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15/11/2012

Flore de l'Agriate: annonce de la 5ème journée de l'Agriate

 

5 ème journée de l'Agriate consacrée à la flore


Je relaie bien volontiers cette information transmise par Isabelle

Guyot, chargée de Mission pour l'Agriate: 


" Le Département de la Haute-Corse, le Conservatoire du littoral et l'association 'les amis des Agriate' ont le plaisir de vous annoncer que la 5ème journée de l'Agriate se déroulera le 24.11.2012 à partir de 10h30 au camping de l'Ostriconi et sera consacrée à la flore du territoire (voir affiche en  pièce jointe).

Seront abordées :
-        les plantes aromatiques et leurs principaux usages, avec Stéphanie Orsini de l'Association "Fior' di vita", et Stan Leclercq et Julien Fauconnier de l'Association balanine d'agroécologie "Una Lenza da annacquà", qui feront sur place une distillation d'huile essentielle de lentisque,
-        les espèces endémiques, les plantes protégées, la flore d'intérêt patrimonial et les plantes introduites (et invasives) du site avec Alain Delage du Conservatoire Botanique National de Corse (Office de l'Environnement).

Une petite randonnée est prévue à partir de 13h30 pour découvrir la flore des dunes et des zones humides du site.

Pour les personnes souhaitant participer à l'intégralité de la journée, il faut prévoir un pique nique, des chaussures confortables et si possible des bottes pour la traversée des cours d'eau."

 

Ifana détail ensemble bâtiments.jpg

Isabelle Guyot me confirme par ailleurs, suite à la récente note sur la ferme d'Ifana,  que " le Conservatoire du littoral a l'intention de remettre en valeur ce beau site, avec l'installation sur place d'un agriculteur (...), et pour cela actuellement un groupe d'architectes et dingénieurs travaillent au projet de restauration des bâtiments."

Voici des informations réconfortantes!

(à suivre)

 


 

27/10/2012

Agriate: la ferme d'Ifana

 

Dans l'Agriate en cet automne 2012

une (chaude!) balade

à la rencontre de la ferme génoise d'Ifana

Agriate Colette explique.jpg

avec les fidèles amies Colette, Chantal et Hélène ...

livre Casta 1 .jpg

 

Tout d'abord, je signale ce petit ouvrage précieux et charmant , écrit par un amoureux des Agriate, Jean-Michel CASTA et accompagné de bien jolies illustrations de Fabien SEIGNOBOS - publié par le Conservatoire du Littoral, Actes Dud/ Dexia Editions. Le Conservatoire du littoral a acquis depuis 1979 5.514 hectares, dont 35 Kilomètres de côtes qui sont désormais protégées et surveillées.

Je vous renvoie, pour la présentation de l'Agriate, improprement nommé " Désert des Agriates", à quelques sites . Le premier, daté de 2007,  établit le diagnostic de cette région et c'est certainement l'approche la plus pertinente  pour quiconque souhaîte découvrir et comprendre en profondeur cette magnifique région et la politique difficile de sauvegarde d'un patrimoine exemplaire :

 www.agriate.org/documents/diagnostic_agriate0307.pdf -


 
fr.wikipedia.org/wiki/Désert_des_Agriates

et à quelques notes du blog qui concernent le mégalithisme de la région:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2009/06/19/monte-revincu-et-chiesa-nera-14-juin-avec-colette-chantal-et.html
 
http://elizabethpardon.hautetfort.com/trackback/3304402
 

Ce jour-là, nous avions décidé d'aller visiter ou revisiter la ferme d'Ifana, en partant du Domaine de l'Ostriconi sur la N 1197   ...

Agriate en chemin.jpg

En ce mois d'octobre, les pluies ont eu le temps de réveiller la nature de sa torpeur estivale. Journée chaude, en dépit de ce milieu d'automne : le ciel un peu voilé fait chanter les verts dans ce vaste paysage de collines et de montagnes.

 

L'Oriu.jpg

En chemin, cette occupation forte: 

l'oriu de près.jpg

un oriu,

intérieur oriu.jpg

habitation troglodyte aménagée dans un abri sous roche,

utilisée par les anciens agriculteurs venus de Balagne ou du Cap Corse de la fin du printemps jusqu'à l'automne (après labours et semailles),  puis par les bergers en transhumance d'hiver. Elle nous raconte la vie ancienne dans l'Agriate, une vie rude sur des sols souvent pierreux et revêches , un peuplement nomade,  riche d'activités qu'il nous faut à présent imaginer: s'il reste encore quelques bergers, les nombreux petits cultivateurs d'autrefois ont disparu. Les incendies cataclysmiques ont détruit une partie de cette région autrefois si cultivée qu'elle avait reçu ce nom d'Agriate (ager, le terrain cultivé ou cultivable): à partir du moment où la nécessité vitale ne maintient plus les hommes sur leur territoire, la désertification commence et les jours de grand vent, les feux peuvent déferler à leur aise ... Ce qui fut le cas du dernier grand incendie de 1992, massacrant faune et végétation . Depuis la vie a repris, mais les arbres cultivés ne se sont pas renés de leurs cendres,

 

pause.jpg

laissant désormais la place aux oliastres, au maquis,

aux chasseurs et aux randonneurs ...

Agriate arbousiers.jpg

festin de couleurs : les arbousiers fleurissent et fructifient

Agriate pagliaghji.jpg

deux pagliaghji ( pailliers) au bord de la piste, avec le toît arrondi, caractéristique de la région.

Agriate Ifana de loin.jpg

 après deux petites heures de marche à travers la solitude du maquis, des cystes, des arbousiers, des oliastres, d'une végétation opiniâtre et généreuse resurgie au lendemain du feu,  saine,  sobre, libre,  cavalcadant sur la pierraille, ô combien odorante ...
et soudain, au loin,

Agriate ferme d'Ifana.jpg

 la voilà, imposante, orgueilleusement dressée en son vallon, sur son territoire organisé, maîtrisé, scandé de murs, d'enclos, de jardins, planté d'oliviers, de fruitiers ...

Agriate ferme d'Ifana détail.jpg

la ferme génoise d'Ifana et ses dépendances,

la maison dIfana.jpg

Construite au XVII° siècle pour répondre à la politique génoise de développement de l'agriculture, la ferme d'Ifana sera tout d'abord gérée par la famille aristocratique génoise des Spinola: " Ceux-ci s'engageaient à développer la culture du blé, de la vigne et de l'olivier, ainsi qu'à bâtir ou à consolider les tours littorales" ((J.M. Casta, " Les Agriate", opus cité plus haut). L'histoire du domaine d'Ifana suit l'histoire de la Corse: après 1769, confisqué sous l'Ancien Régime, balloté entre bien national ( sous la Révolution) et propriété privée, il finit, et cela est heureux, par être acquis par le Conservatoire du littoral,

bergerie et maison acec les 2 C.jpg

qui a déjà mis la toîture des deux principaux bâtiments hors d'eau, la grande maison de maître et la bergerie.

 

Agriate bergerie Ifana.jpg

la somptueuse bergerie, surmontée d'un étage où logeait le berger,

 

Agriate Bergerie Ifana intérieur.jpg

longue de ses 25 m, avec ses arcades et sa voûte basse dit assez l'opulence du domaine.

Ifana l'orme.jpg

Devant la façade de la grande demeure, un vieil orme, miraculé des feux,

le vieil orme.jpg

distille sa lumière à travers un  feuillage encore bien vivace,

le vallon d'Ifana à travers l'orme.jpg

résiste et veille sur le vallon : oliviers eux aussi rescapés des flammes...  murs, douceur d'un paysage travaillé au long des siècles.

le four à pain ensemble.jpg

près de la maison,

le four à pain.jpg

le four à pain, prêt à reprendre du service.

Au rez-de-chaussée de la maison, les pièces réservées à l'exploitation:

Ifana pressoir.jpg

comme ce palmentu (pressoir),

Ifana graffiti sur le crépi du palmentu.jpg portant sur son reste de crépi d'énigmatiques incisions ... Un compte ? oui, peut-être, mais de quoi?

à l'étage abandon.jpg

puis à l'étage , l'abandon des anciennes et nobles pièces d'habitation...

cheminée cuisine.jpg

avec cette cheminée aménagée de la cuisine

Graffiti.jpg

et sur une cloison, ces extraordinaires graffiti historiques :        

  " Souvenir inoubliable de joie 8 mai 1945",

accompagné de croix de Lorraine,

graffiti 2.jpg

et de drapeaux tricolores : témoins de l'histoire contemporaine, échos émouvants et inattendus de la Seconde Guerre mondiale en Corse * ...

Nous en sommes réduits à imaginer les auteurs de ces inscriptions: des résistants, ou de simples habitants de la vallée libérés des contraintes de cette époque troublée?

Ifana oliviers champs murs.jpg

Tout autour, scandés de murs de perres sèches, de beaux champs et leurs oliviers préservés, où s'entend encore le travail de ces générations d'hommes et de femmes pour qui sait écouter ce que murmurent les pierres et les arbres

Ifana la grande aire.jpg

et un peu plus haut, bien ventée, l'aghja:

par ses dimensions,  cette très grande aire de battage signe elle aussi la richesse du domaine d'Ifana.

Ifana le pommier sauvage.jpg

à côté, ce pommier sauvage

Ifana ensemble maison bergerie.jpg

Il est temps de laisser - à regret - derrière nous cet ensemble encore façonné par tant de témoignages du labeur humain et de la volonté politique d'une mise en valeur programmée de la Corse par ses divers "gestionnaires". Gageons que le Conservatoire du littoral saura trouver les subsides nécessaires à la restauration et la sauvegarde de ce patrimoine si particulier et charhé d'histoire, et qu'il saura dégager une politique efficace pour le transmettre et le gérer au mieux des intérêts de la collectivité.

 

* A lire au sujet de cette période tourmentée de la Seconde Guerre en Corse  l'excellent livre d'Hélène CHAUVIN: " La Corse à l'épreuve de la guerre, 1939-1943" , dans la collection Chroniques, Vendémiaire Editions.

 

 

 

 

 



 

29/04/2011

le Monte Revincu, ce lundi de Pâques

Nous partons aujourd'hui à la découverte du petit dolmen à couloir de Celluccia, que je ne connais pas encore, au sommet du Monte Revincu: trois cabrettes en cavale ...

... et  les pierres qui signent les hommes, sous la pluie ...

 

Avant tout, je signale - pour ceux qui ne l'auraient pas - l'excellent article dans le numéro de février de STANTARI: "Aux origines du mégalithisme en méditerranée".

Vous pouvez également le retrouver en ligne:

  1. www.cg2b.fr/cg2b/agriate/stantari_2011.pdf

 

Ainsi que le compte-rendu de la première journée de l'Agriate, le 22 novembre 2008 :

www.agriate.org/documents/Journée%20Agriate%202008%20compil.pdf

 

Vous y trouverez tout ce que vous devez savoir sur l'ensemble de ce site extraordinaire, ainsi que de fort belles photos aériennes très parlantes.

 

 

pancarte blog.jpg

En ce lundi de Pâques, donc, nous devrions passer entre les tirs militaires, sinon entre les cornes des vaches et taureaux en libre vagabondage ...

Je cite ( compte-rendu de la journée du 22 novembre 2008 ):

" Le Monte Revincu

Franck Leandri

Direction Régionale des Affaires Culturelles

Etude réalisée avec le concours de1 : Franck Leandri1, Christophe Gilabert1, Christophe Jorda2 , Maëva Assous-Plunian3, Céline Bressy 4, Lucie Chabal5, Frédéric Demouche6, François- Xavier Le Bourdennec7 , Serge Muller8, Nadia Federzoni9, Kewin Pêche-Quillichini4, Charles Pinelli13, Hélène Paolini-Saez 10, Gérard Poupeau 7, Marc-Antoine Vella 11 , Julia Wattez 12 .

1 1 MCC et LAMPEA- UMR 6636 (Univ. de Provence et CNRS), 2 UMR 5059, 3Université de Paris IV, 4

LAMPEA- UMR 6636 (Univ. de Provence et CNRS), 5 UMR 5059 et 154, 6Musée de Préhistoire corse de

Sartène , 7UMR 5060, 8ISEM, Université de Montpellier-2., 9Université de Corse., 10Association laboratoire

régional d’archéologie, 11 Université de Corse et Université de Paris IV., 12UMR 5140 CNRS, ASM, science du

sol et archéologie, 13 Association les amis des Agriate.

L’établissement Néolithique du Monte Revincu est localisé au nord de la Corse à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Bastia. Il tient son nom d’une montagne culminant à près de 356 mètres dominant la plaine de Casta. Le site est implanté au sommet et au pied de cette montagne. Les recherches ont révélé sur 4 secteurs, disséminés sur une dizaine d'hectares une cinquantaine d’aménagements architecturés à vocation domestique ou funéraire, attribués pour la plupart au Ve millénaire av. J.-C.

C’est dans le secteur de la Cima-di-Suarella, un petit plateau surplombant le paysage vallonné que se concentrent les vestiges d’habitat. Une trentaine de structures dans un remarquable état de conservation y ont été découvertes. Elles sont délimitées au sol par des dalles disposées de chant et contiennent parfois un ou plusieurs niveaux de radiers constitués d’un empierrement relativement soigné. Ces structures présentent également des dispositifs de calage contre les dalles ou de trous de poteaux. Des cloisonnements ou des juxtapositions de compartiments quadrangulaires ont été observés sur certaines d'entre elles. La mise en évidence, grâce notamment à l’étude micromorphologique, de probables niveaux de sol contenant des restes d’aménagements en terre permet d’approcher la restitution précise d’unités domestiques. Les datations radiocarbones ainsi que le mobilier lithique et céramique, permettent de les situer dans le dernier tiers du Ve millénaire. A proximité de ces unités domestiques, on retrouve également au moins 3 structures qui, de par leur morphologie, pourraient se rapporter à une utilisation funéraire. L’ensemble des informations architecturales et chronologiques plaide en faveur d’une organisation trouvant tout son sens dans l’association entre aménagements domestiques et funéraires. La surface et la lourdeur de ces implantations au sol illustrent un ancrage territorial et peut-être un véritable essor démographique qui peut correspondre à la sédentarité d’une communauté et à la mise en place d’un véritable village. Une approche environnementale permet d’apprécier le territoire parcouru et exploité en synchronie avec le site et de retracer les influences que société et milieu ont pu exercer l’un sur l’autre.

Ce site permet de compléter la connaissance du mégalithisme en Méditerranée, sur son émergence et son évolution. Trois dolmens et plusieurs coffres funéraires, tous attribués au Ve millénaire avant notre ère par des analyses C14 et grâce au mobilier qu’ils contenaient ont été recensés sur le site. Les dolmens sont parmi les plus significatifs de l’île puisqu’ils conservent les arases de tumulus qui devaient les recouvrir. Au final ce travail rend une image plus fiable du mégalithisme corse, peut-être un peu flatteuse car avec les recherches récentes menées dans le sud, à Cauria, l’île apparaît comme un des premiers foyers d’émergence du mégalithisme méditerranéen occidental, si ce n’est le premier, en concordance avec les grandes architectures du mégalithisme de la façade atlantique. Parallèlement aux travaux de fouilles, a été entreprise une démarche environnementale qui consiste à définir par une étude paléogéographique les processus d’évolution, d’adaptation et de relation entre espace naturel et espace anthropique de manière diachronique. L’objectif premier de l’intervention s’appuyait sur la reconnaissance de phénomènes permettant d’évaluer le potentiel d’interrelations entre les sociétés et leur milieu. Dans ce cadre, ont été recherchés les secteurs offrant des séries stratigraphiques suffisamment puissantes et renseignées d’un point de vue chronologique, pour être interprétées. Les premières observations ont montré une faiblesse extrême de la couverture sédimentaire et la rareté de secteurs en cours d’érosion : le milieu est demeuré stable d’un point de vue hydrosédimentaire. Cette étude a été pour l’instant plus particulièrement dirigée vers les périodes les plus anciennes de l’utilisation anthropique du site. Cette étude s’appuie sur la réalisation d’un système d’information géographique (SIG) encore en cours d’amélioration qui repose sur le croisement de plusieurs types de données. Grâce à cette démarche nous disposons d’un large panel d’informations aussi bien sur les potentialités agricoles de la région (espaces utiles, zones de pâturages, réseau hydrographique etc…) que sur les axes de communication traditionnels (cheminements, sentiers, chemins pastoraux, axes de transhumances etc…). Le croisement de l’ensemble des données grâce aux SIG nous permet d’apprécier la perduration possible de certains phénomènes liées à des réalités géographiques et environnementales dont ont sait aujourd’hui qu’elles n’ont pas ou peu évoluées. De même il donne les moyens d’apprécier le maillage des sites, son évolution et par conséquent la pérennité de certains lieux d’occupation, de passages marqués par les mégalithes. La représentation 3D permet d’optimiser la visualisation des résultats.des recherches sont entreprises pour mieux comprendre la transformation de l’environnement des Agriate depuis les périodes préhistoriques jusqu’à nos jours. De plus des prospections permettent de se faire une meilleure idée sur l’évolution du peuplement. L’ensemble des données est en cours de mise en forme grâce notamment à un système d’information géographique. Ces recherches pluridisciplinaires viennent de faire l’objet d’une présentation dans le cadre du colloque de préhistoire récente de Périgueux.

Depuis 1995, ce gisement est propriété du conservatoire du littoral, des communes de Santo-Pietro-di-Tenda et de San-Gavino-di-Tenda. Les fouilles devraient permettre de rassembler la documentation nécessaire à sa mise en valeur. Certains monuments ont fait l’objet de reconstitutions 3D qui ont été intégrées dans un documentaire produit par la société bastiaise ISI Production et France 3 Corse, en partenariat avec la CTC ; ce film régulièrement diffusé sur FR3 et la chaine Via Stella a reçu le second prix du festival du film documentaire archéologique d’Amiens.

Le conservatoire du littoral et les communes ont clairement exprimé leur volonté de présenter à un large public ce gisement classé au titre des Monuments historiques depuis 1887. Le Monte Revincu est situé dans une région riche en vestiges mégalithiques (menhirs, statues-menhirs, dolmens etc…) qui pourraient compléter la visite dans le cadre d’un itinéraire des mégalithes du Nebbiu et des Agriate. Un cahier des charges devrait être rapidement présenté par un comité de pilotage qui sera mis en place très prochainement.

Cette démarche devrait être réalisée en concertation avec la CTC."

 

 

 

Quelques images de ce site toujours aussi puissant: la pluie fait lever les parfums et les couleurs des myrtes, cistes, lavandes, orchidées, bruyères, asphodèles, férules ...

le chemin pour y arriver blog.jpg

le chemin pour y arriver: nous allons grimper jusqu'au sommet du Revincu, là-bas, au fond du paysage

 

... en cheminant, quelques  alliens ...

épaves militaires.jpg

 

" Il est actuellement déconseillé de se rendre sur ce gisement qui se trouve dans les abords du champs de tir de Casta nord. L’armée, locataire des parcelles attenantes au site devrait quitter l’endroit et le dépolluer à très court terme." (compte-rendu, idem).

Bon. Ce n'est pas encore nettoyé ...

trace militaire.jpg

fleur de culture


orchidée.jpg

et orchidée sauvage

 

 

 

montagne du Revincu blog.jpg

Il va falloir grimper là-haut ... de la grimpette de chèvres au milieu du maquis odorant,  baveux ( les cistes!), fleuri et piquant

chèvres 3.jpg

justement, rencontre avec une famille de chèvres (et de leur bouc)

chèvres 1 détail.jpg

curieuses, comme nous, et libres!

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en chemin, les premiers aménagements et coffres: toujours saisissants. Notre vieille humanité, ancrée dans le sol, et les paroles envolées.

 

casa di l'Orca blog.jpg

 et "a Casa di l'Orca", toujours aussi accueillante ... pour les bergers d'il y a peu.

colette et le cairn.jpg

Colette nous mène, avec un sixième sens pour repérer les cairns: pas de sentier visible ...

ouf!.jpg

ouf! les sécateurs sont de sortie. Chantal fait semblant de souffrir!

arrivée sur le site de Celluccia.jpg

enfin, l'arrivée au sommet du Monte Revincu ... et le site de Celluccia. Emotion

dolmen et menhir de Celluccia.jpg

le petit dolmen de Celluccia et, dans son prolongement, le menhir qui lui est associé

dolmen de celluccia.jpg

 le dolmen de Celluccia, sans sa dalle supérieure, mais avec son couloir  et son tumulus: daté du dernier tiers du V° millénaire ...

Ici nous partagerons notre nourriture avec les morts du lieu

le menhir de Celluccia.jpg

et son menhir,

menhir de Celluccia et St Florent.jpg

planté comme un amer dominant St Florent

Chantal, 1m 59 !.jpg

Chantal a pris la pose, du haut de son 1m 59!

cima di suarella.jpg

 Au retour, nous voici sur le plateau de a Cima di Suarella, avec ses vestiges associant habitats des vivants et rites funéraires : sur les fouilles et leur résultat, voir le Stantari de février/avril 2011 ...

casa di l'Orcu, de loin.jpg

 et, un peu plus loin en-dessous, la maison de l'ogre ...

a casa di l'orcu blog.jpg

le dolmen dit "a Casa di l'Orcu", qui a , hélas, servi assez récemment de point de mire pour les tirs d'artillerie ...

Un temps gris qui s'enfonce dans le mystère et le sacré du lieu.

Sous la pluie battante,  honorant les morts: férules vigoureuses, blanches asphodèles, lavandes sauvages et herbes tendrelettes ... Le parfum des myrtes est étourdissant.

 

mégalithisme en corse,monte revincu,cima di suarella,dolmen de celluccia

A côté du dolmen, cette petite construction en réemploi .

 


 

 

 

mégalithisme en corse,monte revincu,cima di suarella,dolmen de celluccia

 Merci aux jeunes biquettes de m'avoir accompagnées là-haut, même si nous avions des têtards dans les chaussettes.

C'était magnifique!

et vivent les appareils photo étanches!


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19/06/2009

Monte Revincu 14 juin

Ce dimanche 14 Juin, avec Colette, Hélène et Chantal:
quelques photos d'une délicieuse improvisation dans l'Agriate et le Nebbiu...
 
 
 
structure dallée.jpg
Après une bonne grimpette (avec cueillette d'un petit morceau de bronze), cette première structure dallée... le plongeon dans le temps a commencé...
 
 
 
 
Casa di l'Orca paysage blog.jpg
Matinée chaude, cuisson annoncée dans le maquis du Monte Revincu: nous arrivons au-dessus de A Casa di l'Orca ( la maison de l'Ogresse: retrouver la légende de l'Orcu et de l'Orca dans la note du 5/6/2009)
Casa di l'Orca entrée.jpg
L'entrée de la Stazzona di l'Orca: la chambre devait être précédée d'un couloir. Ouvert au soleil levant, ce petit dolmen  est composé de 3 orthostates (dalles de pierre dressées) et d'une dalle faisant couverture... Une agréable fraîcheur règne à l'intérieur, tapissé d'une douillette végétation parfumée.
Casa di l'Orca visite blogjpg.jpg
 
Deux sympathiques et jeunes ogresses maîtresses d'école en visite contemplent l'aménagement des dalles autour de la stazzona,
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et la force tranquille d'une vieille orca ...
les 3 Grâces.jpg
Respectueuses pour l'Ancêtre mais prudentes, les jeunes ogresses se tiennent à l'entrée de la Casa en attendant je ne sais quel oracle.
structures rectangulaires.jpg
Un peu plus haut, dans le secteur de la Cima-di-Suarella: le site est vaste et impressionnant, découvert dans les dernières années du XXème siècle, en partie fouillé (la végétation recouvre encore une partie du site) depuis 1996 par l'équipe de Franck LEANDRI, cette importante nécropole mégalithique aurait été utilisée entre la fin du Ve millénaire et l'Âge du Bronze. La destination de ce site, associant la fonction funéraire des coffres et des dolmens à ces structures rectangulaires évoquant un usage d'habitat, dans ce paysage de col entre le Nebbiu et l'Agriate nous interroge . Quelle que soit la réponse, le lieu dégage avec force une obstination dans le travail de la pierre et le sens du sacré au sein d'une population pastorale..
Pour cette balade, je vous renvoie au livre, parmi d'autres:
MONUMENTS DE CORSE,
édité par Franck Leandri et Laurent Chabot à EDISUD

casa di l'Orcu 1 blog.jpg
De l'autre côté du col, à quelques mètres de là, a Casa di l'Orcu , qui, comme a Casa di l'Orca, a conservé une partie de son tumulus et de son couloir d'accès. Toujours aussi présent.
casa di l'Orcu éventré.jpg
 
 
Un étai consolide maintenant la dalle de couverture. Rappelons que par le passé ce dolmen (déjà classé en 1887) se trouvait au milieu du champ de tir de l'Armée, servant de cible: un tir d'obus bien ajusté l'a gravement endommagé dans les années cinquante... Aujourd'hui le site, racheté par le Conservatoire du littoral et des espaces lacustres, semble protégé...
Orcu ouest.jpg
La grande dalle du "fond".
roquette.jpg
no comment!
Monte Revincu coffre blog.jpg
Et, tout proche de la Casa di l'Orcu, l'une des tombes en coffre:
"L'un de ces coffres, situé à proximité immédiate du dolmen de la Casa di l'Urco illustre la continuité de la fonction funéraire du site du Monte Revincu: elle s'inscrit dans la tradition des premières tombes en coffres méditérranéennes et permet de concevoir l'émergence de ce type d'architecture en Corse vers la fin du Ve millénaire (...)"
(in: Monuments de Corse, précité.)
à suivre...

05/06/2009

Monte Revincu: a Casa di l'Orcu et a Casa di l'Orca

 
Orcu civilisateur
(suite de la note précédente sur Piève):

 Légende de a Casa dell’Orcu et de a Casa di L’Orca, sur le Monte Revincu.

 
 
DSCN0338.jpg
(a casa dell'Orcu)

 

Dans ces temps lointains, vivaient dans  sur le Monte Revincu un Orcu ( ogre)  d’une force terrifiante et sa mère. Ils s’étaient construit chacun leur maison en dressant ces lourdes dalles de pierre que vous voyez ici. La plus grande était la demeure de l’Orcu, et un peu plus loin, celle  de la mère, plus petite, avec, pour l’une et l’autre, une vue imprenable sur les alentours et l’ouverture au soleil levant. Soulever ces lourdes pierres était un jeu d'enfant pour l'Orcu.

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(a casa di l'Orca)

L’Orcu, un jeune ogre très curieux des choses de ce monde,  terrorisait tous les pauvres gens de la région, déambulant à grandes enjambées sur les pentes fleuries du Monte Revincu, franchissant à la vitesse de l’éclair les vallons fertiles de l’Agriate, faisant jour après jour sa besogne d’ogre.

 

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Bien des téméraires avaient perdu la vie en essayant de l’attraper : mais sa force était prodigieuse et sa mère rusée arrivait toujours à déjouer toutes les embuscades … Pourtant un jour un jeune berger  - de ceux qui savent attraper les oiseaux tout en gardant leurs troupeaux -  inventa un piège d’un genre nouveau : pendant une nuit obscure d’hiver il déposa silencieusement devant la casa de l’Orcu une énorme et robuste botte en peaux de sanglier ( il en avait fallu 350 pour arriver à coudre quelque chose d’assez grand pour le pied géant de l’ogre : on avait mesuré ses empreinte s… ) enduite de poix à l'intérieur et sur la semelle. Le matin, l'ogre découvrit cette merveille et voulut aussitôt l’essayer : à grand mal il enfila son énorme pied dans l’énorme botte  et se trouva piégé. Les bergers qui s’étaient cachés derrière les rochers  se précipitèrent sur lui pour le tuer. L'ogre les supplia de le laisser vivre, leur faisant cette promesse : " si vous me laisser vivre  je vous promets de vous apprendre le secret de la fabrication du brocciu » ( en ce temps là, les bergers corses ne savaient pas encore fabriquer cette merveille à partir du petit lait de leurs chèvres) :  il leur révéla donc cette divine et mystérieuse recette  dérobée aux dieux. Les bergers, faisant fi de leur marché, voulurent  se débarrasser définitivement de l’ogre qui essaya encore de sauver sa peau en leur promettant –malgré les conseils prudents de sa mère -  de leur apprendre aussi le secret de la fabrication de la cire à partir du dernier petit lait … Peine perdue, les hommes massacrèrent l’ogre et sa mère avant d’avoir obtenu cette dernière révélation : c’est ainsi que s’est transmise à travers les âges la recette du précieux brocciu, tel que vous pouvez encore le déguster à la bonne saison si du moins vous allez le chercher chez les bergers qui se la transmettent de génération en génération depuis la nuit des temps. 

( d'après la légende récoltée par Adrien de Mortillet en 1883, rédigeant un rapport sur les "mégalithes de Corse")

 

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Toujours est-il que là haut vous pouvez encore voir ces coffres à usage funéraire, ces structures rectangulaires conservées dans une végétation généreuse, qui témoignent d'un art de la construction et d'une pratique cultuelle inscrits dans la durée: les fouilles archéologiques ont révélé un matériel lithique et céramique qui semble dater de la fin du Vème millénaire avant notre ère... Association entre l'usage des vivants et l'usage des morts:

 

 
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En espérant que les tirs de la Légion épargneront désormais  ce site fouillé  et désormais protégé par son acquisition par le Conservatoire  du littoral et des espaces lacustres
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Merci, Colette, pour les photos!