21.04.2009

fin d'élagage d'avril

 

L'acrobate entre deux branches...

 

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Nous tremblons mais Jean-Paul assure.

 

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Le début de la fin

 

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... chute maitrisée! L'été décidément sera chaud.

 

 

 

 

 

20.04.2009

Pieve de Giovellina: Torre di Monte Albano et a Tribuna

Toujours ce lundi de Pâques 2009: l'après-midi, sous Prato di Giovellina

 

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En début d'après-midi, descente depuis le village de PRATO pour tenter de retrouver les vestiges de "a Tribuna". Un beau sentier plonge sous les chênes: nous avons regardé d'en haut dans ce large et magnifique paysage la douce colline où s'est implantée cette tour carrée que l'on voit de loin, la tour de Monte Albano, et quelle que soit la bonne direction pour "a Tribuna", nous ferons le crochet par la tour... Sa consolidation et sa valorisation ont fait l'objet d'un chantier de la FAGEC, relaté par une émission des "Racines et des Ailes" en février dernier.
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La tour a fière allure, solidement campée sur une base pyramidale au sommet d'un mamelon isolé. Depuis la tour, le regard porte à 360° tout autour, vers Rescamone, Supietra (la première fortification des Amondashi: voir la note précédente) d'Omessa, le San Pedrone, les sommets de Castagniccia de Tenda,  les aiguilles de la Giovellina... A vol d'oiseau, on est à 3 km au Sud-Est du château de Serravalle que nous venons de quitter...  Cette construction carrée datable du XV° ou XVI° siècle (cf. Cahier Corsica 214) avait probablement une vocation de guet et non de défense: du haut de cette tour, on pouvait voir de loin les mouvements de troupes et dans la lutte engagée à cette époque contre les incursions des Barbaresques responsables de tant de malheurs en Corse, cette Torre stratégique a sans doute permis la transmission de l'information par des signaux de fumée. On suppose qu'au XI° siècle se dressait déjà à cet emplacement une première résidence des ancêtres des Amondeschi...
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De l'intérieur: Prato et les aiguilles. (merci Anna!)
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Détail de l'intérieur: une meurtrière.
De retour au pied de la colline, nous nous engageons sur un sentier en direction de notre but convoité: a Tribuna... Parcours admirable qui nous conduit progressivement au coeur d'une dense végétation arborée, sans autres indications que des panneaux "Réserve de chasse" clouées aux arbres, confirmés par une impressionnante abondance de douilles au sol... Les sangliers doivent connaître ces sentes mieux que nous et nous ne tardons pas à perdre la trace d'un véritable chemin. Cela fait un moment que nous n'avons plus de repères visuels dans le paysage. Nous nous dirigeons "à vue de nez", saluant les restes de murs, les ruines de maison comme autant d'indications de notre approche.
Le  chant d'un ruisseau, nous attire au fond d'un vallon, nous pressentons que nous approchons...  Et soudain, alors que le découragement gagne un peu les troupes, de l'autre côté du ruisseau, c'est la divine surprise:
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Sur une sorte de petit plateau au-dessus de la rivière, les ruines de la Tribuna, au milieu de ce qui nous est paru nulle part, mais qui semble  avoir été une bourgade romaine (cf "Les églises romanes de Corse" de Geneviève Moracchini Mazel, p. 300: je suis récompensée d'avoir porté cette bible dans mon sac à dos!). Dans une note (p.30), G. Moracchini-Mazel dit ceci:
"C'est dans ces parages, soit au pied des aiguilles de Giovellina, que nous chercherions volontiers les traces d'un sanctuaire païen dédié à Giove (car Giovellina vient, dit-on, de Giove); en effet ce massif montagneux est si impressionnant qu'il a dû être consacré aux divinités depuis les temps les plus reculés, et, en bonne logique, au maître des dieux, à l'époque romaine."
Continuité du sacré.
A dire vrai j'aurais aimé trouver aussi les ruines de l'ancienne église piévane de Giovellina, San Cervone, située non loin de là. Ce sera pour une prochaine visite.
Ici, nous sommes donc sur le lieu nommé "la Pieve" (ancien cadastre de Prato, en 1848) , mais aussi "a Tribuna" (appellation locale).
Une nef unique avec une petite abside à l'Est.: la façade et les murs se dressent encore dans leur appareil malheureusement dépuillé à de nombreux endroits de leurs belles dalles de parement de granite, arrachées et récupérées ...
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La porte d'entrée occidentale: sous l'arc, un linteau monolithe de schiste vert, provenant d'un édifice précédent, sans doute d'époque préromane, porte un décor  d'entrelacs gravés encore visibles.
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L'abside et les restes de maçonnerie d'un mur de clôture, disposition indiquant peut-être une organisation judiciaire particulière, évoquée par le terme de "tribuna".
Nous attendons avec impatience la publication du deuxième volume de CORSICA SACRA  , de Geneviève Moracchini-Mazel, qui évoquera certainement ce lieu particulièrement intéressant de la Corse romane et féodale.
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Je vous quitte pour aujourd'hui avec cette image des restes d'arcatures décoratives de l'abside, retrouvées lors des fouilles...
Je vous rassure: grâce à la gentillesse de dames rencontrées par hasard sur le bord de la route qui nous ont ramenées à nos voitures (en fin de journées nous étions à une douzaine de kilomètres par la route de notre point de départ), nous n'avons pas eu à bivouaquer sur le petit plateau de la Tribuna... Une journée bénie!
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17.04.2009

Corse féodale, Pieve de Giovellina: lundi de Pâques 2009

Balade mémorable ce lundi de Pâques 2009: Serravalle  (première partie: le matin)

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Sous la houlette de Colette et en compagnie wallonne (Françoise), flamande (Anna), néozélandaise (Judith), franco-vietnamienne (Hélène), la visite du site de Serravalle en cette matinée au teint brumeux: petite mise en jambes pour enfin retrouver ce Castellu qui domine le village de Piedigriggio: lors des parcours de la Montagne des Orgues concernant la Giovellina et le Cortenais, j'ai toujours plaisir à faire découvrir la petite église St Michel (qui abrite un orgue en fonction) et son abside romane visible de l'extérieur, avec ses belles pierres roses, les mêmes que nous retrouverons sur le château de Serravalle.

Nous sommes ici au centre de la Corse. Pour rejoindre Serravalle: depuis Ponte Leccia, se diriger vers Corte sur la N 193; à 2 km, prendre à droite la D 18 vers Piedigriggio (une petite route fort belle, avec, pour fond de paysage, le massif des Aiguilles de Popolasca). Au premier carrefour, prendre à gauche vers Popolasca et 2 km plus loin, on trouve - il faut être attentif, car le panonceau est au sol - l'indication du sentier qui grimpe tranquillement jusqu'au castellu. Il vaut mieux faire cette petite balade en dehors des grosses chaleurs de l'été...

 

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Une enceinte défensive polygonale construite en moellons de granite liés à la chaux, rosés commes les rochers de la colline. Murs percés d'archères, abritant une belle tour carrée de près de 8 m de haut: il n'y a pas d'accès aujourd'hui à l'intérieur de ce donjon qui comportait, au rez-de-chaussée, une citerne voûtée.
Fief des seigneurs Amondaschi.
Voici ce que nous en dit Giovanni della Grossa (cité p. 150 dans le CAHIER CORSICA 214 (2004) sur le castello de Serravalle à Piedigriggio : je vous invite à retrouver ce cahier présenté par Geneviève Moracchini-Mazel qui comporte de nombreuses informations concernant les travaux de consolidation menés à Serravalle il y a une trentaine d'années - chantier débuté en 1979 en collaboration avec l'Union REMPART sous la direction de Michel Simonin - et des documents historiques comme toujours fort éclairants):
"(...) [Ugo] donna ensuite à Amondo Nasica, Avoglino [Giovellina] avec tout le bassin du Golo; et c'est cet Amondo qui a donné son nom aux Amondaschi (...) ". (...) Aux Amondaschi obéissaient tous les pays situés sur les deux rives du Golo. Cet Amondino se révèle un chef puissant et ambitieux, dépouillant de nombreux autres seigneurs de leurs fiefs au prix de longues guerres tant dans le Delà que dans le Deçà des Monts( en Cinarca, Vico, Talcini, Canonica de Mariana, Casinca, jusqu'à Lavasina).  A la mort de ce chef, la discorde s'installe et le pouvoir acquis par les armes s'effondre progressivement.
Cette famille des Amondaschi, d'après Giovanni della Grossa, était en conflit avec les Pisans, alors "gérants" de l'île, et ils auraient fui le castellu de Supietra (Omessa) et se seraient établi en Giovellina, élevant ce château - stratégique pour le centre de la Corse - de Serravalle.
Je cite à nouveau ce cahier, p. 147:
"(...) Serravalle est situé en amont de Ponte-Leccia (...) sur un mamelon, à 550m d'altitude environ, dominant le village de Piedigriggio et commandant la vallée en haut de laquelle se trouve Popolasca.
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(du haut des murs de Serrevalle, le village de Piedigriggio)
   Il présente un intérêt stratégique relativement grand, puisque, par la vallée qu'il verrouille, on peut se rendre aisément dans le Niolo (...) de même que dans la pieve de Caccia (...).
   De plus, du castellu on peut, par des signaux visuels, mettre en communication les trois villages de Piedigriggio, Prato et Popolasca.
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(côté ouest, depuis Serravalle, au fond, niché sous les Aiguilles de la Giovellina, Popolasca. Au premier plan, le printemps des euphorbes)
   Notons enfin que le "château" est complété par une tour située au-dessous du village de Prato, sur le Monte Albano, et qui interdit l'accès de la vallée aux gens pouvant venir de Francardo."
(Texte de D. Geromini, publié dans la revue Corse Historique, 1964, n°13-14)
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(un pan du mur d'enceinte et ses meurtrières)
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(Paroi Nord: on aperçoit les restes d'une échauguette;
 pierres rougeâtres du castello et rochers de même couleur)
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(du côté des "appartements" présumés des seigneurs)
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(la tour carrée: le revêtement en pierres taillées blanchâtres ne laisse pas de prise; à la base du donjon, les murs sont aveugles)
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(et pour accueillir les intrus malveillants - et il y en a eu depuis le début du XI° siècle! , l'une de nombreuses meurtrières)
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 (Hélène, Judith et Anna devant le mur d'enceinte)
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Mission accomplie: merci Colette! Le reste de la journée m'incombe: le soleil émerge miraculeusement des nuages, tous les espoirs sont permis pour aller à l'aventure cet après-midi: je propose d'essayer de trouver un chemin pour rejoindre ce lieu mystérieux et qui m'intrigue depuis longtemps, sous PRATO de GIOVELLINA: "a Tribuna". Avec pour seuls biscuits (non des moindres!) les deux volumes sur la Corse romane (hélas épuisés) de Geneviève Moracchini-Mazel et une carte IGN. Entre le Château de Serravalle et "a Tribuna", une relation, semble-t-il de pouvoir et de juridiction féodale.
(à suivre)

10.04.2009

Sepolcri de la Semaine Sainte

A propos des Sepolcri de Corse (réactualisation d'une note de mai 2008)

 

 

(un sepolcru populaire, fleuri et placé en situation pour la Semaine Sainte)

Parmi les objets de la dévotion populaire les plus extraordinaires et les plus touchants pour moi, il est un patrimoine particulièrement menacé par l’abandon des coutumes religieuses : c’est celui des sepolcri peints que l’on créait pour célébrer la Semaine Sainte  dans les villages. Contrairement aux séries des Chemins de Croix peints à partir de la prédication en Corse de San Leonardo da Porto Maurizio, en 1744, et qui sont encore visibles aux murs de nos églises  – pas toujours en ordre, ni en très bon état, sauf lorsque la communauté a décidé de les faire restaurer et les réutilise "en situation" – les sepolcri, eux, survivent cachés, souvent mal entreposés, victimes de leur destination passagère:  conçus pour mettre en scène la Passion dans l'église dès le Jeudi Saint , délimitant une sorte de chapelle ardente -le sepolcru ou reposoir -  par des toiles peintes qui seront démontées et disparaîtront le Dimanche de Pâques. Décors éphémères, donc, peints sur des supports relativement grossiers et peu apprêtés, à l’économie, décors d’autant plus fragiles que manipulés chaque année à cette période…

 

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En Castagniccia, un sepolcru peint par Francescu CARLI (ici le Jugement de Pilate et le portement de croix).

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(l'arrestation de Jésus au Jardin des Oliviers et la flagellation)

 

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 Deux panneaux articulés à taille humaine composent une partie de ce sepolcru dont l’entrée était gardée par ces deux soldats peu commodes.   

                                                                            

Les anciens dans les villages me le disent tous et se souviennent: lorsque enfants,  ils traversaient de nuit, la main serrée dans celle de leur mère, l'obscurité de l'église  pour aller prier devant le sepolcru, la terreur s'emparait d'eux à la rencontre de ces guerriers menaçants montant la garde devant cette chapelle ardente  éclairée par les lampes à huiles et les cierges crépitants… Emotion religieuse mêlée d'effroi, tissée de chants et de prières murmurées. De même qu'on ne laisse jamais un mort sans compagnie avant son inhumation, de même l'usage était de veiller Jésus après son agonie: Jésus et nos morts se bercent comme on berce les petits enfants, à voix douce, avec tendresse et instinct.  

 

 

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 ... sale tête, non? C'est l'Autre ( dans l'iconographie méditerranéenne "le Maure",  "le Turc", "le Juif", bref, délit de sale tête oblige, ce n'est pas nouveau...), le féroce envahisseur qui razzie, massacre, ou le mécréant au service du Mal, de l'injustice etc...

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et son collègue, redoutable centurion d'opérette, fièrement campé jambes écartées...

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gardant cette scène de la déploration du Christ (Anonyme, début XIXe). Peinture forte, et même si non conforme aux bonnes règles, efficace: au premier plan, les personnages jouent leur partition dramatique, nous happent dans leur communion muette et véhémente de la douleur autour du Christ mort: nudité rigide du Christ, Marie la Mère, les bras largement ouverts sur la pire souffrance du monde, compassion et chagrin du disciple aimant, Jean, larmes silencieuses de la femme à la chevelure flamboyante, Marie-Madeleine , commentaire du choeur des saintes femmes drapées de bleu sombre, tout est en place. Derrière eux, une surprenante montée du Golgotha avec le portement de croix égréné à petits traits nerveux le long de la pente...

Dans cette petite église de la Ghjuvellina se jouait - et se chantait - naguère une Passion à laquelle participaient tous les gens du village, jeunes et vieux, réactualisant le sens des mystères du Moyen-Age: j'ai rencontré là-bas le dernier ange de cette passion, un ange de quatre vingt dix  ans passés... Ce vieux monsieur reste aussi le dernier protagoniste de l'extraordinaire carnaval de ce village où se vivait un véritable rite de printemps: musique et danse pour faire renaître la vie.

 En Corse la présence du chant est indissociable de la ferveur religieuse et pour moi toutes ces peintures ont une voix.

Parmi les chants les plus répandus, accompagnant ce type d'iconographie l'on pourrait entendre la lamentation douloureuse du Stabat Mater :

 

"Stabat Mater Dolorosa

Juxta crucem la crimosa

Dum pendebat filius

Cujus animam gementem

Contristatam et dolentem

Pertransivit gladius

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(ailleurs, F.Carli)

O quam tristis et afflicta

Fuit illa benedicta

Mater Unigeniti!

Quae moerebat et dolebat

Pia Mater dum videbat

Nati poenas inclyti

Quis est homo qui non fleret

Matrem Christi si videret

In tanto supplicio?"

 

 Nous sommes pris à témoin par ces sepolcri :  compassion devant un drame universel, bien au-delà de la religion,

ou plutôt en amont, partage humain de cette douleur-là trop bien expérimentée par tous. Fonction libératrice du partage de la douleur.

"Santa Madre, questo fate,

Che le piaghe del Signore

Siano impresse nel moi core !"

(refrain populaire du Stabbat Mater)

 

 

Résonnance. Reconnaissance. Lien communautaire. Surtout lorsque ces sepolcri font l'objet de la Cerca visites déambulatoires entre communautés voisines, ou entre confréries comme c'est encore le cas pour certaines régions de Corse.... Pas d’échappatoire: nous voilà acteurs de cette dramaturgie Non pas invités à un festin esthétique.

 

 

 

Autre chose m'apparait de plus en plus clairement: chaque communauté a développé et interprété sa dramaturgie: les mêmes paroles du Perdonno mio Dio, ou du Stabbat Mater seront chantées différemment que l'on soit à Vescovato,  Speloncato,  Calvi,  Costa,  Olmi Cappella, Bonifacio, Sartène,  Patrimonio ... les déambulations - "et comment faites-vous ça, chez vous?"- , les représentations des Chemins de Croix ou des sepolcri  ne seront jamais identiques et pourtant le fond reste le même, puissant, archétypique, faisant tressaillir quelque chose au plus profond de nous, quelque chose qui appartient au monde spirituel et non à celui de la muséographie.
Ici, on aura mieux gardé tels chants. Ailleurs, on a perdu les chants mais on a préservé les rencontres entres communautés le jeudi et le vendredi saint. Là-bas on va renouer les fils "de la tradition" (elle a bon dos, la tradition!) en se réinventant une mise en scène en sons et lumières , qui du reste comblera de bonheur les touristes de Pâques: quoi qu'il en soit, même sous les éclairages les plus agressifs et dans les scénographies les plus relookées,  ces Passions "jouées" dans les villages continuent d'entrouvrir un univers symbolique où s'incarne l'énigme...
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(Francescu Carli: élément de sepolcru en Balagne)

 Deux panneaux articulés à taille humaine composent une partie de ce sepolcru dont l’entrée était gardée par deux soldats peu commodes.   

 

03.04.2009

coupe de printemps à la gare

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Jean-Paul à la tronçonneuse et passage de la "bourreuse" entre deux élagages: les pauvres abeilles vont être privées un bon moment de leurs fleurs d'eucalyptus et les oiseaux de leurs nichoirs favoris... L'été sera chaud!

nos artistes de la Réunion

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sous l''oeïl critique de Lia
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Mona crée...
... et maman Flore passe l'éponge!

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