31.05.2009

c'est reparti!

eucalyptus et chèvres.jpg
Fin d'après-midi: les eucalyptus repartent (et les chèvres de Germain passent)

30.05.2009

SPELUNCATU: l'orgue historique (Balagne)

L’orgue historique de la Collégiale Santa Maria Assunta de SPELUNCATU   
1336535539.jpg
 1146109693.jpg
(Photo Tomas Heuer) 
 Historique

Les archives paroissiales nous informent que le 20 septembre 1808 le facteur d’orgue toscan Giuseppe CRUDELI (fils du célèbre facteur installé à Lucca, Michelangelo CRUDELI : 1728/1801), s’engage à construire « un orgue suffisant » pour la Collégiale Santa Maria Assunta de Speluncatu :

« Oggi 20 7bre 1808 in Speloncato

Giuseppe Crudeli si obliga formare un organo sufficiente per la nostra chiesa per la somma di scudi francesi di franchi sei l’uno, cento trenta (…)  ( pour la somme de 130 écus français de 6 francs l’un …)  

Les premières interventions repérables de Giuseppe CRUDELI en Corse sont signées en 1804 sur les orgues de l’église saint Georges d’Algajola et de la Confrérie San Carlu de Monticello. Ce n’est donc pas un inconnu que l’on a appelé pour ce chantier, l’on sait qu’il a, entre autres, aussi entretenu l’orgue de Muro et les orgues de St Jean-Baptiste et de Ste Croix de Bastia.

Pourtant, pour une raison à ce jour inconnue, Giuseppe fait faux-bond et c’est son fils, le tout jeune Giovanni CRUDELI, qui construira et signera l’orgue de la Collégiale en 1810 :

« Giovanni Crudeli di Lucca fece l’anno del Signore 1810 »

Il revient en 1812 pour « arranger les cinq tuyaux principaux de l’orgue, et la construction de la porte du tambour d’entrée si nécessaire pour empêcher le froid, parce que grande ouverte elle menace les prêtres qui doivent y pratiquer le culte ». (Je rappelle ici que Speluncatu est un beau village médiéval implanté à 550 m d’altitude et que les hivers peuvent y être rudes, parole d’organiste !) A cette même époque il construit un petit orgue-armoire pour la chapelle privée d’une famille de notables du village : témoignage non négligeable de la vie sociale, religieuse et musicale d’un village important de Balagne à cette époque…

Spel petit orgue Crudeli blog.jpg
(le petit orgue armoire de Giovanni Crudeli, 1812)

Le sommier porte une date plus ancienne : 1746, et d’autres éléments antérieurs à 1810 sont réutilisés pour ce nouvel orgue, en particulier les portes latérales du buffet, peintes des deux côtés, et qui sont sans doute à l’origine les volets d’un instrument plus petit (photo)

606885263.2.jpg

 Le mystère reste entier : cet orgue de 1746 était-il déjà installé dans cette église Saint Michel qui n’allait pas tarder à recevoir le titre enviable et très honorifique de Collégiale -  demandé en 1749, il sera accordé en 1766, faisant de l’église devenue Santa Maria Assunta l’une des quatre Collégiales de Corse : les autres étant à Corbara, Calenzana et Luri. Est-il nécessaire de souligner que pour ces quatre Collégiales, trois sont situées en Balagne et la quatrième à Luri: signe de prospérité indiscutable...  

Ou bien l'orgue était-il dans l’église du Couvent capucin de Santa Maria di a Pace ? Speluncatu, jusqu’à cette époque, pouvait s’enorgueillir de posséder deux églises paroissiales (fait unique pour un village de Corse) et un Couvent : c’est dire si la communauté regorgeait de religieux, capucins, chanoines, prêtres…

Le village ne manquait pas non plus de musiciens de talent, éclos dans les milieux privilégiés des notables, rompus à la pratique musicale et capables de jouer aussi bien la musique savante " de chambre»  que la musique religieuse. Et comme pour le reste de la vie "culturelle", ces musiciens suivent de près l'évolution du goût musical de l'époque, et naturellement encore à cette date, le goût italien malgré le rattachement récent à la France.  Les chantres de l'église soignaient la réputation de Speluncatu bien autant qu'ils travaillaient à la gloire divine: le répertoire des chants polyphonique de Speluncatu est très riche et particulièrement intéressant (avec une tendance au "mode pélerin" qui se retrouve peut-être dans le choix des deux trompettes des anges donnant le sol et le la). Sans parler des nombreux chanteurs et musiciens villageois animant sérénades et autres danseries de fête…Les Corses, on ne le dira jamais assez, sont un peuple musicien.

Toujours est-il qu’en 1749 l’on y chantait les vêpres « au son des instruments » .

Cet engouement pour la musique et pour l'orgue se confirmera au début du siècle suivant avec la construction non seulement de ce magnifique orgue de la collégiale par le jeune Giovanni Crudeli, mais aussi des deux petits orgues privés, l'orgue armoire de G. Crudeli en 1812 dont nous avons parlé plus haut, et l'orgue commode du tout jeune facteur d'orgue Anton Pietro Saladini, en 1825, formé comme son père Anton Giuseppe Saladini au contact des Crudeli ... On peut du reste penser que ce chef-d'oeuvre d'ébénisterie est la création d'Anton Giuseppe.

Notons aussi, et cela n'est pas anodin, que Speloncato, historiquement, s'est trouvé au contact de Lucca (notre ami François Mariani nomme Speloncato: "le village aux soixantes seigneurs", seigneurs qui seraient venus au Moyen-Age de Lucques): les contacts entre la Balagne et la Toscane se trouvent en tous cas confirmés par le choix de facteurs toscans: Marracci, à La Porta, Pagnini, à Muro, Crudeli, à Speloncato...

orgue commode Saladini 1825 bl.jpg

Donc, en 1812, l’on va soigner non seulement la santé des prêtres qui officient mais aussi celle de leurs ouailles en construisant ce tambour. Quelques années plus tard, en 1821, cet ébéniste extrêmement renommé du village, Anton Giuseppe SALADINI, signe avec une fierté légitime la magnifique tribune de bois galbé en forme de conque marine, peinte la même année par Grunwaldo GRAFFINI.

1259424428.jpg

On dit au village que les deux têtes sculptées sous la tribune représentent les deux fils d' Anton Giuseppe Saladini:1377894866.jpg

1209479094.jpg

  Cette tribune marquera durablement les esprits de son temps par sa majesté et son élégance, faisant de l’ensemble tribune, buffet et orgue un chef-d’œuvre de référence qui inspirera de nombreuses autres réalisations par la suite.

Roi David SPE.jpg
musiciens volet SPE.jpg
(les volets fermés: version un peu kitsch du Roi David, peint par Grünwaldo Graffini)

 

 

l' organiste de Speloncato blog.jpg
(... et la petite Sainte Cécile de Speloncato, peinte par Graffini sur la tribune: elle joue sur un petit orgue qui ressemble grandement à l'orgue armoire de Crudeli de 1812 - voir plus haut)

   -         En 1863, Victor MARCUCCI, artisan polyvalent et qui se présente comme "Maître Encyclopédique en de nombreuses choses » (!) signe un tuyau de façade. Ce personnage étonnant a pris le temps d’écrire « trois cents livres » pour démontrer passionnément sa grande découverte : oui, c’est bien le Soleil qui tourne autour de la Terre , et non l’inverse, contrairement à ce que veulent nous faire croire des pseudos scientifiques… preuves et observations en montagne à l’appui. Il se plaint amèrement que son travail n’a pas été admis à l’exposition universelle de Paris en 1900… (cf : l’orgue corse, de Sébastien Rubellin) C’était par ailleurs un excellent ébéniste doublé d’un bon musicien : il a construit un délicieux petit harmonium en 1880, restauré et  en bon état de marche au village.

-         En 1905, Antonio de FERRARI, dernier représentant d’une famille d’ « organari » venus de Ligurie, installé à Pigna, signe une réparation importante, remplaçant la vieille soufflerie à soufflets cunéiformes par une nouvelle « machine pneumatique carrée ».

-         En mai-juin 1943, Claude HERMELIN, facteur d’orgue actif en Corse entre 1943 et 1954, réparant et entretenant dans des conditions difficiles de nombreux instruments sur l’île à une époque peu favorable au patrimoine suite à la guerre, va effectuer des travaux sur l’orgue. Il reconstruit le pédalier, recoupe les tuyaux pour les mettre au goût du jour, remet l’instrument en état de servir.

- L’orgue cesse de parler après la guerre, comme bien d’autres sur l’île. Les années passent. Les orgues de Corse souffrent d’abandon jusqu’au jour (1963) où a lieu une première résurrection, la restauration à l‘identique par Formentelli du petit orgue historique de La Porta … Un nouveau souffle va revivifier ce beau patrimoine oublié des orgues de Corse : Speluncatu à son tour se mobilise autour de son instrument et, en 1991, Antoine MASSONI va travailler, lors de sa restauration, à restituer la personnalité de l’orgue Crudeli de 1810 : il remplace la soufflerie à lanterne d’Antonio de Ferrari par deux soufflets cunéiformes de Saladini, datés de 1840 et retrouvés à Pigna.

919971716.jpg

 Il redonne à l’orgue son ancienne registration, son pédalier de huit notes, ses accessoires (rossignol et trombe dell’angelo)…

A présent l’orgue est aux bons soins de Jean-François MUNO, depuis la disparition brutale d’Antoine Massoni. Actuellement il "revisite" (euphémisme!) le jeu des trompettes.

1652032405.jpg

 

COMPOSITION

Principale, Ottava, Quintina (Quinta sopra l’ottava), Quinta decima, Decima nona, Vigesima seconda, Vigesima sesta, Vigesima nona.

Flauto dolce, Nazardo, Cornetto nei soprani (3 rangs), Cornetto nei bassi (2 rangs), Trombe nei Soprani, Trombe nei bassi, Voce umana.

Deux « trombe dell’angelo » donnant un sol et un la ;

Un tamburu et un rossignol.

209667.jpg

1933249543.jpg( ici le mécanisme du rossignol)

 

Clavier de 45 notes (DO –DO5), octave courte. A noter la largeur exceptionnelle ( 2,30 cm en moyenne) des touches du clavier. (Marcel Perez disait à ce propos qu’à Speloncato, il «  jouait  en charentaises » !). Placage des touches en buis et ébène.

707045169.jpg

Pédalier de 8 notes à octave courte. Contrabassi 16’ et Bassi 8’ obligés. Les trois dernières notes font sonner les trombe dell'angelo (sol et la). Entre ces deux touches, celle qui appelle le Tamburo (deux tuyaux désaccordés en do)

DIAPASON : 437 HZ (à 25°)

TEMPERAMENT : mésotonique.

1005582931.jpg
2022900422.jpg

CONTACTS : la mairie de Speloncato (04 95 61 59  00)

et l’organiste titulaire: Elizabeth PARDON ( 04 95 61 34 85), qui facilite autant qu'elle peut l'accès à l'instrument pour les organistes de passage...

Email : elizabethpardon@orange.fr

danseuses SPE copie.jpg

Depuis le 15 Août 1991, jour de sa bénédiction par le curé Gérard Squarccioni et du premier  récital donné par Maria Cecilia Farina (qui eut la charge insigne de faire redécouvrir leur instrument aux gens de Speloncato dans une église comble comme jamais: une fête mémorable!) , l’orgue n’a cessé de jouer en concert chaque année, recevant des organistes de grand talent : M.C. Farina  S.Vartolo, M. Perez, J. Beraza, V. Loriaut, E. Baillot, G. Harlé, J. Martin Moro, U. Forni, M. Chapuis, M.H. Geispieler, S. Rodi, C. Glaenzer, B. Dercksen, P. Brezard, S. Rodi… et des ensembles qui se sont épanouis dans la belle accoustique de l’église : Arabesco Stravagante, Cimbalata Accademia…

 

Cet orgue est régulièrement servi en situation liturgique. Il sert de support à la formation musicale pour de jeunes enfants du village. Il fait aussi partie des visites de "LA MONTAGNE DES ORGUES" au cours desquelles on l'entendra sonner.

 

Nous ne remercierons jamais assez Sébastien RUBELLIN à qui l'on doit ce travail magnifique: "L'ORGUE CORSE de 1557 à 1963" (éditions Alain Piazzola).

Une pensée amicale pour Antoine MASSONI, disparu prématurément au printemps 2003.

 

putti SPE.jpg

 

( photos d' E. Pardon).

En annexe, cette courte note sur la famille des Saladini:

 

 

Une  famille d'organiers à SPELONCATO:

les SALADINI

 

Anton Giuseppe SALADINI  nous est connu en qualité de « falegname » : Né en 1763 à Speloncato, il devient rapidement un artisan émérite et complet. En 1794 il fait une « garde-robe » pour la sacristie de Palasca et parmi les meubles qu’il a réalisés, on peut encore aujourd’hui voir celui de la sacristie de St-Nicolas de Feliceto, qu’il signe sur la corniche : ANT.JOSEPH SALADINI SPEL.AN. MDCCCXXI

En 1798 il travaille à la construction du buffet de l'orgue  de Muro, de Tomaso Pagnini, un facteur d'orgue lucquois: c'est probablement sa première approche du monde de l'orgue.

En 1810 il assiste à la construction de l’orgue de son village par le jeune facteur d’orgue Giovanni CRUDELI : il signe  avec quelque fierté en 1821 la tribune de ce bel orgue … Ce contact avec les CRUDELI, père et fils, semble déterminant pour son avenir et trace aussi celui de son jeune fils, Anton PIETRO qui signe à son tour en 1825 un petit orgue-commode : un véritable chef-d’œuvre de marqueterie.

Le goût de l’ébénisterie n’a jamais quitté la famille et nombre des descendants des Saladini continueront d’exercer ce don. En revanche Anton Giuseppe et Anton Pietro Saladini seront les seuls corses de cette époque à laisser leur nom dans l’histoire de la facture d’orgue de l’île. On peut admirer en Balagne plusieurs de ces belles tribunes en bois galbé : Pioggiola (1814), Speloncato (1821), Zilia (1831), Palasca (1833), Feliceto (1839) ...

L'atelier des Saladini jouxtait l'église, et l'on est étonné de l'exiguïté de l'espace où furent construits ces beaux instruments: la preuve, s'il en était besoin, que nous sommes là dans le monde modeste de l'artisanat. Modeste ... et fier de l'être!

signature Saladini SPE.jpg

 (la signature ostensible d'un artisan fier de son ouvrage!)

Avec Fernando Pessoa, une ode retrouvée

 Nul, dans la vaste forêt religieuse

Du monde innombrable, ne voit finalement

Le dieu de son savoir.

Seul ce que la brise emporte est ouï dans la brise.

Paillier Casta.jpg

Amour, divinités, tout ce que nous pensons

Passe, car nous passons.

(Poèmes païens, Fernando PESSOA)

Nebbiu, 23 mai, suite : Murato

MURATO, San Mieli
 avec les amis Magnan et Graziani
Sur San Michele et Murato, vous pouvez retourner sur les notes de cette année:
10/02; 15/02; 06/03; 15/03; 19/03; 22/03; 27/03; 29/03; 02/04; 05/ 04; 12/04; 29/04; 08/05 ...
8- Murato Eglise San Michele[1]..jpg
DSC08207.jpg
Les deux amis  nous attendaient de pied ferme depuis le début d'après-midi devant l'église San Michele: Pascal André et Dominique nous ont fait une présentation éloquente de l'environnement géographique et historique de cette église pisane qu'ils veillent d'un amour jaloux, et comme je les comprends! Pascal André Magnan est rompu à cet exercice; il accompagne les visiteurs quotidiennement : visite commentée en "petit train" de Muratu supranu et Muratu suttanu, de San Ghjuvanni, de San Mieli, de la Nunziata. Intarrissable conteur de son village, il accueille les nombreux touristes, attentif à les instruire " en plaçant la barre très haut", comme il dit.
 DSC08223.jpg
Il fait très chaud, certains vont pas tarder à se réfugier dans la fraicheur de l'église:
Murato récit de Tribbiera.jpg
Dominique Graziani raconte que lorsqu'il était jeune, il y avait deux aires de battage à côté de l'église: le moment venu, après "a tribbiera" (le battage du blé), il fallait veiller les tas de grains pour les protéger de la dent des ânes et autres bêtes à longues oreilles, en attendant d'engranger; au petit matin, il filait  sur la colline pour arroser le jardin: il n'était pas question, à l'époque, de tourisme...
Pour nous, grâce à nos amis, c'est un privilège de pouvoir découvrir l'intérieur de San Michele et ce qui reste de ses fresques (fin XV ème siècle)
Murato fresques blog.jpg
Il ne reste plus, malheureusement , dans l'abside, que des éléments de la scène coutumière de l'Annonciation dans les écoinçons de l'arc.
Vierge Annonciation.jpg
Ici, la Vierge en prière dans sa chambre close tendue de rouges tentures... D'autres restes de fresque apparaissent sur le mur nord, sans doute représentant St Michel Archange.
Au fond de l'église, une plaque de marbre célèbre la famille des Murati et en particulier le célèbre Achille Murati (1733-1801), compagnon d'arme  de Pascal Paoli.
Marbre commémoratif des Murati.jpg
Enfin, déposé après que la foudre tombée sur le porche l'ait endommagé, le vieux linteau de la porte d'entrée:
linteau aux paons.jpg
deux paons aux queues serties de pierres de couleur dont tenus par un personnage cental. Ce linteau semble appartenir au premier sanctuaire (Xème siècle) qui a précédé l'église actuelle de San Michele (XIIème siècle): d'autres pierres sculptées de cette première époque ont été réemployées ça et là  (voir les notes précédentes)
Un grand merci à nos deux amis Magnan et Graziani pour leur disponibilité, leur savoir et leur grande gentillesse! A bientôt!
 (à suivre)
         

28.05.2009

Nebbiu, balade du 23 mai, suite: Oletta

OLETTA: le couvent Saint François
couvent St François d'Oletta.jpg
Aujourd'hui propriéte privée, c'est l'une des plus anciennes fondations franciscaines (le 3ème de l'île au chapitre de Narbonne de 1260). Reconstruit en 1390, il va raconter l'histoire de la Corse... Les chroniques rapportent qu'au XVème siècle, le prêtre officiait avec deux pistolets posés sur l'autel: insécurité extérieure et intérieure... Plus tard le couvent va illustrer l'une des plus fortes pages des guerres d'indépendance de la Corse: plusieurs consultes s'y tiennent (1745, 1747, 1750, 1753), témoignant de l'implication du monde franciscain au côté de la jeune nation corse en gestation au XVIIIème siècle.  En 1758, Pascal PAOLI va y installer avec le soutien des moines l'imprimerie nationale: "a Stamperia della verita" d'où sortiront gazette officielle, ouvrages philosophiques, théologiques et historiques. Parmi ceux-là, la célèbre "Giustificazione della revoluzione di Corsica", l'oeuvre de l'abbé Gregorio SALVINI.
Après de nombreux pourparlers, le 15 mai 1768,  le Traité de Versailles  signe le cessation effective par la République de Gênes de la Corse à la France. Le sous-titre du traité dit précisément: "Conservation de l'île de Corse à la République de Gênes". En fait personne n'est dupe, les Gênois se savent incapables pour une longue durée indéterminée de rembourser la dette des frais d'occupation de l'île par les français .
" La République  décide alors de céder la Corse à la France à une seule condition, qui en dit long sur ses craintes, "l'étouffement total, pour ainsi dire, du peuple de Corse" à jamais confiné à l'intérieur de ses montagnes" (proposition du 4 juillet 1767: cf. Histoire de la Corse, chapitre de Fernand Ettori, éditions Privat).
Ecoutons le commentaire de Jacques Gregori (Nouvelle histoire de la Corse, éditions Jérôme Martineau):
"Que signifiait donc ce traité, sinon que Gênes vendait la Corse à la France pour deux millions de livres payables en dix ans?"
et, citant VOLTAIRE dans son Siècle de Louis XV:
" ... C'était en effet céder à jamais la Corse, car il n'était pas probable que les Génois fussent en état de racheter ce royaume; et il était encore moins probable que, l'ayant racheté, ils pussent le conserver contre toute une nation qui avait fait serment de mourir plutôt que de vivre sous le joug de Gênes. Ainsi donc, en cédant la vaine et fatale souveraineté d'un pays qui lui était à charge, Gênes faisait en effet un bon marché; et le roi de France en faisait un meilleur ... Il restait à savoir si les hommes ont le droit de vendre d'autres hommes; mais c'est une question qu'on n'examinera jamais dans aucun traité."
Toujours est-il qu'en 1768 le couvent est aux mains des français et que les moines sont forcés de l'abandonner... et qu'il retrouve aujourd'hui une nouvelle vie, laïque cette fois. Notons que l'église du couvent d'Oletta, comme la plupart des églises de couvent de Corse, était dotée d'un orgue, disparu.
CIMG0526.jpg
Notre amie Maryse Guérini, nous attendait à l'église Saint André qu'elle avait ouverte et illuminée pour notre visite: une grande et belle église, construite entre 1777 et 1810, et riche de patrimoine. Elle remplace une église plus ancienne dédiée elle aussi à san Andria, autrefois en contrebas du village ( sans doute détruite aux alentours de 1790). Quelques pierres réutilisées évoquent cet ancien sanctuaire:
Oletta tympan.jpg
dont ce tympan décoré en plat relief, au-dessus de la porte d'entrée: un vigoureux cep de vigne (qui s'en étonnera dans cette région de vignobles ? ), et, à gauche, un personnage brandissant ce qui semble être soit un poisson, soit un glaive (qui s'apprête peut-être alors à accomplir la vendange mystique: voir la note du 29/4/2009 sur ce thème à Murato); à droite de la vigne, difficilement identifiable, une sorte de tronc d'arbre orné d'une gravure serpentine et entouré d'étranges  feuilles-ailes-mains; au pied de l'arbre ainsi qu'au pied de la vigne, l'évocation d'une eau courante; enfin, cabré ou volant? un cheval ailé ...
Oletta coupole Giavarini.jpg
A l'intérieur, ce beau décor mural que l'on doit à Francescu Giavarini (signé et daté de 1817): un bon peintre corse, né à Ciamannacce, en Corse du Sud (merci à Michel Edouard Nigaglioni!). Je fréquente bien volontiers ce peintre: il a décoré la charmante église  San Salvadore de Costa (où je joue régulièrement le petit orgue restauré), peint les volets d'orgue de Corbara (1819), l'église de Cervione etc...
Oletta décor Giavarini.jpg
L'église accueille le tableau miraculeux de "Notre-Dame de la Pitié", auquel l'on attribue de nombreux miracles:
"Un jour, alors que Maria était entrain de pétrir la pâte des gâteaux de Pâques, elle s'entend appeler par son nom:
- Maria, ton fils brûle- Elle se précipite vers le berceau enflammé et étreint son fils sur son coeur"
Oletta Notre Dame de Pitié.jpg

La peinture de la Vierge avait prévenu Maria et ses yeux avaient pleuré: depuis, une fête triennale réunit les fidèles d'Oletta pour commémorer l'évènment et prier la Vierge miraculeuse. C'est même à l'occasion de l'une de ces messes, à laquelle le Père Pinelli, alors archiprêtre de Calvi, m'avait conviée pour tenir l'orgue que j'ai rencontré pour la première fois et Maryse Guérini, aujourd'hui l'organiste en titre de St André, et le bel orgue pistoiais des Agati-Tronci, de 1888:

Oletta orgue fermé.jpg
Oletta orgue registres blog.jpg
le tirage des jeux indique un instrument bien fourni... avec de nombreux "jeux de concert", anches, clochettes, banda militari... au goût de l'époque.
Oletta orgue façade blog.jpg
 Relevé par Jean-Louis Loriaut il y a quelques années, c'est un instrument qui a la chance de parler "en situation" de façon régulière sous les doigts de Maryse Guérini et sous ceux des organistes invités en concert. C'est avec plaisir que je l'ai rejoué pour les amis de Speloncato. Pendant que j'explore l'instrument et sa riche palette sonore, les amis peuvent continuer de regarder les nombreuses oeuvres peintes de l'église:
Oletta Retable.jpg
entre autres , ce Retable signé de Giovan Michele Romano (autour de 1540): la Vierge allaite l'Enfant Jésus entre Sainte Réparata et Saint André. Au-dessus, de part et d'autre de Dieu bénissant, les deux figures de l'Annonciation, Gabriel et Marie.
Ici se finit la matinée de notre balade dans le Nebbiu:
Oletta tablée amie.jpg
Après un repas sympathique sur la place de l'église,
Oletta Paul et M.F.jpg
Où Paul immortalise la pause prandiale bien gagnée et animée
CIMG0546.jpg
dicussion avec Edouard sur quelques points épineux de l'histoire de la Corse
Colette Hélène François.jpg
avec le gang des instits Marie-France, Hélène, Colette,  et notre Archiviste de Speloncato, François:  nous avons rendez-vous dès que possible en début d'après-midi avec MURATO et les amis Magnan et Grazziani...
(à suivre)

27.05.2009

San Quilico de POggio d'Oletta, 23 mai 2009 (suite) San QUILICU de POGGIO d'OLETTA

San Quilico. Poggio d'Oletta. (NEBBIO)
Nebbiu route san Quilicu.jpg
Après la cathédrale du Nebbiu, petite route divine sous les falaises de calcaire creusées d'abris sous roche, au milieu des oliviers puis des vignes: nous aurions du prendre le temps d'une rencontre avec la cave du domaine Leccia...
5- Oletta Chapelle San Quilicu.jpg
... d'autant que cette petite chapelle de San Quilico de Poggio d'Oletta, simple et élégante dans sa robe de pierres grises,  est la propriété privée de ce domaine...
san Quilicu façade blog.jpg
Sa façade lézardée,  l'état de délaissement et de dégradation (par des bombages débiles sur la façade ouest et dans l'abside en cul de four, en particulier: un nouveau style de décor qui renouvelle le genre et traduit l'évolution de nos sociétés) font craindre une aggravation de sa ruine (déjà signalée en 1845).
San Quilicu St Florent tags blog.jpg
mur latéral san Quilico.jpg
ici, le mur sud: deux fenêtres meurtrières, soulignées par une archivolte en calcaire blanc.
Cette chapelle semble avoir été construite dans la première moitié du XIe siècle (estimation de Mme Moracchini Mazel).
San Quilico Poggio d'Oletta.intérieur ouest.jpg
Le panneau indiquant la chapelle, bien en place mardi:
pancarte san Quilicu.jpg
 est tombé, sans doute heurté par un camion ... ou autre bétonneuse de rencontre.  Hélène entreprend courageusement de le redresser: les amis viennent à la rescousse.
pancarte S Quilicu.jpg
Panneau ou pas, la chapelle est bel et bien classée par les Monuments Historiques depuis le 14 novembre 1974 et  nous formulons des souhaits pour que ses propriétaires la mettent hors de danger...
Rappelons que le patronnage de San Quilico (alias St Cyr) est l'un des plus populaires en Corse (une cinquantaine de sanctuaires au Moyen-Age): enfant de trois ans, il fut martyrisé (fracassé sur les marches du tribunal) avec sa mère Santa Giulitta sous les persécutions de Dioclétien (mort en 305).
Santa Giulitta et San Quilico.Cambia.jpg
ici, la mère et l'enfant (dont on ne voit plus que les pieds) sur la fresque de San Quilico de Cambia (en cours de restauration par Madeleine Allegrini). Aujourd'hui encore le petit San Quilico est toujours vénéré en Corse:
Aregno paroisse San Quilico.jpg
comme ici: la statue du petit Quilico devant l'autel du Rosaire à l'église paroissiale d'Aregno (fêté autour du 15 juillet).
DSC08187.jpg
Le fronton ouest et sa moulure profilée accompagnant le rampant. Il accueille en son centre la croix grecque évidée, crux quadrata, qui donne sens à  la lumière  dans toutes les chapelles romanes. Rappelons aussi qu'à l'époque de sa vie active, la chapelle San Quilico desservait les deux hameaux de Casatico et de Brietta, aujourd'hui disparus. Derrière, dans l'entêtement du printemps, le parfum des genêts en fleurs.
DSC08180.jpg
(merci Colette!)
(à suivre)
(à suivre)

25.05.2009

Balade dans le NEBBIU, 23 mai 2009

23 Mai 2009
Première étape: l'ancienne cathédrale du NEBBIU à San FIURENZU. Pieve du Nebbiu.
groupe blog.jpg
 En début de matinée, le petit groupe d'amis devant la cathédrale Santa Maria Assunta du Nebbiu: Colette prend la photo...
Lion blog.jpg
Lion ...
st Florent blog.jpg
et serpents lovés gardent l'entrée du sanctuaire.
chevet blog.jpg
La façade orientale et sa douce abside: à l'époque où Monseigneur Agostino GIUSTINIANI (1470/ 1536) - l'évêque humaniste qui composera au début du XVIème siècle son "Dialogo nominato Corsica", sa Description de la Corse - avait la charge du diocèse du Nebbiu, des travaux furent engagés pour réparer la cathédrale romane édifiée entre 1125 et 1140, abandonnée par les évêques pour cause de malaria (qui sévissaient dans les marécages voisins) et d'insécurité permanente (razzias barbaresques): il semble que c'est sous Mgr Giustiniani que fut construit un clocher que l'on détruira à la fin du XIXème siècle:
Cathédrale et clocher blog.jpg
Un dessin de 1884 nous montre l'allure générale de cet ensemble Est.
Après avoir sagement tourné autour de la cathédrale, les audio-guides loués à l'Office de tourisme de St Florent vissés aux oreilles, pour voir les modillons sculptés des façades,  nous voici à l'intérieur: une même impression de lumineuse douceur habite l'ensemble.
cathédrale choeur blog.jpg
Ici, le choeur, avec son décor de stucs et de fresques...
cathédrale fresques.jpg
... fresques dégagées par Madeleine ALLEGRINI, lors de ses travaux de restauration dans l'église sous un décor de stucs du XVIIIème siècle: " Il est certain que tout le choeur de la cathédrale conserve des peintures; mais ces fresques sont encore sous les stucs." (Joseph Orsolini: L'art de la fresque en Corse de 1450 à 1520")
autel et colonne blog.jpg
... les décors de stucs baroques s'intégrant sans lourdeur dans l'édifice roman, rythmé par l'alternance de ses colonnes cylindriques et de ses piliers carrés délimitant les trois nefs. Les chapiteaux des quatre colonnes portent des sculptures animalières, des coquilles d'escargot:
chapiteau lion blog.jpg
(ici lion et bélier)
Chapiteau serpent blog.jpg
(là serpents et cercles concentriques)
 Au fond de l'église, côté Sud, un autel accueille St Flor en sa chasse dorée:
St Flor.jpg
 En voici l'histoire:

LA FÊTE TRIENNALE DE LA PRÉCIEUSE RELIQUE DE SAINT FLOR.

" Cette fête qui est célébrée à Saint-Florent, tous les trois ans, le lundi de la Pentecôte, honore la relique de Saint Flor. Elle date de la fin du XVIIIe siècle. Monseigneur Guasco, évêque du Nebbio, de 1770 à 1773, désirant donner à son diocèse, selon les mœurs religieuses de l'époque, une sainte relique, demanda au pape Clément XIV, de lui donner la dépouille d'un soldat martyr romain du IIIe siècle, ensevelie dans les catacombes Saint-Sébastien à Rome, avec la fiole de son sang, indice de son martyr. Le pape donna son accord au responsable d'un des plus anciens évêchés de la Corse.

La dépouille du martyr chrétien fut exhumée et soigneusement rangée dans une chasse de bois de cèdre doré, après avoir été parée de sa tunique brodée aux perles fines, de sa couronne de fleurs et de sa palme de martyr, ainsi que de ses attributs guerriers, car le martyr, un jeune de 15 à 16 ans, avait été un soldat du Christ (d'où la statue du soldat Romain).

Transportée par voie de mer, du port d'Ostie en Italie, en Corse, la chasse contenant la dépouille du martyr, fut débarquée sur la plage de la Marana, près de l'ancienne cathédrale de Mariana, appelée la Canonica.

Là, l'attendaient Monseigneur Guasco, tout le clergé du diocèse de Nebbio et une foule de fidèles de la région de Borgo, du Nebbio et de Saint-Florent.

Après une halte à la Canonica, la chasse du Saint fut transportée à bras d'hommes, en empruntant les sentiers muletiers qui sillonnent la région, depuis Borgo jusque dans la région du Nebbio et de Saint-Florent.

Cela se passait le lundi de la Pentecôte 1771 .

La relique avait été baptisée du nom patronymique de Saint Flor. Les initiales inscrites sur la chasse peuvent être interprétées ainsi : Clément à Saint Flor Martyr (CSFM).

La réception de la Sainte Relique à Saint-Florent, donna lieu sans doute, à une fête grandiose et la chasse fut placée sur le petit autel situé à l'extrémité Est de la nef de droite, coté Sud.

L'évêque du Nebbio institua ensuite la fête de Saint Flor, qui sera désormais célébrée, tous les trois ans, le lundi de la Pentecôte, sous les ornements rouges, propres à la fête de Pentecôte et aux fêtes des martyrs de la chrétienté.

Depuis cette époque, la fête de Saint Flor attira à Saint-Florent une foule de fidèles, venus de toute la région du nord de l'île. Le saint y était vénéré, comme l'avait souhaité Monseigneur Guasco.

Par la suite et près d'un siècle après l'intronisation de ce saint dans la cathédrale Sainte-Marie du Nebbio, la fête de Saint Flor, qui ne cessait d'attirer les foules, fut rehaussée à l'initiative de la municipalité de Saint-Florent, qui en fit une fête patronale de la ville.

Dans sa délibération en date du 6 mai 1877, le conseil municipal, désireux de donner un éclat particulier à la fête patronale de Saint Flor qui, cette année-là sera célébrée le 21 mai , décide d'inviter la musique du 55e de ligne de Bastia pour concourir à la solennité de cette fête. Ainsi s'instituera cette tradition qui est encore observée de nos jours, du concours d'une musique et d'une fanfare lors de la célébration de la fête triennale de Saint Flor.

Pour donner un éclat toujours plus populaire à cette fête, la ville se pare ce jour-là, aux deux entrées de l'agglomération et à l'intérieur même de celle-ci, de plusieurs arches de verdure, de banderoles, de guirlandes colorées, souhaitant la bienvenue aux pèlerins et rendant hommage à Saint Flor.

Autrefois, les villageois pavoisaient leurs fenêtres et les rues empruntées par la procession du Saint, avec leurs plus beaux voiles brodés, les couvre-lits aux couleurs chatoyantes, les tapis et les draps blancs sur lesquels on épinglait les fleurs de la saison : roses, géraniums, marguerites jaunes, glaïeuls des champs, épis de blé, etc. Cela donnait un véritable air de fête, et certains s'ingéniaient même à composer des paniers pleins de fleurs qui, souvent au moment du passage de la chasse du Saint, lors de la procession laissaient tomber, au milieu de la rue, une pluie de pétales de roses et de menues fleurs colorées, en hommage à la Sainte Relique.

Une autre tradition, tombée aujourd'hui en désuétude, consistait à confier à un poète, la composition d'un poème de quatorze vers en deux quatrains sur deux rimes et deux tercets qu'on appelle sonnet.

Ce sonnet était un hommage à Saint Flor et à Saint-Florent. Il était dédié à une dame de la cité que le curé avait choisie comme marraine de la fête.

Après l'office célébré en la cathédrale du Nebbio, la chasse du Saint était portée à bras d'hommes, en procession, aux accents rythmés de la fanfare, jusqu'à l'église Sainte-Anne, ou elle était exposée à la vénération des fidèles. Un nombreux clergé assistait le curé de la paroisse, lors de cette cérémonie.

On a souvent la tentation facile d'assimiler Saint Flor à Saint-Florent. Même si aucun document n'atteste de cela, Saint-Florent (San Fiurenzu), avec Saint Vendemial, fait partie des 46 évêques africains exilés en Corse par les Vandales autour des années 496-523, pendant le règne de Thrasamund.

Dans la région, outre le travail de forestier auquel il fut condamné, il contribua à l'évangélisation des populations locales qui plus tard lui rendirent hommage. Une autre thèse consiste à dire que Saint-Florent aurait subi le martyr en Afrique et que sa relique fut placée dans un sanctuaire cimetérial non trouvé à ce jour, par les mêmes évêques, qui voulurent ainsi vénérer particulièrement un des leurs.

Au VIIIe siècle, suite aux menaces des Maures, la relique de San Fiurenzu fut emportée par l'évêque Titien, à Trevise (Vénétie) ou elle fait l'objet d'un culte fervent et dont on célèbre la fête, en même temps que celle de Saint Vendémial.

La chasse de Saint Flor a été restaurée en 1988 par l'ébéniste bastiais Richard Buckland. Au cours des travaux, ce dernier trouva cinq documents signés d'un certain Paoli glissés dans les plis du coussin sur lequel reposait la tête du martyr. On parla d'un mystère. Il ne s'agissait en fait que de simples reçus de sommes d'argent versées à l'église par ceux qui cultivaient les terres lui appartenant, comme celle de Montfiascone à Santo Pietro di Tenda, alors ensemencée en blé. Cependant on ne saura sans doute jamais, pourquoi ces documents avaient été placés là.

Sous la chasse de Saint Flor se trouve une lourde dalle. Cette dernière obstrue l'entrée du créneau qui donnait accès à la crypte située en-dessous du chœur de la nef centrale.

Après la petite porte d'entrée, coté Sud, l'autel dédié à Sainte Flore (Santa Flora) dont la légende remonte au Ixe siècle, à l'époque ou les Maures furent convertis au christianisme dans la région. Sa fête était célébrée par le chapitre de la cathédrale le 1er mai. Une tradition légendaire invitait les fidèles à sentir la violette sur le mur extérieur droit de l'autel de Sainte Flore, dès le 30 avril au soir, après les Vêpres, jusqu'au lendemain 1er mai.

Plus loin, scellé sur le mur, le marbre porte le témoignage des travaux réalisés en 1715, dans le palais épiscopal proche de la cathédrale, par Nicolas Gaetan Aprosio, évêque du Nebbio.

" Nicolas Gaetan Aprosio, concitoyen et successeur dans l'île, restaura, agrandit et acheva en 1715 cette maison épiscopale irrégulière, abandonnée et tombant en ruines que Jacobus Ruscone, évêque du Nebbio, avait érigée depuis les fondements en 1615. L'an 1715 ".

L'évêque Aprosio est né le 18 août 1682. Il fut envoyé tout d'abord à Dresde, puis nommé évêque du Nebbio, en 1713. Il créa des écoles, s'occupa des pauvres, secourut les infirmes et acheva la maison épiscopale, commencée par un de ses prédécesseurs, l'évêque Ruscone. Il est considéré comme un évêque exemplaire. Il mourut en 1730. Un tableau, peint à l'huile, le représentant, est conservé dans la cathédrale de Ventimiglia.

On trouve ensuite une inscription lapidaire du XVIe siècle. Il est relevé que :

Jean Usodamare, gouverneur de la Corse, du 10 janvier 1572 au 9 mars 1573, fils de Méliaduce, lui-même ancien gouverneur de l'île, donna l'ordre d'ériger près des parois de Sainte-Marie, un monument (tugoriolum) de pardon et d'oubli des haines passées.

Il n'existe plus de trace de ce monument.

Une dernière inscription figure juste au-dessus du bénitier en marbre blanc, datant du XVIIe siècle, posé sur un socle calcaire. Cette inscription est dédiée à :

Paolo Imperiale Terrili (de Terrilli ?), noble génois, d'une grande bonté, qui fut commandant de la place forte. Son oncle paternel, Jacobus (Jacques) a érigé cette plaque à sa mémoire en l'église de la Vierge Mère, en 1529. "

Texte fourni par le Syndicat d'initiative de Saint Florent

 

    Façade ouest cathédrale.jpg

(la façade ouest)

Nous reviendrons sur cette belle cathédrale, si lumineuse dans ses pierres de fin calcaire blanc, en vraie fille de cette région géologique exceptionnelle pour la Corse. En attendant, voici ce qu'en dit  notre inspecteur des Monuments historique, Prosper MERIMEE, dans ses Notes d'un voyage en Corse ( avril 1840). Il est à St Florent le 2 octobre 1839:

"ANCIENNE CATHÉDRALE DE NEBBIO

    Voici encore le type de la Canonica reproduit avec de très -légères modifications dans l'ancienne cathédrale de Nebbio, près de Saint-Florent. Même plan et presque mêmes dimensions, même absence de voûtes et de contreforts, même arcature sur les faces latérales, même motif d'ornementation pour l'apside. Il faut noter la forme des fenêtres un peu moins étroites que celles des églises précédentes. Des colonnes légèrement fuselées, alternant avec des piliers carrés, séparent les trois nefs de la basilique. Les chapiteaux des colonnes sont historiés, d'une médiocre exécution, mais les reliefs ont une saillie inusitée; les piliers n'ont que des tailloirs sans ornements; un seul se fait remarquer par des moulures bizarres qui se recourbent aux angles, de façon à figurer une espèce de crochet.
     La façade, mieux conservée que celle de la Canonica, mérite seule quelque attention. Elle offre, en quelque sorte, l'image d'une coupe transversale de l'édifice. Un fronton un peu moins surbaissé que les frontons antiques surmonte les murs de la nef centrale, qui s'élèvent au-dessus des collatéraux et s'y relient par une corniche rampante. Ainsi, l'on peut distinguer dans cette façade deux étages. L'inférieur présente cinq arcades figurées en plein cintre; celle du milieu, plus élevée que les autres, percée d'une porte carrée, séparée d'une fenêtre ou d'une espèce de tympan à jour par un épais linteau de pierre. Tous ces pilastres ont des chapiteaux, la plupart historiés, représentant des animaux fantastiques, un lion, des serpents entrelacés, etc. Dans le tympan des deux arcades qui répondent aux bas-côtés de la nef, on remarque quelques ornements, des étoiles, des cercles incrustés dont la couleur verte se détache du blanc éclatant de l'appareil. C'est un rapport de plus avec la Canonica. A l'étage supérieur il n'y a que trois arcades figurées, celle du milieu contenant une grande fenêtre en plein cintre. Au-dessus, une meurtrière en croix occupe le centre du fronton.
     Les sculptures qui ont quelque saillie, l'emploi de colonnes, l'élargissement des fenêtres, sont autant d'indices qui me font regarder cette église comme plus moderne que la Canonica. Je ne la crois pas antérieure à la fin du XIIe siècle.
     Trompé par des renseignements inexacts, je m'attendais à trouver, à Saint-Florent, des reliquaires anciens; mais je n'y vis qu'une châsse toute moderne, envoyée de Rome, et contenant un squelette revêtu d'un habit de guerrier romain (vrai style d'Opéra), tout couvert de mauvais oripeaux et de verroteries. Ce sont les reliques de saint Florus qui, en compagnie de sainte Flore, a le patronage de la ville de Saint-Florent. Tous les deux sont fort vénérés dans le pays, et quelques stylets rouillés, quelques pistolets hors d'état de faire feu attestent les conversions qu'ils ont opérées.
     Au nord de l'église, et près d'une porte latérale, on me fit remarquer trois trous qui traversent le mur irrégulièrement. Il me semblait que c'était le résultat d'une distraction des ouvriers qui avaient bâti le mur. Toutefois ces trous sont en grande réputation. Tous les ans, le jour de la fête de sainte Flore, ils exhalent une odeur de violette. Le fait rapporté par Ughelli ( Italia Christiana, tome IV)  me fut attesté par le maire et le curé de Saint-Florent qui m'engagèrent à bien flairer les trous susdits, m'avertissant que je ne sentirais rien du tout, ce qui se trouva parfaitement vrai."

Prosper Mérimée, Notes d'un voyage en Corse (avril 1840).

Faut-il faire un commentaire?

Avant de quitter l'ancienne cathédrale du Nebbiu, prenons le temps de regarder ce beau tombeau dans son dialogue silencieux avec  Santa Maria Assunta:

2-Tombeau St Florent.jpg

 (à suivre)

15.05.2009

sortie pédagogique à la découverte de l'orgue en Castagniccia

Ce mardi 12 Mai 2009...
classe Folleli.jpg
Sur l'invitation du Collège de Casinca et de sa dynamique Emmanuelle Marini, professeur de musique, les enfants de cette classe de cinquième ont pu découvrir en ma compagnie le monde un peu mystérieux de l'orgue: après une séance de présentation illustrée de photos et animée de questionnements divers sur l'histoire de l'orgue en général et sur le patrimoine actuel des orgues en Corse, toute cette joyeuse troupe a fait une première halte à Piedicroce. Pour certains qui n'ont jamais trop eu la possibilité de bouger de Folelli, c'était une occasion festive de rencontrer non seulement les orgues mais aussi cette Castagniccia montagneuse et ses belles églises (et ses virages...). Un plongeon dans un autre temps et dans la verdure des châtaigniers enfin feuillus.
Bastia Piedicroce Spinola blog.jpg
(Dans le décor foisonnant de l'église baroque de Piedicroce, le doyen des orgues de Corse,
 sa belle façade, et ses volets ouverts ornés de rinceaux dorés sur fond bleu)
à Piedicroce.jpg
Les oreilles et les yeux grand ouverts, les enfants ont pu découvrir une partie du mécanisme du vénérable instrument de Piedicroce, orgue que le maître Giorgio SPINOLA construit en 1619 pour la cathédrale Sainte Marie de Bastia (voir la note sur l'orgue de Piedicroce) et transféré en 1842 à l'église Saint Pierre et Saint Paul de Piedicroce par le facteur d'orgue corse Anton Pietro SALADINI. C'est l'orgue le plus ancien de Corse en état de jouer, restauré par Alain SALS en 1985, un instrument prestigieux même s'il a aujourd'hui besoin d'un relevage...
orgue piedicroce tirage de jeux.jpg
(le tirage des jeux)
orgue piedicroce pédalier copie.jpg
(le pédalier)
Pouvoir le toucher, l'écouter, le dessiner, l'appréhender dans un contact direct fut pour les jeunes de Folelli le privilège de cette journée. Merci à Madame le Maire qui nous a permis cette découverte en ouvrant grand ses portes! Une jeune fille originaire du village était toute fière de montrer son patrimoine,  son église. Il y a de quoi!
Verdèse village.jpg
(le village de Verdèse, l'un des plus beaux de Castagniccia)
Puis ce fut le tour de Verdèse, dont l'accès a donné quelques émotions à la conductrice du car (qui s'est fort bien débrouillée sur ces petites routes étroites du parcours): je ne dirai jamais assez combien ce village est cher à mon coeur, tant l'accueil y est chaleureux. La jolie église Saint Sébastien au décor charmant et agréablement restauré, accueille ce petit orgue:
orgue Verdèse ouvert.jpg
(l'orgue de Verdèse, de la firma AGATI-TRONCI, 1896)
... un petit orgue bien vaillant, avec ses clochettes et ses timbres robustes, restauré par Barthélémy FORMENTELLI en 1985.
Verdèse confréries.jpg
Les enfants ont pris conscience, ici, de l'organisation solidaire des confréries d'autrefois... C'était là aussi l'un des buts de cette journée de découverte du monde rural de la Corse: une solidarité dont ils peuvent maintenant comprendre le sens en ces jours d'insécurité... Nous venons d'apprendre que la France est entrée ce matin dans la récession: bienvenue au club!
La petite route qui va nous conduire de Verdèse à La Porta, en passant par Polveroso et Croce, ne manque ni de charme ni de surprises... Il eqst plutôt rare d'y voir circuler un car...
Enfin, c'est La Porta:
La Porta église.jpg
( La Porta: l'église et son célèbre campanile )
La Porta blog.jpg
Dans son décor en trompe-l'oeïl de peintre architecte Domenico BAINA (l'auteur de la façade de l'église et du campanile), le petit bijou de l'église de la Décollation de Saint Jean-Baptiste de La Porta (voir la note du 03/ 06/ 2007)
orgue la porta, clavier, jeux.blog jpg.jpg
Construit par le religieux lucquois Benedetto MARACCI en 1780 probablement pour le couvent de Casabianca tout proche, transféré sous la Convention à La Porta, restauré en 1963 par Barthélémy FORMENTELLI, c'est un merveilleux instrument de taille modeste mais très raffiné dans sa facture. Un texte écrit au-dessus du clavier dit:" si tu ne me vois pas,  au moins écoute ma voix"...
La Porta tirage des jeux blog jpg.jpg
(le tirage des jeux, unique en Corse)
C'était là la dernière visite de cette journée pour les enfants de Folelli.
Verdèse devant l'autel.jpg
Je les embrasse tous!

Piedicroce, l'orgue historique

L’ORGUE DE PIEDICROCE (CASTAGNICCIA).

Eglise Saint Pierre et Saint Paul.

1 Piedicroce volets fermés blog.jpg

Construit en 1619, c’est le doyen des orgues historiques de Corse.

Avant d’être installé , 1842 dans la magnifique église de PIEDICROCE, cet orgue était à la Cathédrale  Sainte Marie de BASTIA. En 1619, le Maître Giogio SPINOLA, facteur d’orgue génois, construit un nouvel orgue pour la Cathédrale en remplacement d’un orgue plus ancien qui existait déjà en 1571.

En 1636, l’orgue de Spinola est déjà en mauvais état et la Magnifique Communauté de Bastia décide de confier la restauration de l’orgue à un facteur d’orgue romain , Messire Brutus VISCHEA, qui se trouve alors à Bastia. Après ces travaux, l’orgue semble donner pleinement satisfaction… jusqu’au jour où, en 1661, la cathédrale est frappée à plusieurs reprises par la foudre, entraînant un incendie dévastateur : «  l’éclair venant du campanile plongea dans la voûte de l’église et passa dans l’orgue, qu’il mit sans dessus dessous ainsi que beaucoup de ses tuyaux ; il brûla l’ornementation de l’orgue, et la rompit en tout petits morceaux ; toutes les fenêtres furent ébranlées par cette grande secousse, et réduites en miettes ; ensuite, de l’orgue, l’éclair s’enfonça dans le sol. Les ornements du buffet furent détruits, et après une forte secousse qui brisa toutes les fenêtres du chœur, l’orgue s’écroula sur le sol ».*

Restauré peu de temps après par l’organier SANTALUCCIA, l’orgue continuera sa vie  liturgique à Sainte Marie… jusqu’au moment où la Ville de Bastia décide de faire construire un nouvel orgue « au goût du jour », et commande aux frères SERRASSI un instrument prestigieux et beaucoup plus important pour sa Cathédrale. On confie alors, en 1842, à Anton Pietro SALADINI, célèbre facteur d’orgue originaire de Speloncato, le soin de restaurer l’ancien orgue de Sainte Marie de Bastia et de le transférer dans l’église Saint Pierre et Saint Paul de Piedicroce où il se trouve aujourd’hui.

 

Grâce à la restauration d’Alain SALS (1975/1985), le bel orgue de Piedicroce est aujourd’hui le seul instrument conservant des éléments du 17ème siècle : façade, buffet, sommier, Principale, Voce umana, Nazardo …

*Cité par Sébastien Rubellin dans : « L’Orgue Corse, de 1557 à 1963 », édition A. Piazzola.

DESCRIPTION

ET COMPOSITION

 

 

e181936de803dcde2d91799ac7fec69f.jpg

La caisse du buffet, en châtaignier, est fermée par deux volets de toiles peintes :ouverts ils montrent un élégant décor bleu et or du XVIIIe  siècle, repeint par-dessus l’ancien décor du XVIIe siècle. Fermés, les volets, repeints au XIXe siècle, illustrent le Roi David et Sainte Cécile, les saints patrons de la musique.

On peut aujourd’hui admirer l’ordonnance esthétique de cette façade exemplaire, constituée de cinq plates-faces de 5-9-5-9-5 tuyaux en étain, dont les écussons sont en ogive. Deux ensembles d’ « organetti morti » (des tuyaux décoratifs et muets) finissent d’animer cette composition typique du XVIIème siècle. Lors de la restauration, en 1975, Alain SALS a restitué la majorité de la tuyauterie du XVIIème siècle, extrêmement fragile, et refait à l'identique les 98 tuyaux qui avaient disparu.

Le grand fronton au-dessus du buffet porte les lettres signalant la dédicace à la Vierge Marie  : « A.M. », pour Ave Maria.

Le sommier à registres coulissants, est probablement celui du XVIIe siècle.

Le clavier, avec octave courte selon l’usage ancien, à l’origine de 45 notes, a été agrandi par SALADINI de 5 notes dans les aigus.

Depuis sa restauration (1975/1985) par Alain SALS, le doyen des orgues corses parle aujourd’hui pour les fêtes du village et lors des concerts.

COMPOSITION:

Principale - Ottava - Decima nona - Vigesima secunda - Vigesima sesta -

Cornetto Soprani (2 rangs) -  Cornetto Bassi (2 rangs)

Nazardo - Flauto in ottava - Voce umana

jeu de bassi (16’ et 8’).

Tempérament mésotonique (avec 6 tierces justes).

88502f9c3cab5ba88e5675e147f8290f.jpg

(détail des frontons de touche: lors de son transfert à Piedicroce, Anton Pietro Saladini a augmenté l'étendue du clavier de cinq notes dans les aigus.)

orgue piedicroce tirage de jeux.jpg
(le tirage des jeux et, au clavier, l'augmentation des touches dues à Saladini)
43dc62970459e74300c21d684970fa1a.jpg
(le pédalier, à octave courte, comme il se doit)

La surabondance des décors baroques, fresques, stucs et marbres qui envahissent cette grande église baroque de saint Pierre et Saint Paul de Piedicroce, édifiée en 1691, manifeste assez l'ancienne richesse de ce village, aujourd'hui plus dépeuplé qu'alors. C'est ici que l'on peut admirer le doyen des orgues corses.

Campé sur sa légère tribune de bois à claires-voies ornée de trophées musicaux réhabillés au XIX ème siècle sans trop de ménagement, le rose saumon et le bleu caeruleum recouvrant les verts d'origine ce magnifique instrument est pourvu de deux grands volets de toile peinte. Madeleine ALLEGRINI, lors de leur restauration a constaté plusieurs strates de décor : les lauriers ocres et verts du XVII ème siècle ont cédé la place, sur les volets intérieurs, à des feuilles d’acanthe qui épanouissent depuis le XVIII ème siècle leurs arabesques dorées sur un fond bleu intense. La belle façade caractéristique de SPINOLA, avec son ordonnance en cinq plate faces et ses deux séries d’organetti morti (tuyaux ornementaux, non postés), conjuguée avec les rinceaux dorés des volets ouverts donne beaucoup de majesté au vieil orgue. Au siècle dernier, on a rajouté un fronton bleu et fleuri où trône le monogramme de la Vierge (AM). Fermés, les volets font apparaître Sainte Cécile et le Roi David (les saints patrons de la musique) déclamés à nouveau au XIXème siècle par un pinceau quelque peu emphatique. La théâtralité redondante de ce décor est alors renforcée par la présence de lourdes volutes végétales, repeintes à la même époque, enroulées de chaque côté du buffet.

Depuis son transfert en 1842, le vénérable instrument tient désormais compagnie à la foule des Saints et des Anges qui peuplent l’église paroissiale de Piedicroce.

Piedicroce orgue copie.jpg

 

 

11.05.2009

Défense du service public

 Un moyen de défendre les services publics: le référendum.

Le président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Michel Vauzelle (PS), a lancé une pétition en ligne demandant
l'inscription dans la Constitution d'une charte des services publics garantissant le droit pour tous à des services publics
de qualité et de proximité.

Cette pétition, accessible depuis le 15 avril sur le site 
www.referendum-servicespublics.fr
<http://www.referendum-servicespublics.fr> affirme qu'on ne peut pas affaiblir les services publics sans affecter gravement la République .


En effet les services publics sont non seulement un avantage pour notre pays dans la compétition internationale mais aussi un instrument irremplaçable de protection des citoyens,qui garantit les principes d'égalité et de solidarité nationales. Ils sont au cœur des valeurs et de la devise républicaines.


Le député des Bouches-du-Rhône juge donc plus que jamais nécessaire de les défendre en inscrivant dans notre Constitution une charte des services publics qui proclame solennellement l'attachement du peuple français à ces principes
essentiels de la République.

 


Il faut 4,4 millions de signatures pour obtenir un référendum: c'est possible si chaque mail permet d'obtenir plusieurs signatures...
Merci de faire suivre à vos contacts.

Toutes les notes