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15/05/2015

Entre Cambia et Corte, la Montagne des Orgues lundi 18 mai 2015

Le prochain parcours de la Montagne des Orgues:

LUNDI 18 MAI 2015

une journée en CASTAGNICCIA, GHJUVELLINA et CORTENAIS

 

 

cambia,san quilico,san chirgu,piedigrisgiu,castiglione,corte

(Sainte Julitte à San Chirgu de Cambia)

 

Accueil à 9 h sur le parking du Super-U de Ponte Leccia,

puis découverte de Cambia et des fresques de la chapelle San Chirgu et du monde préhistorique de cette région avec le menhir ("stantara") de Santa Maria

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et la "Petra Frisgiata" (gravures rupestres), puis Piedigriggio (et son petit orgue anonyme), Castiglione, Corte : la route sinue hors des grands axes routiers sous les Aiguilles de Rundinaghja,

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une région de montagne âpre, minérale, où l’on découvrira la vitalité de ses villages accrochés au rocher et ses petites églises aux décors naïfs qui n’engendrent pas la mélancolie ! Notons que l’orgue historique ( J.C. Werle 1760 ) de l’église paroissiale de l’Annunziata de Corte est l’un des plus beaux de Corse.

 

cambia,san quilico,san chirgu,piedigrisgiu,castiglione,corte

 

La journée se termine sur le mélancolique site préroman de San Giovanni : où la légende croise l’histoire …

Renseignements et réservations : 04 95 61 34 85 / 06 17 94 70 72

e mail : elizabethpardon@orange.fr

www.montagnedesorgues.com/  

 

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à bientôt!

30/06/2014

La Montagne des Orgues en Balagne, jeudi 3 juillet 2014

Une journée en Balagne avec

« LA MONTAGNE DES ORGUES »

Jeudi 3 juillet 2014

 

 

l'orgue Saladini_Agati Tronci, restauré blog.jpg

l'orgue de Corbara sur sa magnifique tribune Saladini

 

Une balade initiatique et conviviale pour découvrir la Corse autrement, vous immerger dans son histoire, ses paysages, son patrimoine, ses traditions rurales : des clefs pour vous ouvrir les églises, vous faire comprendre leur sens caché et vous faire entendre leurs orgues historiques que l’on vous joue…

 

 

 Accueil à CORBARA, à 9 h sur la place de l’église, et découverte de la Collégiale de la Nunziata (orgue Saladini / Agati-Tronci  1890), puis  de l’église romane de la Santa Trinita à Aregno.

Voir:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2013/10/05/aregno-eglise-de-la-trinite-518922..

 

St Michel pesant les âmes blog.jpg

Aregno, église a Trinita , fresque de St Michel

Pique-nique à Sant Antonino, puis visite de CATERI et de son église Santa Maria ( orgue Domini 1902), enfin de MURO,  l’église de la Santa Nunziata ( orgue Pagnini 1796/ Agati Tronci 1878) à MURO …


 

Renseignements et réservations au :

04 95 61 34 85 / 06 17 94 70 72

 

adresse mail : elizabethpardon@orange.fr

Site : www.lamontagnedesorgues.com/

 

Ces journées reposent sur le bénévolat  et les fonds récoltés contribuent à la restauration et à la valorisation du patrimoine. Ces parcours reçoivent le soutien de la C.T.C. et du Conseil Général et sont  recommandés par de nombreux guides : Routard , Bleu, Geo, Michelin, Arthaud, Petit Futé, Balado …

 

 

01/05/2014

Echos de la journée sepolcri en Castagniccia du 18/4/2014

 En écho des sepolcri du Rustinu et de  Castagniccia

 ce Vendredi Saint 18 avril 2014 

à l'attention des amis qui partagèrent

cette belle " journée des sepolcri" et de ceux qui ne purent venir

 

FRASSU, église St Côme et St Damien

Frassu St Côme et St Damien.jpg

Nous commençons cette journée lumineuse avec la rencontre de la petite église Saints Côme et Damien de Frassu qui, cet été 2013, était encore en travaux sous ses échafaudages . Des travaux qui ont permis de dégager ce qui reste des murs romans avec leurs belles dalles de revêtement.   Je rappelle que Frassu n'a été rattaché à la commune de Pastureccia di Rustinu que le 14/04/1857, formant ainsi, avec les communautés des hameaux de Gratte et Casa Pitti  la commune de Castellu di Rustinu.

 100_1375.jpg

 

Au-dessus de la porte d'entrée, et remplaçant le tympan roman initial, cet énigmatique blason de stuc (photo prise avant la restauration de la façade) datant probablement du XVIII°s. : un chapeau d'évêque à trois rangées de pompons surmonte la tiare papale, la crosse et les clés de St Pierre, ainsi deux palmes de martyres (St Côme et St Damien?). Ce blason date peut-être de l'époque où fut agrandie et modifiée l'église romane, avec en particulier la construction côté sud d'une deuxième nef dotée d'une porte et communiquant avec l'église:  des objets tels que bâtons de procession et  bannières pourraient témoigner en faveur d'un espace dédié à la confrérie de Frassu. 

 

Ce vendredi nous avions parmi nous notre amie Bernadette Conrad . Outre sa parfaite connaissance des plantes, en digne fille de Marcelle Conrad, la grande dame de la botanique corse  (cf la publication par Bernadette Conrad de la nouvelle édition des "Promenades en Corse parmi ses fleurs et ses forêts" de Marcelle Conrad:

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2014/01/12/temp-1366f8b4f96390b6bb6341939c2f8.
 
...),
 
il faut souligner que Bernadette Conrad s'intéresse également depuis fort
 
longtemps aux relations étroites des anciens corses avec leurs précieuses
 
alliées les abeilles.
 
C'est dans ce cadre qu'elle évoqua pour nous  l'hypothèse de la présence,
 
autrefois, d'une ruche intérieure (comme on en trouve dans les murs des
 
maisons anciennes)  aménagée dans le mur sud, avec piste d'envol à
 
l'extérieur encore visible avant que l'on ne recrépisse ce mur.
 
 
Hypothèse très intéressante et vraisemblable de l'usage d'une ruche dans
 
l'enceinte d'une église en vue de la récolte de la cire pour fabriquer les
 
cierges ... 
 
 
***
 
Un petit détour du côté des abeilles et des hommes
 
 
L'on ne sauvegarde bien que ce que l'on utilise ou à défaut, que l'on
 
comprend. Ces aménagements fréquents dans le monde ancien de la
 
Corse sont de type variés mais ont tous la même fonction, que la ruche
 
soit à l'intérieur de la maison ou  que l'on crée une "maison des abeilles".
 
 
 
Je prends pour exemple de ces aménagements de ruches le site de
 
Giustiniani,antique communauté proche de Speluncatu en Balagne
 
( merci à Edouard Flachpour ses bonnes photos ) : dans une "maison des
 
abeilles", ces  ruches intérieures,aménagées dans un mur:

 

la maison des abeilles.JPG

une maison des abeilles,

 

Giustiniani 2.JPG

aux murs aménagés en rucher:
 
 

Giustiniani 1.JPG

à l'intérieur de la maison, ces sortes de niches percées d'un orifice,

Giustiniani piste d'envol.JPG

communiquant, à l'extérieur, avec la piste d'envol des abeilles ...

Pour en savoir plus sur ces aménagements, vous pouvez consulter par

exemple ce site:

http://www.itarkeo.com/murs_abeilles.php

 

***

Revenons à nos sepolcri.

Nous avions ce jour-là rendez-vous avec Marie-Laure S.B. qui avait
 
accepté de remonter le sepolcru avec l'aide du fidèle Toussaint Quilici,
 
"saint patron" de la Pieve du Rustinu, sur laquelle il a, avec ses
 
amis,rédigé un ouvrage précieux et dense d'informations :
http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2011/12/03/decouvrir-la-pieve-du-rustinu-avec..
 
 
Marie-Laure était accompagnée de deux dames âgées de sa famille que
 
nous avons pu, à loisir, interroger sur les usages de la Semaine Sainte du
 
temps de leur jeunesse ... Une rencontre très chaleureuse et enrichissante,
 
qu'elles en soient remerciées!  ( nous nous donnons alors rendez-vous
 
l'après-midi pour voir le grand sepolcru de Ficaghja que ces dames ne
 
connaissent pas)

Frassu avec les dames.jpg

 
 
Le sepolcru de Frassu s'installe dans une chapelle latérale, adossé
 
à la chaire de prêche,
 
Frassu sepolcru 2014.jpggardé par les traditionnels
 
soldats romains sauce
 
mauresque, avec son arc
 
présentant les "Arma
 
Christi" (les instruments de
 
la Passion), et, dessous,
 
abaissant l'ouverture de la
 
chapelle où git le Christ en
 
croix, un panneau central
 
orné de deux anges et du
 
Saint Sacrement  : on pénètre
 
alors à genoux dans cet
 
espace délimité pour la
 
prière et la méditation
 
devant le crucifix déposé
 
devant le bel autel de stuc.
 
 .
 
 
Lampe à huile Frassu.JPG
 
 
 
 
Chaque famille apportait sa lampe à
 
huile pour éclairer la chapelle du
 
sepolcru : une lampe ouvragée, en
 
verre moulé (qu'on achetait, me dit
 
Michel- Edouard Nigaglioni, sur
 
catalogue: "en France, les maisons
 
Portieux et Vallerysthal en faisaient de
 
nombreux modèles ") réservée à cet
 
usage exclusif du reposoir de la
 
Semaine Sainte.

 

 
 
 
 
 
 
 
A l'entrée du reposoir veillent nos deux gardiens du sepolcru:
 
Frassu le garde de gauche.jpg
 
le costaud de gauche ,

et celui de droiteFrassu garde droite.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Notre peintre anonyme du XIX° s. montre un talent certain dans l'expression de ces deux visages, beaucoup moins caricaturaux que de coutume.

A-t-il portraituré des habitants de Frassu ?

 

 

 

Frassu visage garde gauche.jpg

 

 

Toujours est-il qu'ici ces deux gardes n'ont pas cette férocité "mauresque" que l'on peut voir ailleurs, 

 

 

 

je trouve même leur visage empreint d'une certaine humanité et d'un zeste de mélancolie.

 

Frassu visage garde droite.jpg

 

 

Frassu anges et calice.jpg

au centre , au-dessus de l'ouverture, l'invitation à l'adoration du Saint Sacrement.

Frassu Arma christi.jpg

et, dans l'arc triomphal qui ferme la chapelle, la représentations des Arma Christi , les instruments de la Passion déclinés en bouquet: lance, échelle, éponge imprégnée de vinaigre, marteau, clous, tenailles, roseau, colonne, voile de Véronique, coq ... tout est dit!

Frassu voile Véronique.jpg

sur le voile de Véronique (qui tient du linceul), le beau visage du Christ, les yeux clos, couronné d'épine.

Frassu le coq.jpg

et, pris sur le vif dans la basse-cour voisine, un coq vigoureux donne le LA aux larmes de St Pierre.

 

***

La fresque de la Passion

à San Tumasgiu di Pastureccia

(fin XV°/début XVI° s.)

 

Pour l'ensemble de la chapelle, voir les notes depuis 2011:

 

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2011/02/26/san-tumasgiu-di-pastureccia-castel...
http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2011/02/27/les-fresques-de-san-tumasgiu-di-pa.
 
http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2011/03/02/3-les-fresques-de-san-tumasgiu-sui.
http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2013/09/20/san-tumasgiu-di-pastureccia-breve-..
 

 

San Tumasgiu échaffaudages.jpg

Une bonne surprise nous attend : après de longs mois de léthargie pendant lesquels la pluie a continué de ruisseler sur les fresques, les choses semblent enfin bouger : on a installé les échafaudages qui présagent une prochaine action de mise hors d'eau du toit. L'ami Toussaint Quilici m'apprend qu'on a finalement renoncé à pratiquer des fouilles archéologiques dont le montant étaient exorbitant et dont le projet retardait, malgré l'urgence et ce depuis de longs mois, la restauration de San Tumasgiu.

L'espoir renait. En revanche la chapelle ne sera plus visitable avant quelque temps, aujourd'hui les fresques sont bâchées en attendant la réfection du toit. Un nouvel appel d'offres devrait avoir lieu pour le programme de restauration des fresques. On a beaucoup perdu en cinquante années d'intempéries et d'incurie : il serait intéressant de savoir si de vieilles photos des années 60 existent encore qui pourraient témoigner de détails aujourd'hui disparus.

 

Pour le plaisir, un nouveau regard sur "la bande dessinée" de la Passion,

réalisée sur le mur nord de la chapelle, et qu'il faut lire depuis le haut à

droite vers la gauche, puis de la gauche vers la droite.

 

ensemble  Passion mur nord blog.jpg

 

 

Tout d'abord, la dernière Cène, avec les visages animés des apôtres.

Ce que je vois: 

en haut à droite, le jeune Saint Jean se penche, la main sur l'épaule de  celui qui me semble bien être Jésus. Les mains parlent aussi clairement que les mots: "Ce n'est pas moi", disent, incrédules,  celles des apôtres du bas, en réponse l'annonce faite par le Christ :

 

 

San Tumasgiu - la Cène copie.jpg

 

 

"En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera"

"Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. Un de ses disciples, celui que Jésus aimait, se trouvait à table tout contre Jésus; Simon-Pierre lui fait signe et lui dit: "Demande de qui il parle." Celui-ci, se penchant alors vers la poitrine de Jésus, lui dit: " Seigneur, qui est-ce? " (...)

Evangile selon Saint Jean

 

 

Jardin des oliviers.jpg  

"Ils parviennent à un domaine appelé Gethsémani, et Jésus dit à ses disciples: "Restez ici tandis que je prierai." Puis il prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse. Et il leur dit: "Mon âme est triste à en mourir; demeurez ici et veillez." Etant allé un peu plus loin, il se prosterna contre terre et il priait pour que cette heure passât loin de lui. Et il disait "Abba (Père!) tout t'est possible éloigne de moi cette coupe; cependant, pas ce que je veux, mais ce que tu veux!". Il revient et les trouve en train de dormir . (...)"

Evangile selon Saint Marc.

On peut reconstituer mentalement une partie de la lacune: sur la droite, un ange tendait peut-être un calice à Jésus.

Visage Christ oliviers.jpg

le visage de Jésus

apôtre Jardin des oliviers.jpg

 le visage de Jacques ?

St Pierre Jardin des oliviers.jpg  

Celui, endormi, de Pierre

Jardin des oliviers détail.jpg

On a perdu celui de Jean, effacé, entre Pierre et Jésus

Arrestation de Jésus.jpg

l'arrestation de Jésus: il me semble que l'on assiste au baiser de Judas

comparution  devant Caïphe.jpg

la comparution de Jésus devant Caïphe, le Grand-Prêtre (vêtu de jaune) du Sanhédrin

San Tumasgiu flagellation.jpg

la flagellation

visage Jésus flagellation.jpg

Visage du Christ flagellé

San Tumasgiu Crucifixion.jpg

la crucifixion:

"Stabbat Mater Dolorosa

Juxta Crucem lacrymosa

Dum pendebat Filius"

 

visage Christ crucifixion.jpg

le Christ en croix

visage Vierge crucifixion.jpg

le visage de la Vierge

 

frassu,castellu di rustinu,pastureccia,sepolcri de corse

au-dessus de la crucifixion un écrit

 

frassu,castellu di rustinu,pastureccia,sepolcri de corse

 

qui reste à déchiffrer

 

frassu,castellu di rustinu,pastureccia,sepolcri de corse

 

 

enfin,  sur le pied droit de l'arc triomphal,

ce dernier visage :

" Ecce Homo"

 

***

Eglise Santa Maria de Castellu di Rustinu

le sepolcru:

 

 

Castellu sepolcru ensemble montage blog.jpg

ce que vous n'avez pas vu ... à retrouver sur la note :

http://elizabethpardon.hautetfort.com/archive/2012/02/03/le-sepolcru-de-castellu-sort-de-l-...

 

(à suivre! dès que je peux,  pour le reste de la journée ...)

    

09/03/2014

La piévanie SS. Gervasio et Protasio de Giovellina à Prato, dite a Tribuna-

 La Plebania de Ghjuvellina, diocèse d'Aleria :

" SS. Gervasio et Protasio"

à  Pratu di Ghjuvellina

dite "a Tribuna"

La grande archéologue Geneviève Moracchini-Mazel, qui vient de nous quitter, avait l'intention de publier un Cahier Corsica sur ce site, mais voulait avant de le faire, encore vérifier certains éléments.

Nous espérons que la FAGEC (longue vie à elle!) pourra mener à bien cette dernière quête et publication posthume ...

En attendant, cette note:

façade ouest.jpg

Nous avions cherché et  visité une première fois ce très beau site  au cours d'une balade mémorable le lundi de Pâques 2009 :

Pieve de Giovellina: Torre di Monte Albano et a ... - elizabeth pardon

elizabethpardon.hautetfort.com/.../pieve-de-giovellina-torre-di-monte-al...
 
et en compagnie de nos amies Michelle, Christiane et Colette, nous  y sommes retournées le 7/3/2014  au cours d'une belle journée impromptue et ensoleillée où nous avons appris, à nos dépens, combien la mémoire peut nous jouer des tours ... Bref, la perception de ce site en 2009 miraculeusement trouvé la première fois au terme d'une longue descente quelque peu erratique depuis la Torre de Monte Albano a passablement perturbé notre souvenir et notre entendement.
Fragilité des témoignages humains, mais cela est une autre histoire !

carte IGN.jpg

la carte IGN et le site "Pieve"  : merci à Michelle Lafay !

Geneviève Moracchini-Mazel s'était longuement interrogée sur la signification du qualificatif de Tribuna, resté dans la mémoire orale des anciens jusqu'à nos jours, les habitants de Prato parlant d'un "Tribunal". Ecoutons-la, dans son ouvrage ancien, Les églises romanes de Corse, publié en 1967:

"Nous étions à priori sceptique; le mot Tribuna pouvait également signifier "sanctuaire", "abside", comme en langue italienne. Puis nous nous sommes aperçue que le cas de la Tribuna de Giovellina n'était pas unique; il se trouve notamment à Figari où l'on voit les ruines d'une part de l'ancienne église piévane San Giovanni et plus loin celles d'un autre édifice appelé également Tribuna qu'on considérait jadis comme un Tribunal si on en croit la tradition orale recueillie à Figari même auprès de personnes fort âgées. En outre comme plusieurs lieux-dits relatifs à une cour de justice subsistent dans plusieurs pieves et presque toujours non loin des églises pievanes - désignant même de simples champs à l'intersection de sentiers muletiers (Corte, arringo, pietra per giurare, pietra all'arringo, voir dans le Vol II, la liste de ces lieux-dits), nous avons voulu être éclairée à ce sujet, d'autant plus que nous ne connaissions pas de cas analogues dans d'autres pays, pas même en Toscane".

 

Plan.jpg

(le plan de la Tribuna dans "les églises romanes", opus cité plus haut , p. 112)

Elle avait procédé à des fouilles en 1961, dégageant le sol de l'abside et émis alors  l'hypothèse que cet édifice, malgré son plan classique à nef unique avec son abside orientée à l'est, était à l'origine un Tribunal et non une église.

Disposition abside.jpg

Dispositions retrouvées dans l'abside de la "Tribuna" (idem, p. 112)

Statuette.jpg

Statuette brisée (idem, p. 113) retrouvée lors de la fouille de la Tribuna, évoquant, pour G.M.Mazel, les personnages ornant les façades des églises piévanes d'Aregno,  de Murato etc ...:

 

u pratu di ghjuvellina,pieve de ghjuvellina,saint gervais et saint protais

comme ici à la Trinità d'Aregno

 

 

"Comme nous avons entendu dire aux paysans et villageois que ces statuettes sont le portrai d'"anciens seigneurs" et que l'expérience nous a enseigné à ne jamais négliger tout à fait en Corse la leçon de la tradition orale, nous nous sommes demandé si la présence de ces sculptures en haut-relief n'avait pas pour but de fixer le souvenir de l'aide morale et de la contribution financière qu'auraient apportées les seigneurs du temps à l'édification de ces divers monuments et plus particulièrement à celle des piévanies; ou bien encore ces personnages jouaient-ils un rôle avec le tribunal de la piévanie?" (idem, p. 113)

 

Mais depuis  elle avait revu cette hypothèse, écrivant dans son ouvrage Corsica Sacra (vol.1, 2004) p.245:

"Le titre de la plebania de Giovellina, selon Mgr AG. Giustiniani et Mgr Nic. Mascardi, était bien S. Gervas et Protas". Une lecture fautive d'un paragraphe du texte de Mgr Mascardi m'avait fait croire que l'église S. Cervone était la plebania, à côté de laquelle avaient vécu jadis les évêques d'Omessa.

Ces deux églises ruinées se trouvent à 15 mn de marche l'une de l'autre. Mais on peut penser que c'est bien au lieu-dit Pieve que se trouvait la plebania et non pas à S. Cervone. ...que nous avons pu visiter depuis, voir la note:

San Cervone : ELIZABETH PARDON

elizabethpardon.hautetfort.com/san-cervone/

L'église en partie ruinée que l'on y voit parait datable de la première moitié du XI°s. environ, et j'ai supposé qu'elle avait eu un rôle judiciaire particulier. En effet, son qualificatif de "Tribuna" permet de croire que l'on s'est souvenu longtemps du rôle d'édifice abritant des sessions de justice en alternance avec les offices religieux".

 

vue de loin.jpg

(vue de loin)

"(...) le site de la Pieve nous a paru celui d'une petite bourgade romaine. C'est une sorte de plateau fertile placé entre deux petits cours d'eau où l'on peut ramasser de nombreuses briques et tuiles à crochets d'époque romaine et corso-romaine. On nous a montré à 150 mètres de la Tribuna l'emplacement aujourd'hui obstrué par la végétation d'un orifice appareillé en briques. Il s'agit peut-être d'une canalisation romaine ."

( les églises romanes de Corse, p. 300- 1967)

 

Prato Tribuna façade ouest.jpg

la façade occidentale

 

P1140923.JPG

le linteau de la porte occidentale, un monolithe de schiste vert: semble-t-il, un menhir  brisé et réutilisé.

Ecoutons à nouveau G.M.Mazel:

 

"Exista-t-il une piévanie paléochrétienne à Giovellina? c'est possible, car le site est celui d'une petite villa romaine (briques et tegule aux environs immédiats").

En tous cas des remplois sculptés se voient dans ses maçonneries; en outre, le linteau de la porte occidentale parait être un menhir retaillé et redécoré d'un entrelacs." (idem, Corsica Sacra  p.246)

linteau décoré entrelacs.JPG

"retaillé et décoré d'un entrelacs" (merci Michelle pour cette photo!) : j

'ignore à quoi pouvaient servir les deux "trous" creusés de part et d'autre.

 

 

façade ouest intérieur.jpg

façade occidentale intérieure

mur nord.jpg

le mur intérieur nord a perdu ses beaux parements de granit, dalles arrachées et certainement récupérées: démembrement ...

éléments  décorés recueillis.jpg

et, récupérés,  des éléments décorés recueillis de la corniche de l'abside

mur sud.jpg

le mur sud,

mur sud et  lierre.jpg

 habité d'un lierre qu'il faudrait sans doute couper avant qu'il n'achève de desceller les belles dalles de granit rose, ocre et vert .

abside.JPG

l'abside (photo M. Lafay), environ haute d'un mètre.

ensemble vu de l'abside.JPG

vue intérieure depuis l'abside:  dans le mur sud s'ouvrait une porte latérale dont il ne reste plus rien.

vue de l'abside  est.jpg

le chevet est

détail muratura.jpg muratura, détail du mur sud

 

L'énigme de la dédicace de la plebania de Giovellina à SS. Gervasio et Protasio:

St Gervais et St Protais tapisserie du Mans.jpg

(le martyre des  deux saints jumeaux,  Gervais et Protais : Tapisserie du Mans)

 

écoutons à nouveau G. M. Mazel dans sa Corsica Sacra, p. 246:

"Pourquoi donc ce patronage de ces deux martyrs - unique en Corse dans une piévanie - on ne le sait pas.

On peut seulement rappeler que c'est le 19 juin 386 que l'évêque de Milan Ambrogio, qui avait été avocat avant de devenir évêque, découvrit les tombes de ces martyres du III°s., Gervasio et Protasio. C'est après cet évènement que le culte de ces deux saints, dont onne sait pas grand chose par ailleurs, se développa en Occident, avec fête le 19 juin, jour de l'invention de leur corps."

Invention des reliques des Sts Gervais et Protais par St Ambroise 386 - Philippe de Champaigne.jpg

Philippe de Champaigne (1658) : l'Invention des reliques des deux saints martyrs Gervais  et Protais par Saint Ambroise.

 

u pratu di ghjuvellina,pieve de ghjuvellina,saint gervais et saint protais

S. Ambrogio, détail de la  fresque des quatre Docteurs de l'Eglise à la Trinità d'Aregno

 

 

 la version brève :

(avec Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien, p.588):

" Fils jumeaux de saint Vital et sainte Valérie. Après le martyre de leurs parents, ils vendent tous leurs biens dont ils distribuent le prix aux pauvres et se font baptiser.

Appréhendés sur l'ordre de Néron, ils refusent d'abjurer et de sacrifier à Jupiter.

Ils sont alors traînés en prison, où un ange les réconforte, puis flagellés avec des lanières plombées et enfin décapités.

(...) Deux siècles plus tard , à la suite d'une révélation,   saint Ambroise, évêque de Milan, fait exhumer les corps miraculeusement conservés des deux martyrs. L'invention de leurs reliques est suivie d'une translation solennelle au cours de laquelle un aveugle qui touche le cercueil avec un linge recouvre la vue tandis que le diable sort du corps d'un possédé. Les ossements sont déposés dans la basilique où saint Ambroise se fit enterrer à côté d'eux en 397.

A partir de ce moment , les deux saints devinrent les patrons de Milan. (...)" (Louis Réau)

twins.jpg

Philippe de Champaigne (Apparition des saints Gervais et Protais à Saint Ambroise, 1658, Musée du Louvre)

 

 

 

 

Une hypothèse:

SS Gervasio et Protasio auraient donc subi le martyre en refusant de sacrifier à Jupiter, or nous sommes dans la pieve de Giovellina, et voici ce qu'en dit G. Moracchini-Mazel dans une note bien intéressante de ses Eglises romanes de Corse, parlant toujours de la pieve de Giovellina:

 " C'est dans ces parages, soit au pied des aiguilles de Giovellina, que nous chercherions volontiers les traces d'un sanctuaire païen dédié à Giove (car Giovellina vient, dit-on,  de Giove); en effet ce massif montagneux est si impressionnant qu'il a dû être consacré aux divinités depuis les temps les plus reculés, et, en bonne logique, au maître des dieux, à l'époque romaine." ( les églises romanes de Corse, p. 300- 1967).

 

Il n'est donc pas impossible que  ces deux saints aient été spécialement et très anciennement  choisis pour "christianiser" une région fortement marquée par le culte rendu à Giove ...

 

 

 

Et pour les plus courageux, la version longue dans

La Légende dorée – Jacques de Voragine:

 

 

 

SAINT GERVAIS ET SAINT PROTAIS

 

Gervais (Gervasius) vient de gérar, qui veut dire sacré et de vas, vase, ou bien de gena, étranger et syor, petit. Comme si l’on voulait dire qu'il fut sacré par le mérite de sa vie, vase (146) parce qu'il contint toutes les vertus, étranger parce qu'il méprisa le monde et petit parce qu'il se méprisa lui-même.

Protais (Protasius) vient de prothos, premier et syos, Dieu ou divin ; ou bien de pocul et stasis, qui se tient loin. Comme si l’on voulait dire qu'il fut le premier par sa dignité, divin par son amour, et éloigné des affections du monde. Saint Ambroise trouva l’histoire de leur martyre dans un écrit placé auprès de leur tête.

 

Gervais et Protais, frères jumeaux, étaient les enfants de saint Vital et de la bienheureuse Valérie. Après avoir donné tous leurs biens aux pauvres, ils demeurèrent avec saint Nazaire, qui construisait un oratoire à Embrun, et un enfant appelé Celse lui apportait les pierres (c'est anticiper sur les faits de dire que saint Nazaire avait Celse à son service, car d'après l’histoire du premier, ce fut, longtemps après que Celse lui fut offert). Or, comme on les conduisait tous ensemble à l’empereur Néron, le jeune Celse les suivait en poussant des cris lamentables : un des soldats ayant donné des soufflets à l’enfant, Nazaire lui en fit des reproches, mais les soldats irrités frappèrent Nazaire à coups de pied, l’enfermèrent en prison avec les autres et ensuite le précipitèrent dans la mer : ils menèrent à Milan Gervais et Protais. Quant à Nazaire, qui avait été sauvé miraculeusement, il vint aussi dans cette ville. Au même temps, survint Astase, général d'armée qui partait pour faire la guerre aux Marcomans. Les idolâtres allèrent à sa rencontre et lui assurèrent que les dieux se garderaient de rendre leurs oracles si Gervais et Protais ne leur offraient d'abord des sacrifices. On s'empare alors des deux frères et on les invite à sacrifier. Comme Gervais disait à Astase  que toutes les idoles étaient sourdes et muettes, et que le Dieu tout-puissant était seul capable de lui faire remporter la victoire, le comte le fit frapper avec des fouets garnis de plomb jusqu'à ce qu'il eût rendu l’esprit. Ensuite il fit comparaître Protais et lui dit : « Misérable, songe à vivre et ne cours pas, comme ton frère, à une mort violente. » Protais reprit : « Quel est ici le misérable ? Est-ce moi qui ne te crains point, ou bien toi qui donnes des preuves que tu me crains? » Astase lui dit : « Comment, misérable, ce serait moi qui te; craindrais, et comment? » « Tu prouves que tu crains quelque dommage de ma part, reprit Protais, si je ne sacrifie pas à tes dieux, car si tu ne craignais aucun préjudice, jamais tu ne me forcerais à sacrifier aux idoles. » Alors le général le fit suspendre au chevalet. «Je ne  m’irrite pas contre toi, général, lui dit Protais ; je sais que les yeux de ton coeur sont aveuglés ; bien au contraire, j'ai pitié de toi, car tu ne sais ce que tu, fais. » Achève ce que tu as commencé, afin que la bénignité du Sauveur daigne  m’accueillir avec mon frère. Astase ordonna alors de lui trancher la tête. Un serviteur de J.-C. nommé Philippe, avec son fils, s'empara de leurs corps qu'il ensevelit en secret en sa maison, sous une voûte de pierre ; et il plaça à leur tête un écrit contenant le récit de leur naissance, de leur vie et de leur martyre. Ce fut sous Néron qu'ils souffrirent, vers l’an du Seigneur 57. Longtemps leurs corps restèrent cachés, mais ils furent découverts au temps de saint Ambroise de la manière suivante: Saint Ambroise était en oraison dans l’église des saints Nabor et Félix ; il n'était ni tout à fait éveillé, ni entièrement endormi; (148) lorsque lui apparurent deux jeunes gens de la plus grande beauté, couverts de vêtements blancs composés d'une tunique et d'un manteau, chaussés de petites bottines, et priant avec lui les mains étendues. Saint Ambroise pria, afin que si c'était une illusion, elle ne se reproduisît plus, mais que si c'était une réalité, il eût une seconde révélation. Les jeunes gens lui apparurent de la même manière à l’heure du chant du coq, et prièrent encore avec lui ; mais la troisième nuit, saint Ambroise, étant tout éveillé (son corps était fatigué par les jeûnes) fut saisi de voir apparaître une troisième personne qui lui semblait être saint Paul, d'après les portraits qu'il en avait vus. Les deux jeunes gens se turent et l’apôtre dit à saint Ambroise: «Voici ceux qui, suivant mes avis, n'ont désiré rien des choses terrestres; tu trouveras leurs corps dans le lieu où tu es en ce moment ; à douze pieds de profondeur, tu rencontreras une voîlte recouverte de terre, et auprès de leur tête un petit volume contenant le récit de leur naissance et de leur mort. » Saint Ambroise couvoqua donc ses frères, les évêques voisins; il se mit le premier à creuser la terre, et trouva le tout comme lui avait dit saint Paul ; et bien que plus de trois cents ans se fussent écoulés, les corps des saints furent découverts dans le même état que s'ils venaient d'être ensevelis à l’heure même. Une odeur merveilleuse et extraordinairement suave émanait du tombeau.

Or, un aveugle, en touchant le cercueil des saints martyrs, recouvra la vue, et beaucoup d'autres furent guéris par leurs mérites. On célébrait cette solennité , en l’honneur des saints Martyrs quand fut rétablie la  paix entre les Lombards et l’empire romain. Et c'est pour cela que le pape saint Grégoire institua de chanter pour introït de la messe ces paroles : Loquetur Dominus pacem in plebem suam *. En outre les différentes parties de l’office en l’honneur de ces saints se rapportent tantôt à eux, tantôt aux événements qui survinrent à cette époque. Saint Augustin raconte, au livre de la Cité de Dieu, qu'un aveugle recouvra à Milan l’usage de la vue auprès des corps des saints martyrs Gervais et Protais, et cela en sa présence, devant l’empereur et une grande foule de peuple. Est-ce l’aveugle dont il a été question plus haut, est-ce un autre, on l’ignore. Le même saint raconte encore, dans le même ouvrage, qu'un jeune homme lavant un cheval dans une rivière près de la villa Victorienne, distante de trente milles d'Hippone, aussitôt le diable le tourmenta et le renversa comme mort dans le fleuve. Or, pendant qu'on chantait les vêpres dans l’église dédiée sous l’invocation des saints Gervais et Protais, église qui était près du fleuve, ce jeune homme, comme frappé par l’éclat des voix qui chantaient, entra dans un grand état d'agitation en l’église où il saisit l’autel, sans pouvoir s'en éloigner; en sorte qu'il paraissait y avoir été lié. Quand on fit des exorcismes pour faire sortir le démon, celui-ci menaça de lui couper les membres, en s'en allant. Après l’exorcisme le démon sortit, mais l’oeil du jeune homme restait suspendu par un petit vaisseau sur la joue. On le remit comme on put en sa place, et peu de jours après 1'œil fut guéri par les mérites de saint Gervais et de saint Protais. Saint Ambroise s'exprime ainsi dans la Préface de ces saints : « Voici ceux qui, envolés sous le drapeau du ciel, ont pris les armes victorieuses dont parle l’apôtre : dégagés des liens qui les attachaient au monde, ils vainquirent l’infernal ennemi avec ses vices, pour suivre libres et tranquilles le Seigneur J.-C. Oh! les heureux frères, qui en s'attachant à la pratique des paroles sacrées, ne purent être souillés par aucune contagion ! Oh! le glorieux motif pour lequel  ils combattirent, ceux que le même sein maternel a mis au monde, reçoivent tous les deux une couronne semblable. »

 

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avec les deux amies complices Michelle Lafay et Colette Fernandez

 

... à suivre!

 


 

 

 

29/10/2013

Une journée dans le Boziu et le Mercuriu, jeudi 31 Octobre

Jeudi 31 Octobre, l'Association Saladini propose

une journée de découverte

des chapelles à fresques et églises baroques des pieve du Boziu et du Mercurio:

 

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(Favallelu, église santa Maria Assunta: Saint Matthieu)

L'occasion de rencontrer, par d'étroites petites routes de montagne cette région attachante et riche de patrimoine: au programme de cette journée, la chapelle Santa Maria Assunta et son décor de fresques (fin XV°) à Favallelu, l'église conventuelle d'Alando

 

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(le Christ et Saint Jean-Baptiste, à San Nicolau de Sermanu)


la chapelle San Nicolau et ses fresques à Sermanu (entre 1450 et 1458),

l'église San Pietro  et la chapelle romane San Michele de Castellare di Mercuriu, enfin l'église Santa Lucia à Santa Lucia di Mercurio...

 


 

Rendez-vous très matinal à 7H30 sur le parking de la gare de PONTE LECCIA.

Prévoir son pique-nique et des chaussures qui tiennent aux pieds.

 

Renseignements: 06 17 94 70 72

 

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(détail du sepolcru de Francescu Carli à Santa Lucia di Mercurio)