de sa main droite, et tenant de sa gauche le traditionnel livre ouvert: "EGO SUM LUX MUNDI ET VIA VERITAS ET VITA". Il est encadré comme de juste par la représentation du tétramorphe et l'on voit derrière sa tête la Jérusalem Céleste.

Ces fresques ont déjà beaucoup souffert, lessivées par les intempéries, certaines parties se sont effacées comme le visage de Saint Michel, les orbites des yeux de certains  saints personnages se sont vidées depuis longtemps de leurs prunelles, mais il reste un ensemble plein de vie qui résiste encore, mais pour combien de temps? à la dégradation générale de l'édifice.

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                           ... l'Archange Gabriel, dans la scène de l'Annonciation, écoinçon de gauche de l'Arc triomphal....

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... et dans l'écoinçon de droite, la Vierge en prière reçoit la Colombe de l'Esprit Saint.

Les tentures pourpres de sa chambre close évoquent peut-être l'intimité inviolable de son ventre maternel. Le bleu de son manteau, couleur céleste, a bientôt disparu, seul reste le rouge-humanité de sa robe.

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...sous les pieds de la Vierge, l'Archange St Michel, le Saint Patron de cette chapelle.

Selon l'usage, il pèse les âmes et maintient Satan sous sa lance.

Dans la partie basse de l'abside l'on peut détailler les douze apôtres, comme autant de piliers solides de l'église.

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 ...parmi eux, Saint Barthélémy, sa peau d'écorché sur l'épaule et le couteau de son supplice à la main...

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... le tétramorphe, comme toujours, est représenté.
De part et d'autre de la figure majestueuse du Christ: ici, les pattes sur le livre, voici le Taureau ailé symbolisant l'Evangéliste Luc..
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L'Ange du Tétramorphe, symbole de l'Evangéliste Mathieu.
 

 

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...  à gauche de l'abside, sous Gabriel, la Vierge présente sur ses genoux l'Enfant Jésus à l'adoration des fidèles...

Mère de Dieu, Mère de l'Eglise. Là encore, les couleurs se sont estompées... A sa droite, la frise des apôtres en grande conversation et tenant le Livre à la main. Au-dessus de leurs têtes, on aperçoit le Lion de l'Evangéliste Marc.

 
 
 
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Et maintenant, voici l'état actuel de la charpente, vue lors de mon dernier passage à la chapelle, le 13 AOÜT 2008. La chapelle est bien entendue fermée au public: les risques d'effondrement de la toiture sont malheureusement aujourd'hui confirmés.

La partie de droite de la charpente a déjà cédé et l'on voit le jour à de nombreux endroits. Sous l'action de la mérule ( ce champignon qui ôte toute cohésion aux fibres du bois, une véritable peste), les poutres ne peuvent plus soutenir le poids des teghje (dalles de pierre couvrant traditionnellement le toit, très lourdes). La mérule s'est installée insidieusement, profitant du glissement incontrôlé de certaines teghje, de l'absence de surveillance régulière de ce lieu, du lessivage des pluies pénétrant en force, de l'obscurité ambiante, un vrai régal pour tous les prédateurs du bois, de quel ordre qu'ils soient... Les taches blanchâtres sur les poutres signent la présence de la mérule, que j'ai appris à reconnaître grâce à un ami architecte qui faisait cette visite avec moi en 2004... Nous avions alerté alors la municipalité de Castirla qui se bat depuis pour tenter de trouver une solution à cette situation d'urgence.

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Les instances sollicitées par le maire pour tenter de sauver cet édifice classé par les Monuments historiques le 22 septembre 1958, demandent à ce que soient réalisées des fouilles archéologiques avant de s'atteler à la restauration de la chapelle. L'archéologue pressentie pour ces fouilles a exprimé le désir somme toute assez humain de rester en vie, et remet son intervention à une date indéterminée, lorsque la toiture sera hors de danger... de nuire. A la suite de quoi, l'architecte en chef des M.H. demande à la mairie de Castirla de déposer le toit et de construire une charpente provisoire recouverte de tôles (retour à la case départ! ), ce qui engendre des dépenses très importantes pour cette petite commune proche de Corte. Ce qui  signifie aussi que l'on devra, pour la énième fois, payer une nouvelle toiture... éphémère, celle-là, en attendant d'engager à nouveau de futures dépenses pour la reconstruction de ce toit dont rien, décidément, ne nous garantit le caractère définitif...

Il est dommage que cette chapelle n'ait pas fait l'objet d'une surveillance, après la réfection du toit en 1983. On aurait évité le pire, et allégé d'autant les dépenses de la Mairie et de l'Etat.

Ces toits de lauzes étaient autrefois régulièrement surveillés, entretenus comme l'on entretenait le toit de sa propre maison. On savait que le moindre glissement de teghje entraine forcément et rapidement des dégats, et l'on n'attendait pas pour agir, la chapelle ou l'église paroissiale étant alors vécue au quotidien. Notre problème vient de ce que ces chapelles sont éloignés "physiquement et moralement" des communautés dont elles dépendent. Toutes n'ont pas, comme à Cambia, un ange gardien qui les surveille amoureusement ...

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                                                                     ... éparpillés au sol, des débris de la charpente...

J'ai été profondément surprise de découvrir que cette chapelle si menacée d'effondrement prochain ne faisait pas partie de la première tranche de travaux engagés par la Collectivité Territoriale de Corse: ce projet magnifique des restaurations de nos chapelles à fresques est porteur d'espoir, mais je me demande si nos responsables du Comité scientifique créé au sein de la C.T.C. pour étudier ces projets de restauration  sont venus récemment sur le site de Castirla et s'ils ont connaissance de l'état aujourd'hui désespéré de cette chapelle. Castirla mérite bien autant d'amour et de soins, malgré sa modestie et sa naïveté, que celles de Sermanu, Cambia, E Valle di Campuloru, Brandu (les quatre chapelles sélectionnées pour cette première tranche)... L'urgence absolue d'une intervention saute aux yeux, et si, par malheur, la charpente vient à s'écrouler avant qu'on intervienne, il est probable que les murs suivront de près cette ruine. Ce qui serait traiter le problème par le vide.

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...
 
 

Ceci était "une brève du Purgatoire", pavé, comme l'Enfer de bonnes intentions....

 (à suivre)

13/01/2008

à la rencontre des fresques de Sermanu...

San Niculau di Sermanu et ses fresques
classées Monuments Historiques en mars 1959
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A Sermanu ce lundi 7 janvier 2008 en compagnie d'Ewa (merci, Ewa!), sous un soleil radieux d’hiver. Matinée de lumière offerte entre deux grisailles ces temps-ci. Les petites routes étroites grimpent ferme dans cette région aujourd'hui souvent désertifiée de la Pieve di Boziu: il faut surveiller les panneaux, ne pas manquer les embranchements... La dernière fois que je suis passée ici, c'était en compagnie des amis de la Fagec et de Madame Moracchini Mazel, et la première fois, c'était avec mes parents, il y a plus de vingt cinq ans. Nostalgie sous-jacente, je ressens papa marchant alors d'un pas décidé avec son sac-à-dos chargé de quelques kilos de livres, dont les deux volumes: "Les Eglises romanes de Corse", de Geneviève Moracchini-Mazel, publiés en 1967 avec le CNRS...

 

 

La chapelle San Niculau di Sermanu (Pieve di Boziu)  fait partie de la première tranche de restauration des chapelles à fresques du programme établi par la CTC d'après une étude effectuée il y a une dizaine d'années pour tenter de sauver ce patrimoine précieux de la Corse. Seront concernées également dans cette première intervention les chapelles de San Quilicu (Pieve di E Vallerustie), de Santa Cristina (E Valle di Campuloru), et de Santa Maria di e Neve (Pieve di Brandu). J'espère que les autres suivront sans trop tarder: de jour en jour je constate la dégradation à l'oeuvre à San Tumasgiu di Pastureccia, San Pantaleu di Gavignanu, San Michele di Castirla... 

 

 

Depuis le village perché, la chapelle se gagne par un sentier pentu bordé de petites maisons et de paillers modestes, couverts de teghje, parfois remis en état: une gageure pour l'enterrement des défunts - aujourd'hui 4X4 oblige -  une promesse de bonne santé pour les vivants qui visitent leurs morts. Le cimetière entoure de ses tombes quelque peu anarchiques la petite chapelle préromane (autour du VIIème siècle) de San Niculau... La grosse clef ouvre la vieille porte...

 

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                                         et toujours la même émotion dans la pénombre de l'abside...

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Veillées par un hiératique Christ en Majesté, les fresques, datables du milieu du XVème siècle, malgré leurs lacunes et leur dégradation, dégagent une étonnante impression de vie: les personnages échangent  dans une muette conversation, croisant regards et gestes dans une même humanité.

                                                    

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Mains jointes, la Vierge Marie au doux visage s'adresse en orante au personnage du Christ Pantocrator dans sa gloire au centre de l'abside en cul de four, au centre du monde céleste.

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Comme de juste, Il bénit le peuple des fidèles de sa main droite et de sa gauche tient le traditionnel livre ouvert: "EGO SUM LUX MUNDI ET VIA VERITAS". La douceur des couleurs (même s'il y a eu par le passé des repeints excessifs qui devraient s'atténuer avec la prochaine restauration), l'équilibre de leur agencement donnent une grande plénitude à la composition. Ses pieds nus reposent délicatement sur l'herbe tendre du Paradis, émergeant des plis de sa robe pourpre parsemée de fleurs: le peuple de Dieu va nu pieds. Cela me rappelle notre ami Nunziu qui, enfant dans les montagnes du Ghjunsani, écrasait les bogues de châtaigne de ses pieds nus... La mandorle qui l'enveloppe comme dans un arc-en-ciel ocré le signale et le place au-dessus des vicissitudes humaines, en dehors du temps - sous ses pieds, en témoins de sa parole, la compagnie des apôtres dans leur incessant dialogue...

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                                                                  Saint Thomas et saint André

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A la gauche du Christ, le désignant de l'index, saint Jean Baptiste le contemple intensément de ses grands yeux fervents dans un beau visage ascétique... Il tient un phylactère annonçant: " ECCE AGNUS DEI" et porte sa traditionnelle tunique en peau de chameau... Un portrait cueilli ici, dans ces montagnes âpres du Boziu, il me semble.
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Un autre groupe attachant suspend le temps dans sa marche: Saint Christophe, le regard décidé et fixé sur la rive lointaine, transporte à travers un fleuve peuplé de poissons l'Enfant Jésus: fragilité extrême de l'Enfant minuscule qui nous regarde, la cape volant au vent comme une voile de navire et pesant de tout son poids du monde sur l'épaule de son géant passeur appuyé sur son bâton de pèlerin.

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Sur le mur sud, l'on retrouve l'incontournable personnage de saint Michel Archange terrassant Satan et pesant les âmes: ici, l'on retrouve un écho fidèle du saint Michel peint dans la chapelle de la Trinité d'Aregno...

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Autre représentation nécessaire de ces programmes de fresques: l'Annonciation peinte dans les écoinçons de l'arc triomphal de l'abside. Malheureusement le divin Messager, l'Archange Gabriel  a disparu de l'écoinçon de gauche.

Dans celui de droite, les mains ouvertes en signe d'acceptation, la Vierge  accueille l'Esprit Saint sous forme de colombe qui a déjà franchi les murs inviolables de la chambre close de tentures pourpres: comme toujours, le rouge de sa robe évoque le mystère du ventre maternel et l'humanité de la naissance de Jésus, et son manteau bleu confirme la place céleste de Marie.

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Je ne peux quitter la chapelle de Sermanu sans évoquer son saint patron, le grand saint Nicolas, peint à une place de choix, sur le mur encadrant l'abside, sous la Vierge de l'Annonciation: mitre en tête, crosse à la main, pourpre du manteau, tout le désigne dans sa sereine intercession...

(A suivre et compléter dans l'album photo des fresques.)

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Dans le cimetière, sur une tombe récente, l'évocation de la tradition du chant polyphonique, fermement ancrée à Sermanu: ces polyphonies constituent une partie importante de l'identité de Sermanu et elles ont largement contribué à la découverte des chants sacrés de la Corse et à la fierté légitime de son peuple montagnard.

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                                      Retour, enfin, par ces  forts villages enracinés au-dessus du vide

                                                 ( Santa Lucia di Mercurio, Tralonca...)

Elizabeth

 

Retrouvez le livre précieux de Joseph Orsolini:

"L'ART DE LA FRESQUE EN CORSE DE 1450 A 1520" édité ( et réédité!) par le Parc Naturel de la Corse

 

 

 

10/11/2007

brève du Purgatoire: Castirla

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Au coeur du petit cimetière, sous le village.

 

 

"Sauvée une première fois de la ruine en 1963 (couverture en tôles, charpente effondrée...) la toiture de la chapelle a été refaite en 1983 (...)"

(Joseph Orsolini, dans l'Art de la fresque en Corse de 1450 à 1520, édité par le Parc Naturel Régional de la Corse)

 

Depuis, les choses se sont à nouveau dégradées, faute de surveillance: la toiture de "teghje" a bougé, laissant l'eau s'infiltrer à l'intérieur. La mérule s'est installée dans la charpente, détruisant le bois et entraînant une dégradation telle que le toit peut s'effondrer à tout moment sous le poids des pierres. Les fresques, d'une verve toute populaire, que les intempéries passées avaient décollées ont été restaurées en 1964 par les M.H. Malheureusement elles sont à nouveau gravement menacées par l'humidité qui sévit à l'intérieur. La C.T.C. doit engager un programme de restauration des chapelles à fresque de la Corse: à Castirla, l'urgence est grande... Arrivera-t-on à temps?

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 Voici l'état actuel de la charpente: on voit le jour à travers les poutres et les taches blanchâtres signent l'avancée de la mérule. A ces endroits, le bois devient aussi peu solide qu'une éponge et peut lâcher à tout moment.

 

 

Dessous, dans la petite abside en cul de four... les fresques...(fin XVème)

La taille modeste de la chapelle et de son abside nous immerge dans l'intimité de ces peintures,

si fragiles, un peu maladroites et irrésistiblement humaines...

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en souffrance, le Christ Pantocrator, entouré du tétramorphe,
dominant de sa Majesté "aux pieds dedans"
les douze apôtres
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On reconnait à droite Saint Barthélémy, écorché vif...

 

 

 

 

Là encore, les couleurs sont déjà très altérées et le reste (Annonciation, la Vierge en Majesté, Saint Michel Archange) souffre des dégradations accumulées au cours du temps.

 

A suivre... Dernière visite: le 29 octobre 2007. Voir les photos de l'album "fresques"

 

11/07/2007

Brève du Purgatoire: Nessa. 11 juillet 2007

 La chapelle San Petru à NESSA. Pieve di Sant’Andrea.

 

fa9d5e9c92951ed7dc19e427def1a31f.jpgNouvelle brève de la chapelle San Petru di Nessa. Pieve di Sant'Andrea

Dans un coin du cimetière, mangée par les tombes,  il ne reste plus de cette petite chapelle romane que l’abside, lessivée par les eaux de pluie et les infiltrations. Lentement ici s’efface un témoignage unique dans l’iconographie des fresques en Corse : la représentation d’une confrérie de femmes, sans doute à l’origine protégée par le manteau de la Vierge   en Majesté, au centre de l’abside et portant sur ses genoux l’Enfant Jésus, dont on aperçoit encore un joli pied nu…. Les visages des femmes sont tendus dans la prière, les mains jointes, les silhouettes dessinées d’un trait sûr et évoquent un univers proche de la petite fresque de la chapelle Sainte Restituta de Calenzana.

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Voici aujourd’hui l’état des lieux :

 

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encore un petit effort ... voire avec du ciment ...

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et TOUT, ENFIN ! aura disparu…même le pied du petit Jésus!

 

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SI VOUS NE L'AVEZ PAS ENCORE, ALLEZ ACHETER LE BEAU LIVRE DE JOSEPH ORSOLINI PARU EN 1989: "L'ART DE LA FRESQUE EN CORSE DE 1450 A 1520", EDITE PAR LE PARC REGIONAL DE LA CORSE ( SAGEP). C'EST L'OUVRAGE DIDACTIQUE D'UN AMOUREUX FOU (ET DECHIRE) DU PATRIMOINE DE LA CORSE...