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19/01/2012

la Montagne des orgues vous présente ses meilleurs voeux!

 

" la Montagne des Orgues"

vous présente

ses meilleurs voeux ...

voeux 2012 blog.jpg

(Corbara, l'orgue restauré et relevé en 2011: tribune et buffet Saladini- restauration E. Poli, orgue Saladini/Agati -Tronci/P.Hartmann/ relevage A.Faye et A.Sals)


... avant que ce mois de janvier ne s'achève,  pour que vivent nos orgues de Corse, qu'ils soient joués, qu'ils soient restaurés ou relevés avec autant de grâce que ce magnifique orgue de Corbara qui a  retrouvé depuis cette fin 2011  toute sa splendeur visuelle et sonore grâce au talent d'Ewa Poli (redécouverte du décor initial de la tribune et du buffet Saladini) et des facteurs d'orgues Alain Sals et Alain Faye. Ajoutons aussi la belle restauration par André Fabre de la grosse caisse de la Banda Militari ...

la grosse caisse blog.jpg

installée en décembre avec succès et quelques péripéties, désormais prête à officier avec fracas sous le pied énergique des organistes.

Au fait, tous nos voeux, décidément, pour que les organistes en Corse fassent des petits, c'est urgent! ou, à défaut, pour que l'on accélère la recherche sur le clonage des dits organistes ...


01/12/2011

l'orgue de Corbara retrouve son éclat:1°/ restitution du décor du buffet/tribune/tambour

L'orgue de Corbara vient de retrouver sa voix et son esthétique du début XIX° siècle

1°/ la restitution du décor du buffet/tribune / tambour par l'atelier d' Ewa POLI

Classé Monument Historique par arrêté du 18 janvier 2007, l'orgue Agati-Tronci (1890) de la Collégiale A Nunziata de Corbara vient de faire l'objet d'un excellent relevage sous la direction de Michel COLIN, Technicien - Conseil agréé pour les Monuments Historiques.

Le relevage de la partie instrumentale de l'orgue a été confié à Alain FAYE et Alain SALS, la restauration du décor du buffet, de la tribune et du tambour à Ewa POLI.

Commençons par la partie la plus visible : la transformation saisissante de l'ensemble buffet/tribune/tambour:

 

46 Orgue-Corbara volets ouverts1.jpg

Voici cet ensemble tel que nous avions l'habitude de le voir depuis des lustres, imposant par sa taille et son architecture, uniformisé sous ses repeints tardifs (fin XIX° siècle, lors de la reconstruction de l'orgue par la firme Agati Tronci) et lourdement vernissés.

 

orgue de Corbara restauré blog.jpg

Le voici aujourd'hui, restitué par l'atelier d'Ewa Poli après de longs mois d'un travail minutieux et plein d'embûches, récompensé par de belles découvertes ...

Il ne manque plus que les deux anges buccinateurs, miraculeusement retrouvés et en cours de restauration, qui retrouveront bientôt leur envol, au-dessus du buffet. Ils étaient en très fâcheuse posture et leur restauration a tenu de la chirurgie réparatrice des plus pointues ...

 

anges retrouvés.jpg

... des anges "à la Saladini", comme ceux de Costa ou de Speloncato:

l'ange de gauche.jpg

ici, à Costa:

là aussi, feu l'ami Pierre Sibieude avait dû mettre tout son talent pour consolider et rendre à leur état initial les anges existants, ravagés par les prédateurs xylophages ...



DSC_2936 copyensemble en travaux.jpg

le travail en cours , dégagement centimètre par centimètre ...

détail central de la tribune.jpg

Un travail extrêmement délicat pour retrouver la grande qualité de ce décor en chiquetage ou mouchetage, des faux marbres, pour restituer l'argenture ... Cet ensemble nous rappelle irrésistiblement le petit orgue de Costa, ici sous la voûte peinte par Francescu Giavarini autour de 1820:

orgue Costa entier blog.jpg

Le type de décor en chiquetage ou mouchetage n'apparaît en Corse que sur les buffets de Corbara, de Costa et sur les panneaux entourant le clavier du précieux petit orgue (Marracci 1780) de La Porta.

"Dans les deux cas, divers indices plaident pour évoquer l'hypothèse vraisemblable d'instruments antérieurs à leur présentation actuelle. A Costa, la rambarde, réemploi manifeste, signale un transfert après les temps révolutionnaires. A Corbara, il pourrait s'agir d'un transfert interne. Il paraîtrait en effet tout-à-fait curieux qu'une collégiale aussi bien dotée, regorgeant d'orfèvrerie, de somptueux vêtements liturgiques, et déployant une telle magnificence dans l'emploi du marbre, n'ait pas disposé d'un orgue dès le XVIII° siècle"

( Michel Foussard, alors technicien conseil agréé pour les orgues historiques,  complément d'étude pour le relevage de l'orgue de Corbara, 2008)

Une même date, 1819, la seule retrouvée dans les deux cas, apparait à Costa comme à Corbara

costa clavier et pédalier  et signature blog.jpg

 A Costa,  c'est la signature de l'artiste décorateur qui signale ostensiblement son oeuvre au-dessus du clavier: BERNARDO ZIGLIARA CYRNENSI AB ALGAJOLA INAURATORE ANNO DOMINI. 1819. 9 APRILIS

volet Davia et date.jpg

A Corbara, la date sur le volet (gauche) peint représentant sainte Cécile - sous les traits, dit la légende, de Davia, sultane du Maroc ...

volet David et signature Giavarini.jpg

et la signature de Francescu Giavarini sur le volet (droit) du Roi David

 

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"F. Giavarini dipinse"

Enfin,

" Nous relevons la même parenté d'architecture sur les buffets de Costa et de Corbara, où le fronton s'avère toutefois plus lourd, bien qu'identique dans sa ligne, à celui de Costa. Nous retrouvons ce dessin dans un grand nombre de buffets réalisés par Anton Giuseppe Saladini (1763 - 1841). Il se pourrait que le buffet de Costa, d'un raffinement de dessin et d'exécution bien supérieur, témoigne d'une main accomplie du XVIII° siècle, et provienne, tout le suggère, d'un transfert après les saisies révolutionnaires. Son décor peint aurait alors été entièrement repris par Zigliara, assez probablement sur un existant dégradé.

 

Le décor d'attique, en revanche, avec ses volutes, son soleil, ses angelots, porte à l'évidence la marque d'Anton-Giuseppe Saladini, tants le thème, et l'exécution, se retrouvent dans maints de ses instruments postérieurs. Rajouté sans doute à Costa lors de l'installation de l'instrument dont nous ne connaissons pas la localisation première, il pourrait de même couronner à Corbara un orgue plus ancien. (...)

(...)  tout le détail des motifs sculptés, soleils, rinceaux, têtes d'angelots ou d'hommes, fleurs, volutes ... sur les buffets, coques, et tambours de Costa et de Corbara portent la forte marque d'Anton-Giuseppe, telle qu'on la reconnaît contamment dans ses oeuvres. Leur décor peint, vert et or, s'y retrouve tout de même invariablement reproduit. (...)

(Michel Foussard, idem)

L'hypothèse de Michel Foussard s'est trouvée confortée par la découverte, lors de la restauration par Ewa Poli, d'une signature au crayon d'Anton Giuseppe Saladini,

Corbara signature Saladini blog.jpg

difficilement lisible, mais l'on distingue clairement:

" ANTONIO JOSEPH SALADINI SPELONCATO HOC OPUS FECIT(?)

Rappelons qu'Anton Giuseppe Saladini, originaire de Speloncato, fut un artisan ébéniste de grand renom à son époque - à cheval sur le XVIII° et le XIX° siècles - , doué d'un savoir-faire diabolique, disait-on : on parlait de lui jusqu'à Bastia en disant "ce diable d'homme"!  Notons au passage qu'il faisait aussi partie de la confrérie de Costa , en même temps que de celle de Speloncato, ce qui conforte la conviction qu'il travailla également sur l'ensemble tribune et buffet de l'orgue de Costa.
 

Un grand coup de chapeau à Ewa Poli et son équipe pour cette magnifique restitution parsemée d'embûches et d'heureuses découvertes ...

(à suivre pour le relevage par Alain Faye et Alain Sals de la partie phonique de l'orgue de Corbara )

 

 

 

 

 

 

28/06/2011

l'orgue de Corbara se refait une beauté

 

L'orgue de Corbara

Ce magnifique instrument est actuellement déposé et en cours de relevage par les facteurs d'orgue Alain FAYE et Alain SALS, qui devraient le réinstaller à partir de septembre. Nous évoquerons le moment venu à nouveau cet orgue recomposé et augmenté  par AGATI-TRONCI en 1890, restauré par Philippe HARTMAN en 1979 ...

 

Corbara orgue blog.jpg

la tribune monumentale de l'orgue,

avant le début des travaux actuels de restauration ...

DSC_2936 copyensemble en travaux.jpg

... par l'atelier d'Ewa POLI : divine surprise! sous les repeints du XIX° s. dégagement d'un magnifique décor chiqueté et argenté qui habille l'ensemble ...

détail central de la tribune.jpg

donnant, cela est sûr,

la tribune en restauration blog.jpg

un certain air de famille avec ...

orgue blog.jpg

le petit orgue de Costa ...

A Costa, le décor créé sur cette jolie tribune "à la Antonio Giuseppe Saladini", est signé et daté par Bernardo ZIGLIARA en 1819  : une belle restauration faite en 2004 par notre regretté Pierre SIBIEUDE ...

Inutile de dire que nous suivons de près l'avancement des travaux ...

22/03/2011

Scata: suite de la note du 11/03/11

 

SCATA, église santa Cecilia un patrimoine digne d'intérêt à sauver

Cette église a reçu au 18°s. un beau décor malheureusement repeint sans délicatesse ...

ste Cécile choeur blog.jpg

Au fond du choeur, cette représentation de la Vierge de l'Assomption, peinte par Giacomo GRANDI, malheureusement bien maladroitement "raffraichie" ...

 

Ste Cécile voûte blog.jpg

... ainsi que le médaillon de la voûte,   brutalement rebarbouillé, dommage! représentant santa Cecilia  devant "son" orgue: attribuable soit à Domenico Baino, soit à Salvatore Angeli, auteur d'un médaillon à la Collégiale de Calenzana: merci, Michel Edouard Nigaglioni, pour cette dernière suggestion.

 

Calenzana médaillon Salvatore Angeli - blog.jpg

Pour comparaison, le médaillon de Saint Blaise à Calenzana.

Décidément cette église sainte Cécile de Scata mériterait des soins appropriés: dans la note précédente, nous évoquions toutes les difficultés rencontrées par cette petite commune et pour qui le patrimoine de l'église est une surcharge de dépenses bien difficile à gérer. "Quelqu'un de la partie" (?) avait soutenu que les trois toiles de l'église ne présentaient aucun intérêt ... et pourtant ...

 

Scata Cécile visage.jpg

 

L'historien de l'art M.E. Nigaglioni rappelle que ce tableau de santa Cecilia est l'un des plus beaux du maître Marc Antonio de Santis: il est signalé et illustré dans l'ouvrage collectif sur la Corse publié par Christine Bonneton (Encyclopédie Bonneton), p.39, , dans l'Encyclopedia Corsicae (2004), dans les Cahiers Corsica (2007) ...

 

 

 

 

Scata Rosaire St François.jpg

 

... Que le Rosaire (ici le détail de saint François en prière aux pieds de la Vierge) "peint par Grandi est projeté dans le film sur la peinture baroque corse qui est diffusé en boucle dans la salle correspondante au Musée de Bastia" ... C'est l'une des nombreuses copies exécutées d'après le retable de la Vierge du Rosaire entre saint Dominique et saint François peint pour l'église San giovanni Battista à Bastia, par le peintre génois Domenico Piola (1627 - 1703):

 

Scata Rosaire Vierge et Enfant détail blog.jpg

 

"Pour l'église Santa Cecilia de Scata, Giacomo Grandi exécuta également une copie du Rosaire de Bastia. Cependant il enrichit la composition en ajoutant des guirlandes de fleurs autour des deux cartouches baroques du registre supérieur." ( Michel-Edouard Nigaglioni, article de  "La peinture bastiaise baroque: modèles et copies", in Etudes Corses, n° 50-51 Ajaccio, La Marge Edition 1998)) 

Rosaire détail avant champignons.jpg

(le Rosaire avant l'attaque des champignons)

 

  

Scata Vierge ste Lucie, St Roch et un évèque blog.jpg

... et que , comme le Rosaire, le tableau représentant santa Lucia, en compagnie de san Roccu  et un évêque (san Martinu? Sant' Agostinu?) aux pieds de la Vierge, est publié dans un article de la revue historique "Etudes Corses" en 1998:

Scata la Vierge à l'Enfant, détail.jpg

"L'église santa Cecilia de Scata conserve un retable figurant un saint évêque, saint Roch et sainte Lucie aux pieds de la Vierge à l'Enfant. Les deux personnages masulins du registre inférieur sont directement copiés sur le modèle bastiais. Deux peintres semblent être intervenus sur cette toile. L'un d'eux est aisément identifiable car on reconnait le style très particulier de Giacomo Grandi (actif en Corse dès 1746, mort en 1772) dans le visage de la Vierge." (idem)

Tout ceci pour dire que Scata fait partie de ces petites communes rurales aujourd'hui dépeuplées et désargentées qui doit gérer un patrimoine menacé mais digne d'intérêt: il serait utile d'encourager et d'aider, par tous les moyens, ces municipalités souvent découragées devant l'ampleur des dégradations d'un héritage dont elles n'évaluent pas toujours précisément la valeur patrimoniale.

 

Vous avez dit priorités?

Si, par exemple, " quelqu'un de la partie" passe faire un inventaire de l'église et note devant le maire que, tout compte fait, ces toiles ne présente pas un intérêt significatif, pourquoi voudriez-vous qu'à Scata l'on cherche à sauver ce qui a été ainsi jugé, alors que tant de priorités urgentes taraudent le conseil municipal ? Le patrimoine ne fait pas partie des priorités. Les priorités s'inscrivent dans le présent des gens des villages: leur mieux-être, la lutte pour le maintien à domicile de cette population restreinte et âgée,  la bagarre permanente contre la précarité, l'inconfort, la désertification... et vous parlez de patrimoine? Ce patrimoine qui s'inscrit, lui, soit dans un passé bel et bien fini, celui dont les anciens se souviennent avec nostalgie - cette époque où ils étaient jeunes et fringants, où l'église pleine de monde s'invitait à toutes les fêtes -  soit dans un avenir bien incertain, celui que nous laisserons à nos enfants, s'il en reste encore au village malgré les difficultés scolaires et l'absence de projet de vie ...

autel de la mort blog.jpg

Or, à Scata , tout ce patrimoine mériterait  pourtant d'être protégé  restauré, transmis : un ensemble qui fut cohérent, avec ses autels de stucs élégants (18°s.), comme ici la partie supérieure de l'autel des Ames du Purgatoire. On voit sur la droite les dégats des eaux, responsable de l'attaque des champignons sur les toiles. Maintenant que le toit est refait, les murs devraient s'assécher ...

la chaire de prêche blog.jpg

ou ici, la chaire de prêche, hélas copieusement ripolinée: à nouveau, le gouffre qui sépare restauration de rénovation.

le confessional blog.jpg

ce beau confessionnal ...

 

Scata tabernacle blog.jpg

 

Et ce bien joli tabernacle (fin 16° s.): en forme de temple à l'antique, avec son toit caractéristique en forme de pyramide et ses deux colonnes engagées, son travail mouluré sur la corniche, la porte et la base. Son décor végétal délicat sur fond vert encadre la porte portant le calice et l'hostie.  Les deux deux inscriptions traditionnelles sont encore lisibles:

"EGO SUM PANIS VIVUS" (entablement)

"HIC DEUM ADORA" (base)

 

Scata tabernacle ange latéral blog.jpg

 

Sur les côtés, deux anges en prière

tabernacle ange de gauche blog.jpg

Ces tabernacles anciens finement décorés se rencontrent encore dans certaines églises,

Gavignano tabernacle  blog.jpg

comme ici à Gavignano.

 

(à suivre)

Merci à Michel Edouard Nigaglioni pour son aide précieuse et sans faille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11/03/2011

La champignonnière de Scata: un patrimoine menacé

 

                 Fin février, dans le petit village de Scata,                  pieve d'Ampugnani, diocèse de Mariana

 

Scata église sainte Cécile et confrérie ste Croix blog.jpg

... dans le crépuscule de cette fin d'après-midi l'église sainte Cécile et derrière, la confrérie sainte Croix ...

 

L'inventaire général du patrimoine de la Région corse a mené une étude du patrimoine de Scata , consultable sur le site du ministère de la Culture:

www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=...

***
Rencontre avec sainte Cécile, la sainte patronne de la musique  ...

Scata Ste Cécile MA De Santis blog.jpg

 Elle habite l'église, derrière l'autel, noble et tranquille.
Cette toile est une oeuvre maîtresse de Marc'Antonio  DE SANTIS: ce peintre, originaire de Benevento, dans l'Etat de Naples,  va choisir de s'installer  dès 1647 à Bastia où il exercera son art jusquà sa mort vers 1681, enrichissant les églises de Corse de ses oeuvres  talentueuses (merci M.E. Nigaglioni!). L'on sait de lui qu'il fut particulièrement sensible  à la musique et ce sujet de sainte Cécile à Scata ne pouvait que le toucher.

Scata ste Cécile visage blog.jpg

Il représente, aux environs de 1660, cette magnifique sainte Cécile chantant et effleurant d'une main délicate l'orgue selon l"iconographie la plus courante dans nos églises et sur nos tribunes d'orgues peintes.
Hélas, la toile n'est pas en bon état et elle est menacée par le mal qui a déjà attaqué les deux autres toiles de l'église:

 

Scata le Rosaire Grandi blog.jpg

 

Ici le Rosaire, peint par ce bon peintre du XVIII°s. que nous connaissons bien, Giacomo GRANDI. La Vierge et l' Enfant remettent le Rosaire aux saints Dominique et François. Ici les quinze Mystères sont répartis en trois parties.

 

 

Scata Rosaire Vierge et Enfant détail blog.jpg

Malheureusement depuis environ un an cette jolie  toile est la proie de champignons dévastateurs, détruisant jusqu'à la lecture de l' oeuvre . La propagation de cette peste cryptogamique est implacable, les spores migrant sournoisement d'une toile à l'autre dans le silence humide de l'église.
La municipalité vient de terminer la réfection du toit qui laissait, avant cette intervention urgente, les eaux de pluie ruisseler à l'intérieur de l'église: les murs mettront sans doute du temps à s'assècher et en attendant, que faire pour sauvegarder les toiles de Scata?
Le maire se bat pour les priorités communales basiques, utilisant au plus serré le budget exsangue d'une petite commune montagnarde dépeuplée: tout à l'égout, ramassage des poubelles, routes, etc ... la sécurité vitale des gens passe évidemment bien avant toute idée de restauration du patrimoine, non pas qu'à Scata l'on s'en désintéresse, mais l'on n'a pas matériellement les moyens d'agir ...

Ce patrimoine des villages nous interroge, car c'est aussi le nôtre - et ce n'est pas parce que ce patrimoine n'est pas souvent  signé par des grands noms et qu'il a souvent cette connotation d'art populaire qu'il faut le laisser mourir. On souhaîte que la gestion des fonds publics soit suffisamment éclairée pour ne plus connaître ces  opérations parfois cataclysmiques (du genre de celle qui afflige le réseau ferrovière de la Corse) qui pompent le budget de la CTC et ne laissent, au regard de ces gouffres financiers,  que des miettes pour la politique de sauvegarde et de restauration de notre patrimoine.

Scata Cécile main.jpg

(à suivre!)