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29/04/2011

le Monte Revincu, ce lundi de Pâques

Nous partons aujourd'hui à la découverte du petit dolmen à couloir de Celluccia, que je ne connais pas encore, au sommet du Monte Revincu: trois cabrettes en cavale ...

... et  les pierres qui signent les hommes, sous la pluie ...

 

Avant tout, je signale - pour ceux qui ne l'auraient pas - l'excellent article dans le numéro de février de STANTARI: "Aux origines du mégalithisme en méditerranée".

Vous pouvez également le retrouver en ligne:

  1. www.cg2b.fr/cg2b/agriate/stantari_2011.pdf

 

Ainsi que le compte-rendu de la première journée de l'Agriate, le 22 novembre 2008 :

www.agriate.org/documents/Journée%20Agriate%202008%20compil.pdf

 

Vous y trouverez tout ce que vous devez savoir sur l'ensemble de ce site extraordinaire, ainsi que de fort belles photos aériennes très parlantes.

 

 

pancarte blog.jpg

En ce lundi de Pâques, donc, nous devrions passer entre les tirs militaires, sinon entre les cornes des vaches et taureaux en libre vagabondage ...

Je cite ( compte-rendu de la journée du 22 novembre 2008 ):

" Le Monte Revincu

Franck Leandri

Direction Régionale des Affaires Culturelles

Etude réalisée avec le concours de1 : Franck Leandri1, Christophe Gilabert1, Christophe Jorda2 , Maëva Assous-Plunian3, Céline Bressy 4, Lucie Chabal5, Frédéric Demouche6, François- Xavier Le Bourdennec7 , Serge Muller8, Nadia Federzoni9, Kewin Pêche-Quillichini4, Charles Pinelli13, Hélène Paolini-Saez 10, Gérard Poupeau 7, Marc-Antoine Vella 11 , Julia Wattez 12 .

1 1 MCC et LAMPEA- UMR 6636 (Univ. de Provence et CNRS), 2 UMR 5059, 3Université de Paris IV, 4

LAMPEA- UMR 6636 (Univ. de Provence et CNRS), 5 UMR 5059 et 154, 6Musée de Préhistoire corse de

Sartène , 7UMR 5060, 8ISEM, Université de Montpellier-2., 9Université de Corse., 10Association laboratoire

régional d’archéologie, 11 Université de Corse et Université de Paris IV., 12UMR 5140 CNRS, ASM, science du

sol et archéologie, 13 Association les amis des Agriate.

L’établissement Néolithique du Monte Revincu est localisé au nord de la Corse à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Bastia. Il tient son nom d’une montagne culminant à près de 356 mètres dominant la plaine de Casta. Le site est implanté au sommet et au pied de cette montagne. Les recherches ont révélé sur 4 secteurs, disséminés sur une dizaine d'hectares une cinquantaine d’aménagements architecturés à vocation domestique ou funéraire, attribués pour la plupart au Ve millénaire av. J.-C.

C’est dans le secteur de la Cima-di-Suarella, un petit plateau surplombant le paysage vallonné que se concentrent les vestiges d’habitat. Une trentaine de structures dans un remarquable état de conservation y ont été découvertes. Elles sont délimitées au sol par des dalles disposées de chant et contiennent parfois un ou plusieurs niveaux de radiers constitués d’un empierrement relativement soigné. Ces structures présentent également des dispositifs de calage contre les dalles ou de trous de poteaux. Des cloisonnements ou des juxtapositions de compartiments quadrangulaires ont été observés sur certaines d'entre elles. La mise en évidence, grâce notamment à l’étude micromorphologique, de probables niveaux de sol contenant des restes d’aménagements en terre permet d’approcher la restitution précise d’unités domestiques. Les datations radiocarbones ainsi que le mobilier lithique et céramique, permettent de les situer dans le dernier tiers du Ve millénaire. A proximité de ces unités domestiques, on retrouve également au moins 3 structures qui, de par leur morphologie, pourraient se rapporter à une utilisation funéraire. L’ensemble des informations architecturales et chronologiques plaide en faveur d’une organisation trouvant tout son sens dans l’association entre aménagements domestiques et funéraires. La surface et la lourdeur de ces implantations au sol illustrent un ancrage territorial et peut-être un véritable essor démographique qui peut correspondre à la sédentarité d’une communauté et à la mise en place d’un véritable village. Une approche environnementale permet d’apprécier le territoire parcouru et exploité en synchronie avec le site et de retracer les influences que société et milieu ont pu exercer l’un sur l’autre.

Ce site permet de compléter la connaissance du mégalithisme en Méditerranée, sur son émergence et son évolution. Trois dolmens et plusieurs coffres funéraires, tous attribués au Ve millénaire avant notre ère par des analyses C14 et grâce au mobilier qu’ils contenaient ont été recensés sur le site. Les dolmens sont parmi les plus significatifs de l’île puisqu’ils conservent les arases de tumulus qui devaient les recouvrir. Au final ce travail rend une image plus fiable du mégalithisme corse, peut-être un peu flatteuse car avec les recherches récentes menées dans le sud, à Cauria, l’île apparaît comme un des premiers foyers d’émergence du mégalithisme méditerranéen occidental, si ce n’est le premier, en concordance avec les grandes architectures du mégalithisme de la façade atlantique. Parallèlement aux travaux de fouilles, a été entreprise une démarche environnementale qui consiste à définir par une étude paléogéographique les processus d’évolution, d’adaptation et de relation entre espace naturel et espace anthropique de manière diachronique. L’objectif premier de l’intervention s’appuyait sur la reconnaissance de phénomènes permettant d’évaluer le potentiel d’interrelations entre les sociétés et leur milieu. Dans ce cadre, ont été recherchés les secteurs offrant des séries stratigraphiques suffisamment puissantes et renseignées d’un point de vue chronologique, pour être interprétées. Les premières observations ont montré une faiblesse extrême de la couverture sédimentaire et la rareté de secteurs en cours d’érosion : le milieu est demeuré stable d’un point de vue hydrosédimentaire. Cette étude a été pour l’instant plus particulièrement dirigée vers les périodes les plus anciennes de l’utilisation anthropique du site. Cette étude s’appuie sur la réalisation d’un système d’information géographique (SIG) encore en cours d’amélioration qui repose sur le croisement de plusieurs types de données. Grâce à cette démarche nous disposons d’un large panel d’informations aussi bien sur les potentialités agricoles de la région (espaces utiles, zones de pâturages, réseau hydrographique etc…) que sur les axes de communication traditionnels (cheminements, sentiers, chemins pastoraux, axes de transhumances etc…). Le croisement de l’ensemble des données grâce aux SIG nous permet d’apprécier la perduration possible de certains phénomènes liées à des réalités géographiques et environnementales dont ont sait aujourd’hui qu’elles n’ont pas ou peu évoluées. De même il donne les moyens d’apprécier le maillage des sites, son évolution et par conséquent la pérennité de certains lieux d’occupation, de passages marqués par les mégalithes. La représentation 3D permet d’optimiser la visualisation des résultats.des recherches sont entreprises pour mieux comprendre la transformation de l’environnement des Agriate depuis les périodes préhistoriques jusqu’à nos jours. De plus des prospections permettent de se faire une meilleure idée sur l’évolution du peuplement. L’ensemble des données est en cours de mise en forme grâce notamment à un système d’information géographique. Ces recherches pluridisciplinaires viennent de faire l’objet d’une présentation dans le cadre du colloque de préhistoire récente de Périgueux.

Depuis 1995, ce gisement est propriété du conservatoire du littoral, des communes de Santo-Pietro-di-Tenda et de San-Gavino-di-Tenda. Les fouilles devraient permettre de rassembler la documentation nécessaire à sa mise en valeur. Certains monuments ont fait l’objet de reconstitutions 3D qui ont été intégrées dans un documentaire produit par la société bastiaise ISI Production et France 3 Corse, en partenariat avec la CTC ; ce film régulièrement diffusé sur FR3 et la chaine Via Stella a reçu le second prix du festival du film documentaire archéologique d’Amiens.

Le conservatoire du littoral et les communes ont clairement exprimé leur volonté de présenter à un large public ce gisement classé au titre des Monuments historiques depuis 1887. Le Monte Revincu est situé dans une région riche en vestiges mégalithiques (menhirs, statues-menhirs, dolmens etc…) qui pourraient compléter la visite dans le cadre d’un itinéraire des mégalithes du Nebbiu et des Agriate. Un cahier des charges devrait être rapidement présenté par un comité de pilotage qui sera mis en place très prochainement.

Cette démarche devrait être réalisée en concertation avec la CTC."

 

 

 

Quelques images de ce site toujours aussi puissant: la pluie fait lever les parfums et les couleurs des myrtes, cistes, lavandes, orchidées, bruyères, asphodèles, férules ...

le chemin pour y arriver blog.jpg

le chemin pour y arriver: nous allons grimper jusqu'au sommet du Revincu, là-bas, au fond du paysage

 

... en cheminant, quelques  alliens ...

épaves militaires.jpg

 

" Il est actuellement déconseillé de se rendre sur ce gisement qui se trouve dans les abords du champs de tir de Casta nord. L’armée, locataire des parcelles attenantes au site devrait quitter l’endroit et le dépolluer à très court terme." (compte-rendu, idem).

Bon. Ce n'est pas encore nettoyé ...

trace militaire.jpg

fleur de culture


orchidée.jpg

et orchidée sauvage

 

 

 

montagne du Revincu blog.jpg

Il va falloir grimper là-haut ... de la grimpette de chèvres au milieu du maquis odorant,  baveux ( les cistes!), fleuri et piquant

chèvres 3.jpg

justement, rencontre avec une famille de chèvres (et de leur bouc)

chèvres 1 détail.jpg

curieuses, comme nous, et libres!

coffres.jpg

en chemin, les premiers aménagements et coffres: toujours saisissants. Notre vieille humanité, ancrée dans le sol, et les paroles envolées.

 

casa di l'Orca blog.jpg

 et "a Casa di l'Orca", toujours aussi accueillante ... pour les bergers d'il y a peu.

colette et le cairn.jpg

Colette nous mène, avec un sixième sens pour repérer les cairns: pas de sentier visible ...

ouf!.jpg

ouf! les sécateurs sont de sortie. Chantal fait semblant de souffrir!

arrivée sur le site de Celluccia.jpg

enfin, l'arrivée au sommet du Monte Revincu ... et le site de Celluccia. Emotion

dolmen et menhir de Celluccia.jpg

le petit dolmen de Celluccia et, dans son prolongement, le menhir qui lui est associé

dolmen de celluccia.jpg

 le dolmen de Celluccia, sans sa dalle supérieure, mais avec son couloir  et son tumulus: daté du dernier tiers du V° millénaire ...

Ici nous partagerons notre nourriture avec les morts du lieu

le menhir de Celluccia.jpg

et son menhir,

menhir de Celluccia et St Florent.jpg

planté comme un amer dominant St Florent

Chantal, 1m 59 !.jpg

Chantal a pris la pose, du haut de son 1m 59!

cima di suarella.jpg

 Au retour, nous voici sur le plateau de a Cima di Suarella, avec ses vestiges associant habitats des vivants et rites funéraires : sur les fouilles et leur résultat, voir le Stantari de février/avril 2011 ...

casa di l'Orcu, de loin.jpg

 et, un peu plus loin en-dessous, la maison de l'ogre ...

a casa di l'orcu blog.jpg

le dolmen dit "a Casa di l'Orcu", qui a , hélas, servi assez récemment de point de mire pour les tirs d'artillerie ...

Un temps gris qui s'enfonce dans le mystère et le sacré du lieu.

Sous la pluie battante,  honorant les morts: férules vigoureuses, blanches asphodèles, lavandes sauvages et herbes tendrelettes ... Le parfum des myrtes est étourdissant.

 

mégalithisme en corse,monte revincu,cima di suarella,dolmen de celluccia

A côté du dolmen, cette petite construction en réemploi .

 


 

 

 

mégalithisme en corse,monte revincu,cima di suarella,dolmen de celluccia

 Merci aux jeunes biquettes de m'avoir accompagnées là-haut, même si nous avions des têtards dans les chaussettes.

C'était magnifique!

et vivent les appareils photo étanches!


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10/10/2010

Gaubert: recherches sur les origines de la Corse par les Monuments

Je vous transmets, grâce à l'amie Jéromine Boussard (Campa in Altiani) cet extra-ordinaire document que je viens de découvrir:

"GAUBERT, Dessins pris sur place de 1886 à 1889, Recherches sur les origines de la Corse par les Monuments"

A ouvrir sans modération sur le site:

www.coggia.com/

Aller sur ARCHIVES

Bravo à l'auteur de cette mise en ligne! Cela dit, on aimerait en savoir un peu plus sur ce Gaubert et sur son aventure en Corse.

Très étonnant, même si les dessins ne sont pas toujours très fidèles, et si les monuments décrits avec le savoir d'un homme curieux de l'époque ont évolué - certains, hélas, vers une ruine avancée ...

27/09/2010

Sur le plateau de Cauria

CAURIA, avec Philippe JACCOTTET

Cauria plateau et chardons blog.jpg

Coriaces, drues, dressées au matin d'automne, les chardonneuses sentinelles du plateau de Cauria.

Veille:

 

Et puis en silence tournés vers le soleil levant, i stantari. Contemplation. 

"Poids des pierres, des pensées

 

Songes et montagnes

n'ont pas la même balance

Nous habitons encore un autre monde

Peut-être l'intervalle"

Cauria Stantari regard vers l'est blog.jpg

 (...) En fait, de toutes mes incertitudes, la moindre (la moins éloignée d'un commencement de foi) est celle que m'a donnée l'expérience poétique; c'est la pensée qu'il y a de l'inconnu, de l'insaisissable, à la source, au foyer même de notre être. Mais je ne puis attribuer à cet inconnu, à cela, aucun des noms dont l'histoire l'a nommé tour à tour. Ne peut-il me donner aucune leçon, hors de la poésie où il parle -, aucune directive, dans la conduite de ma vie ?

 

Cauria stantari face blog.jpg

Réfléchissant à cela, j'en arrive à constater que néanmoins, en tous cas, il m'oriente, du moins dans le sens de la hauteur (...)

 

Cauria le Dolmen blog.jpg

 

(La plus haute espérance, ce serait que tout le ciel fût vraiment un regard)

 

Philippe JACCOTTET: Eclaircies, dans Paysages avec figures absentes. NRF Gallimard.

17/07/2010

Brève du Purgatoire: Santa Maria di Rescamone

Les pierres qui signent ...
 
commune de Valle di Rustinu,
la Pievanie de Santa Maria et San Giovanni Battista di Rescamone, anciennement diocèse d'Accia
Petite chronique d'un pillage récurrent ...
Rescamone en arrivant blog.jpg
Jeudi dernier, toujours le même frémissement de joie et d'inquiétude lorsqu'on découvre ce site, trop isolé, trop délaissé, livré à l'âpre imbécillité humaine: il y a quelque temps, lors d'un parcours avec des amis, nous avions surpris des malfaisants armés de "poêles à frire", s'acharnant à explorer le sol du site dans l'espoir de gagner les énièmes trois sous au détriment de la connaissance archéologique ... Pris sur le fait, et coincés par un jeune de la mairie que nous avions pu alerter, les pilleurs s'en étaient retournés piteux, la queue (de la dite poêle). basse .. mais se promettant sans doute bien de recommencer à la première occasion ...
Rescamone l'église sta Maria blog.jpg
Ce site exceptionnel raconte beaucoup sur l'implantation de la christianisation à l'intérieur de l'île, puisque les fouilles menées par Geneviève Moracchini Mazel ont révélé que cette église romane succède à un sanctuaire paléochrétien comportant une basilique à trois nefs et un petit baptistère, visible ici au premier plan (la construction de briques protège la petite cuve baptismale cruciforme).
Je vous renvoie, si possible, au cahiers Corsica 98/99, publiés en 1982 par la Fagec, qui relatent les fouilles menées par G.Moracchini Mazel dès 1956, et au riche ouvrage "CORSICA SACRA" écrit et publié il y a quelques années par G. M. M.
Rescamone à l'intérieur du baptistère blog.jpg
Le  baptistère octogonal et roman qui jouxte l'église, le plus grand de Corse, a été victime, comme l'ensemble du site, des glissements de terrains qui l'ont conduit à la ruine. Tel qu'il est aujourd'hui - heureusement consolidé par des piles de renforcement lors les travaux archéologiques successifs de G. Moracchini Mazel - ce baptistère reste impressionnant, dans la solitude paisible du lieu.Rescamone arcature baptistère blog.jpg
 il a conservé en place par endroits son arcature ...
 
Rescamone arcs prêts à être volés blog.jpg
...mais  malheureusement d'autres arcs  depuis des années à l'abandon,  gisaient au sol ... prêts à être volés. Comme tant d'autres belles pierres et dalles réutilisées à droite et à gauche: voilà une carrière bien commode!
Pour orner quoi donc ? Voyons voir ? Un chic salon? Une cheminée de style ? Formidable, chère madame, vos murs d'un goût exquis et vos amuse-gueule aussi!
 A chacune de mes visites, donc,  je les comptais, ces pauvres pierres soigneusement taillées au XIIème siècle pour célébrer la naissance à la vie chrétienne ...
L'inévitable s'est produit: ce jeudi 15 juillet, ils n'y étaient plus. Dont acte.
(à suivre)

23/07/2009

Nouvelle brève du Purgatoire, San Giovanni de Corté

Le 22 Août 2007, je publiais une brève du Purgatoire un peu désespérée:

Avis de recherche du « cheval psychopompe » ….

 

 
5d71f7f8ed9e46c85e34d047c38fabe1.jpg

Depuis tous ces siècles, immobilisé (et "christianisé" ?) sous l’antique abside en cul de four d’une importante église pievane  de Corse, le cheval passeur des âmes du fond des âges a-t-il  rompu ses entraves pour reprendre librement son errance nocturne dans notre inconscient archaïque?

Trop de visiteurs incontrôlés ou pas assez d’engagement responsable ? On nous a répondu récemment qu'il valait mieux que le patrimoine ancien retourne sous les ronces pour y être préservé. Voilà une bonne solution pour ne pas s'embarrasser avec toutes ces vieilleries qui polluent notre espace et freinent le PROGRES!

Hier, en fin de journée lors de notre parcours dans la Vallée de l'Asco, Ghjuvellina et Cortenais, nous avons terminé ici, sur le site de San Giovanni, sur la commune de Corté:

Copie de juillet 2006 ruisseau, fourmis 005.jpg
En cette fin d'après-midi, dans le calme et la lumière, le baptistère et la grande église piévane en deshérance...

juillet 2006 ruisseau, fourmis 008.jpg

Hier je n'avais pas l'appareil photo, je le regrette! L'état général du site s'est dégradé depuis ces photos (2007). La porte cadenassée du baptistère a été défoncée, des poubelles gisent au sol, une colonne brisée a été déplacée. Un tel vandalisme imbécile dépasse l'entendement et l'inertie des autorités en charge de ce haut lieu historique de la Corse est incompréhensible.
Rappelons tout de même ce qu'est ce site de San Giovanni Battista de Corté, classé M.H. en 1968:

Dans la vallée du Tavignano, dans un espace majestueux et largement ouvert sur les montagnes environnantes, peut-être sur l'emplacement de l'antique ville romaine de Venicium, à quelques mètres  à peine du Palazzu ( maison forte) du semi mythique Comte Ugo della Colonna, le héros de la Reconquista de la Corse lors de la croisade contre les Maures au début du IX° siècle, ce site fut probablement déjà occupé dès la préhistoire:  la colline du Poggio dello Palazzo (dont Madame Moracchini Mazel pense que le sommet ést couronné d'une triple enceinte mégalithique)  disparait aujourd'hui sous la végétation et l'on ne peut même plus distinguer les vestiges du Palazzo. Voici, juxtaposés,  l'église-mère et le baptistère de la Piève de Venaco : fouillée en 1956/58 par Mme Moracchini Mazel, l'église préromane dont il reste la belle abside en cul de four et la base des murs, des piliers séparant les trois nefs, et le baptistère de plan tréflé, recouvert d'une charpente et d'un toit de lauzes. Notre ami Etienne Jacquemin, hier, rappelait que le relevage du baptistère fut l'oeuvre de l'Armée, alors propriétaire des lieux ... Ces deux édifices, leur appareil archaïque (pierres cassées au marteau, utilisation d'un mortier  de chaux, de tuffeau)  et leur décor de bandes murales à la façon des églises lombardes permettent d'estimer leur construction du début du IX° siècle... Comme souvent on retrouve là la permanence de l'occupation humaine sur un site sacré, vestiges mégalithiques, nombreux éléments de tuiles et poteries romaines réemployés dans la maçonnerie des deux édifices...

Le petit "cheval psychopompe" disparu, c'est désormais un peu de l'âme du lieu qui nous qui me manque.