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29/08/2015

29 Août, fête de la Décollation de Saint Jean-Baptiste

29 AOÛT,

Fête de la Décollation de St Jean-Baptiste

avec Giacomo GRANDI

(une note qui saigne)

 

Caravaggio Décollation 1607.jpg

Le Caravage 1609 : la Décollation de Saint Jean-Baptiste- National Gallery Londres 

Rappelons que Saint Jean-Baptiste est le premier dans la hiérarchie des saints:

"major homine, par angelis"

 

 A La Porta, en Castagniccia, le cartouche au-dessus de la porte d'entrée de la justement célèbre église Saint Jean-Baptiste annonce:

"Non surrexit Major

Joanne Baptista"

 

"Hérode disait : Celui que moi j'ai fait décapiter, Jean, c'est lui qui s'est relevé ! Car c'était lui, Hérode, qui avait envoyé arrêter Jean et l'avait fait lier en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de Philippe, son frère, qu'il avait épousée. Car Jean disait à Hérode : Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère. Hérodiade en avait contre lui, et elle aurait bien voulu le tuer, mais elle ne pouvait pas. Car Hérode craignait Jean, le sachant un homme juste et saint, et il le protégeait. Et après l'avoir entendu, il ne savait vraiment que penser, et cependant il l'écoutait avec plaisir.

 

Vint un jour opportun, quand Hérode, lors de son anniversaire, fit un dîner pour ses grands, pour ses officiers et pour les notables de la Galilée. Et la fille de ladite Hérodiade entra, dansa et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la fillette : Demande-moi tout ce que tu veux, et je te le donnerai. Et il lui fit ce serment : Tout ce que tu demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. Et elle sortit et dit à sa mère : Que dois-je réclamer ?  Celle-ci dit : La tête de Jean le Baptiseur. Et, rentrant aussitôt en hâte auprès du roi, elle fit sa réclamation : Je veux qu'à l'instant tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. Et le roi devint très triste, mais à cause de ses serments et de ses convives, il ne voulut pas la repousser. Et aussitôt le roi envoya un bourreau avec ordre d'apporter la tête de Jean. Et celui-ci s'en alla le décapiter dans la prison. Puis il apporta la tête sur un plat et la donna à la fillette, et la fillette la donna à sa mère.

 

Et l'ayant appris, ses disciples vinrent, enlevèrent son cadavre et le mirent dans un tombeau."

Evangile selon Saint Marc (VI 16-29)

 

MoïtaGrandi Salomé et Hérodiade copie.jpg

Le couple aimant Mère-Fille, suite du dialogue:

" Dis, maman, que dois-je demander ?"

"Ma chérie, tu n'as qu'à lui demander la tête de Jean-Baptiste!"

Hérodiade, richement vêtue d'hermine et de perles, coiffée de sa couronne durement gagnée au lit de son ex-beau-frère le Tétrarque Hérode Antipas pose tendrement sa main sur l'épaule de sa fille ( à moins qu'elle ne la maintienne fermement sous sa coupe!), la délicieuse Salomé, le cou et le poignet ceints de corail, la savante coiffure ornée d'une aigrette ... une bien belle jeune princesse, en vérité! 

Conclusion sanglante d'une série haletante que ne désavouerait pas  la télévision ...

 

Résumé des épisodes précédents:

Le prophète Jean-Baptiste avait bien compris la manœuvre d'Hérode Antipas  qui avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et sa nièce de surcroît ... Et voilà maintenant ouvertement formé le couple incestueux du roi Hérode et de sa belle-soeur, Hérodiade, devenue reine dans la splendeur de sa maturité.

Jean-Baptiste, prophète et témoin intraitable hurle à la face du monde son indignation et son dégoût. Naturellement Hérodiade prend en détestation  ce rabat-joie "intégriste" et tanne Hérode pour qu'il se décide enfin à l'éliminer définitivement.

Mais Hérode semble avoir un grand respect pour le prophète - cousin de Jésus, rappelons-le),  il en mesure sans doute la popularité, et recherche même sa conversation. Refusant de le livrer au bourreau, il se contente, pour apaiser le courroux de sa chère épouse, de l'emprisonner. Hérodiade ronge son frein,  attend son heure.

Voici venue la fête de l'anniversaire d'Hérode. Hérodiade demande à Salomé, sa jeune fille alors dans la fleur de l'âge, de danser pour le roi et ses convives: une danse torride que les romantiques ont imaginée dotée de sept voiles, retirés un à un avec grâce par la jeune danseuse sous les yeux concupiscents d'Hérode : vous imaginez son état au septième voile ...

(giacomo grandi,moïtavoir la Salomé de Gustave Moreau) ...

 

 

 

 

"Demande-moi tout ce que tu veux, et je te le donnerai. Et il lui fit ce serment : Tout ce que tu demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume"

 

- Vous pouvez lire sur le sujet un dossier instructif: http://www.forumopera.com/v1/opera-no11/salome/01.htmde

 

Oscar Wilde a même imaginé que Salomé tombe amoureuse de Jean-Baptiste - amour non partagé! : Richard Strauss en tirera un opéra célèbre, Salomé, qui sera joué en 1905 à Dresde, et où Salomé se livre à cette danse lascive des Sept Voiles dont le roi Hérode ne sort pas indemne ...

Après la décapitation du prophète, Salomé, désespérée, baisera les lèvres mortes de celui qui s'est refusé à elle ...

 

 

 

Aussitôt dit, aussitôt fait ...

Moïta Grandi détail décollation JB copie.jpg

Un beau gaillard barbaresque, ce bourreau à la main sûre ! A peine l'ordre donné, il a dégainé et fait sa besogne sans état d'âme. Son accoutrement tranche avec le raffinement des toilettes féminines de Salomé et d'Hérodiade, un bandeau enserrant sa tignasse sauvage il dépose fièrement la tête tranchée de Jean-Baptiste dans le plat que lui tend Salomé. Elle détourne les yeux, effrayée, dégoûtée, malheureuse ? Sa mère lui presse l'épaule pour l'encourager ou l'obliger à regarder, et de son autre main elle tient un flambeau dégouttant comme la tête du supplicié et à la flamme sanglante,  éclairant la scène dont elle ne veut pas perdre une miette : bon, c'est bien lui, elle déguste sa vengeance !

Le corps nu et supplicié de Jean-Baptiste git à genoux, les bras liés dans le dos. Une exécution banale dont l'actualité hélas abonde en somme dirions-nous aujourd'hui, dans une prison anonyme, mais dont la cruauté est ici soulignée par la présence des deux femmes élégantes.

Moïta Grandi Décollation JBapt copie.jpg

Cette scène de Décollation représentée dans les bas-fonds d'une prison se trouve au registre inférieur de cette toile en compagnie des Âmes du Purgatoire, purgeant leurs fautes en attendant la rémission grâce à l'intercession des saints du registre supérieur:

Moïta Grandi détail haut décoll.jpg

au centre, l'Annonciation avec Marie et l'ange Gabriel et la colombe de l'Esprit Saint à l'œuvre; à la droite du groupe, Sainte Lucie tenant la palme de son martyre et la coupe contenant ses yeux; à gauche, Saint Pierre , la main sur le cœur et brandissant les clefs du paradis ... La contenance modeste et humble de Marie et de Lucie rachète l'élégance tapageuse de Salomé et d'Hérodiade.

D'après G. Moracchini Mazel, "Ces deux derniers saints devaient être honorés au Moyen-Age dans ce même secteur " ( région de Moïta), et cette peinture populaire du milieu XVIII°s. évoque ces cultes locaux encore vivaces à cette époque.

Cette peinture visible à Moïta est l'œuvre du peintre Giacomo Grandi .

Cet excellent artiste nous est bien connu par les travaux de l'ami Michel-Edouard Nigaglioni:


Giacomo GRANDI, peintre originaire de Milan, a choisi de vivre en Corse où l'on suit sa riche production picturale de 1742 à 1772. Après avoir vécu en Balagne, dans le village de Monticellu où il s'était marié, il se remarie, en 1758, après le décès de sa première épouse, avec une jeune fille de Quercitellu, village qui surplombe la Porta, en Castagniccia. Il y vit de nombreuses années avant de s'éteindre (1772 ) à Borgu où il est enterré.

     Petricaghju la naissance de Jean Baptiste blog.jpg

Notons que Giacomo Grandi a également illustré à Petricaghju  la Nativité du petit Jean-Baptiste, fils de Zacharie et d'Elisabeth et cousin de Jésus ...

    "Par un privilège exceptionnel, l'Eglise célèbre à la fois le jour de sa naissance et le jour de sa mort: sa Nativité est célébrée le 24 juin, sa Décollation le 29 août. Or, deux autres Nativités seulement sont inscrites au calendrier celle du Sauveur et celle de la Sainte Vierge.

    Il y avait même autrefois une troisième fête de saint Jean: la fête de la Conception de saint Jean-Baptiste. Célébrée en Orient, elle a été remplacée dans le calendrier romain par la fête de la Visitation qui commémore implicitement la sanctification de saint Jean dans le sein de sa mère.

(...)

    Plus populaire encore, la Passio ou Decollatio, célébrée en août, remplace les fêtes païennes que le Christianisme, conscient des forces de la tradition, a su dériver à son profit. Les feux allumés sur les hauteurs au solstice d'été, après le coucher du soleil, sont devenus les feux de la Saint Jean.

(Louis Réau: L'iconographie de l'art chrétien, p. 434)

 

 "En Corse, plus d'une cinquantaine d'édifices ont porté, à l'époque paléochrétienne et au Moyen-Age, le vocable de S.Giovanni Battista, - chiffre auquel il faudrait ajouter le patronage des petits baptistères accolés aux églises piévanes. (...) C'est dire à quel point ce culte appartiendrait à la prmière période du Christianisme officiel dans l'île, comportant l'organisation des cérémonies baptismales dans chaque pieve - sous l'autorité des premiers évêques et des premiers piévans." (G. Moracchini-Mazel, Corsica Sacra, p. 46)

 

giacomo grandi,moïta,salomé,hérode,hérodiade

 

fresque de Sermanu, San Giovanni BattistaAltiani Carli Décollation st Jean Baptiste blog.jpg

On peut rencontrer d'autres peintures sur le thème de la Décollation de St Jean-Baptiste, comme ici, à Altiani, peinte par Francescu Carli : le bourreau s'apprête à faire son œuvre sous le regard attentif de Salomé et d'Hérodiade ... 

Décollation ST J B à Bastia.jpg

 

... sans doute inspiré par la peinture anonyme du XVII° s. de l'église St

Jean-Baptiste de Bastia ...

Bastia, Eglise Saint Jean Baptiste:  merci à l'historien de l'art Michel Edouard Nigaglioni qui m'a communiqué ce cliché et l'article suivant:

"Anonyme

(école romaine du XVIIe siècle, copie d’après Gerrit Van Hornthorst)

 

La décollation de saint Jean-Baptiste

XVIIe siècle

Huile sur toile (420 cm x 274 cm), châssis rectangulaire vertical

Eglise paroissiale Saint-Jean-Baptiste

 

ICONOGRAPHIE

- Saint Jean-Baptiste est représenté agenouillé, en prière, devant un bourreau brandissant une hache (à droite). Au-dessus du saint, un ange apporte une couronne de feuillage. A gauche de la composition, sont figurées Salomé tenant un plateau sous le bras, et Hérodiade brandissant une torche.

- Cette œuvre est la copie d’un grand retable, peint en 1618 par Gerrit Van Hornthorst (dit : « Gherardo delle notti ») pour l’église Santa Maria della Scala à Rome, à la demande du cardinal Scipione Borghese.

 

HISTORIQUE

- Le peintre hollandais Van Hornthorst (né à Utrecht en 1590, mort dans cette même ville en 1656) séjourna à Rome une dizaine d’années, entre 1610 et 1620, où il travailla pour l’aristocratie et les princes de l’église. Il acquit alors une réputation internationale. Surnommé Gherardo delle notti parce qu’il aimait peindre principalement des sujets nocturnes.

- Ce tableau, qui représente le martyre du saint titulaire de l’édifice, fut vraisemblablement commandé pour orner originellement le maître-autel de l’église primitive (érigée en église paroissiale en 1618 par Paul V). Après la reconstruction de l’église (1636-1665) la toile ne prit pas place dans le nouveau chœur et fut installée dans une chapelle latérale. Le plus ancien plan connu de l’église, daté de 1693, mentionne que la chapelle porte le vocable de « La decollazione ».

- L’œuvre est classée Monument Historique au titre d’objet mobilier (30 - 07 - 1970)."

(Michel Edouard Nigaglioni)

 

Michel Edouard Nigaglioni estime que nous avons à Altiani, avec la toile de la Décollation,  la preuve que Francescu Carli a visité les églises de Bastia : il est vrai qu'il semble bien s'être inspiré de la toile de Bastia, mais en mettant sa touche personnelle dans la réalisation de cette scène ...

"Francescu CARLI est né dans l'Etat de Lucques, vers 1735. Il s'installe très jeune en Corse, à San Lorenzo (en Castagniccia) où ilé pouse une jeune fille du village. Carli est mort à San Lorenzo, le 17 août 1821, à l'âge de 86 ans.

(...) Francescu Carli est l'un des peintres les plus productifs de l'école corse, on lui doit plusieurs centaines d'oeuvres (tableaux d'autel, bannières de procession, chemins de croix)  (...)

Michel Edouard Nigaglioni , dans CORSE ( page 43) ouvrage collectif publié par Christine Bonneton.

 

 

D'autres œuvres en Corse sur le même sujet ... 

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... et à La Porta, cette grande toile de l'autel majeur ...

 

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(cliché M.E. Nigaglioni)

...à Cervione, la Décollation (en compagnie de St Roch) peinte par Domenico Desanti ...

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(cliché M.E. Nigaglioni)

... et à Poggio Mezzana, la Décollation peinte par Joseph Giordani ...

 

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...ou à Bonifacio,

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la châsse de procession de la Décollation de St Jean-Baptiste ...

 

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... ou à Costa, avec le décor peint par Francescu Giavarini dans la petite église San Salvadore  ...

 

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... ou à Castifau, cette peinture qui condense en une seule toile les épisodes successifs de la fin de vie de St Jean-Baptiste: emprisonné (au milieu et à gauche), décapité (au centre et en bas) et le chef déposé dans le plat de Salomé, et (en haut, à gauche) la jeune fille qui apporte la récompense cruelle de sa danse au couple festoyant d'Hérode et d'Hérodiade ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

29/05/2011

Le martyre de Sainte Catherine

Ce jeudi 26 mai, sur la place de l'église sainte Catherine de Loriani,

lors de notre dernier parcours,

Campanile blog.jpg

dans ce hameau de la Pieve de Vallerustie,

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 nous avons partagé le repas, l'ombre et la sérénité du lieu :

martyre de sainte catherine

sous le regard de cette antique demeure cablée

martyre de sainte catherine

 

et tandis qu'entre les murs saints, la rumeur et l'effroi entourent

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le martyre de sainte Catherine: 

comme promis, quelques images de  ce que vous n'avez pas pu voir ...

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sainte Catherine en son martyre opère bien malgré elle un miracle sanglant

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avec l'aide d'un angélique Exterminator: avis aux malveillants!

 

martyre de sainte catherine

Cette belle toile porte une signature ( Marc Antonio De Santis, le peintre napolitain installé à Bastia) et une date surprenantes (1655): peut-être  G. Grandi l'a-t-il, un siècle plus tard, reprise ?

 

 

 

Le martyre de sainte Catherine:

Sainte Catherine, s'étant vouée au Christ,  refuse d'épouser l'empereur Maxence et de sacrifier aux dieux. Mieux, elle sort victorieuse d'une célèbre dispute avec les plus sages de l'entourage de Maxence, une cinquantaine de philosophes et d'orateurs qu'elle parvient à convertir ...  C'est que, on le sait, les Catherines sont de grandes intellectuelles! Maxence après l'avoir longuement emprisonnée sans nourriture la voue au martyre par le supplice des roues dentées de pointes acérées de fer: mais l'intervention divine brise en éclats la machine infernale qui se retourne contre les bourreaux et l'assistance ... Pour en finir il faudra tout de même décapiter notre redoutable, brave et coriace sainte Catherine...

martyre de sainte catherine

 

la même scène vue par Masolino da Panicale (début XV°s.) à l'église San Clemente de Rome

 

martyre de sainte catherine

et par Lucas Cranach (exposée dans la belle exposition sur Cranach au Musée du Luxembourg à Paris, ces derniers mois)

 


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je reviens à notre église, avec la complicité de ses anges relookés en footballers:

 décidément règne ici

 

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 un certain esprit d'enfance

(Chemin de Croix: la dérision du Christ)

martyre de sainte catherine

un saint Dominique  confit d'amour aux pieds de la Vierge du Rosaire, peint par Giacomo Grandi

 

martyre de sainte catherine

et son fidèle toutou aux longs cils portant le flambeau de la Foi ...


 

30/03/2011

Chemins de Croix de Corse

(En ce temps de préparation de la Semaine Sainte, j'évoque à nouveau ce patrimoine populaire des Chemins de Croix : réédition ...)
à propos des Chemins de Croix peints en Corse.
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Ière Station: Jésus est condamné à mort.
Dans nos églises de Corse, il n’est pas rare de rencontrer ces images du Chemin de Croix, peintes à partir de la fameuse prédication de saint Leonardo da Porto Maurizio, venu sur l’île en 1744 en pleine révolte des Corses contre Gênes  et sur la demande conjointe des Corses … et de Gênes. Sa mission  avouée: prêcher la réconciliation contre la coutume de la vendetta, très meurtrière à cette époque, et d'autre part prêcher la dévotion du Chemin de Croix.

Sa mission inavouée, pour lui, le franciscain ligure d'Imperia: remettre au pas ces Corses turbulents et ingérables, les faire rentrer dans le giron de Gênes ... ce qui fait de lui une sorte d' agent-double sexagénaire très efficace sous son habit de moine. Nous reparlerons de cet évènement une autre fois, ce saint visiteur méritant d’être rencontré de plus près, tant il a marqué de son influence la dévotion populaire à l’époque : ce franciscain au verbe inspiré a développé cette vénération du Chemin de Croix en Corse, qui aujourd’hui encore se déroule dans nos églises avec une si grande ferveur, traditions et confréries à l'appui. Pour aider le peuple à vivre pleinement la Passion du Christ et "encadrer" cette dévotion, saint Leonard a encouragé la réalisation de « séries » de peintures représentant les quatorze stations du Chemin de Croix. La pédagogie par l'image, d'autant plus fortement vécue qu'elle est déambulatoire et chantée : le corps et l'esprit en mouvement.

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IIème Station: Jésus reçoit la Croix sur ses épaules.

 Le drame se met en place: acteurs, spectateurs, costumes identifiant les protagonistes...

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IVème Station:Jésus rencontre sa Mère très affligée.

 La Vierge, reconnaissable à son manteau bleu, se fait bousculer par la soldatesque. Derrière elle, Marie-Madeleine tient à la main le flacon de parfum. A droite, un féroce soldat fait avancer Jésus enchainé en le fouettant. Dialogue de proximité entre la Mère et le Fils, inscrit dans un cercle de silence.

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 Même station, ailleurs: la Vierge, pâmée, impuissante, reçoit en plein coeur la souffrance dynamique du Fils qui marche en parallèle vers son destin, ployé sous le poids de la Croix: entre eux, le vide et déjà l'absence.

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 6ème station: sainte Veronique, bravant le danger, se fraye un chemin entre les gardes et essuie le visage de Jésus.

Dernièrement j'ai circulé avec un passionné de tauromachie qui m'a signalé que ce geste de pieuse compassion a donné son nom à une célèbre passe : " la Véronique ", où le torero présente sa muleta face au taureau...

J'avoue mon incompétence en la matière, mais je dois dire que cette remarque a fait remonter en moi un fort souvenir: c'était le mois de juin 1989, nous étions, Pierre et moi en chemin à pied vers St Jacques de Compostelle, arrêtés pour une étape à Burgos. Il y avait ce soir là une corrida dans les arênes et Pierre m'avait convaincue que c'était l'occasion ou jamais d'assister à ce genre de choses, ce qui, honnêtement, ne m'attirait franchement pas du tout et même m'angoissait d'avance. Je ne veux pas ici raconter cette expérience particulière, sinon dire la perception physique, électrique, très chaude, de la foule excitée (ce que je n'avais plus ressenti depuis mai 68), se levant comme un seul homme à certaines passes, hurlant ses insultes lorsque dans l'arène est apparu un taureau qui refusait le combat malgré les blessures et qu'il avait fallu sortir avec l'aide de ces dames génisses... Tout ce que je sais, c'est que le petit appareil photo que j'avais acheté pour cette route de saint Jacques m'a lâché là, pendant cette corrida, et que je n'ai donc pris aucune photo de notre périple, seulement dessiné et écrit chaque soir... C'était mieux comme ça.

Ce tableautin fait partie de la très belle série d'un Chemin de Croix peint par Giacomo GRANDI en 1757. Restauré par Ewa POLI.

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Une 7ème station très méchante !

 

  Le plus acharné, le plus grotesque et bestial ( barbaresque, bien sûr) en a perdu son froc et toute dignité , mais pas son bonnet : il s'est drapé dans le manteau rouge (du Christ en dérision) qui lui cache "les parties honteuses". Les autres méchants, gardes romains à la solde du Mal, cuirasses et âmes noires, tourmentent aussi avec une rare violence le pauvre Jésus tombé sous le poids de la Croix : pourtant celui-ci, fidèle à son image, ne cesse de sourire doucement... Derrière, le spectateur enturbanné et impuissant (que nous sommes), Simon le Cyrénéen ... Choisissez vite votre camp!

(Chemin de Croix de Giacomo Grandi). 

 

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XIème Station: Jésus est cloué sur la Croix (Carcheto).

Dans ce tableautin d'une autre main que les précédents, le peintre semble avoir croqué quelques villageois de Castagniccia, une région réputée pour ses menuisiers (le chataîgnier y est roi: du reste je parie que la Croix a été taillée dans l'un d'eux). Regardez: le petit garçon bien dru sur ses jambes aide son papa en lui tenant gentiment le panier d'outil... Ici le pinceau de l'artiste se fait moins agressif, plus quotidien...

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Ailleurs, la même scène de crucifixion, mais évoquée de façon plus violente: les "méchants" bourreaux au visage basanné (l'autre!) se contorsionnent tandis que les "bons" assistent, impuissants, et restent sobres... L'index tendu du soldat au premier plan à droite souligne l'irrémédiable exécution du décret. Derrière lui, la foule des spectateurs...

                                      

 

Cette entreprise (nourricière pour les artistes de l'époque!) a enflammé l’imagination des peintres locaux qui ont su traduire avec force la dramaturgie de ces stations. Avec force, certes, mais aussi avec quelques fantaisies et quelques règlements de compte avec « l’autre », celui du mauvais côté du miroir, de la mer, celui qui razzie les villages, massacre, pirate, dont on garde des souvenirs douloureux au point aujourd'hui encore de traiter les enfants non baptisés de … « petits turcs » ! Et on force le trait des « méchants », délit de "sales gueules" basannées, grimaçants comme des diables, comme des turcs, des sarrasins, des maures, comme l’autre, quoi ! La règle étant que, comme dans toute bonne bande dessinée, l’on distingue du premier coup d’oeïl les bons (nous)  des méchants (les autres).

 Jésus se doit d’être paisible malgré la souffrance. Son visage reste humain en toute occasion, voire souriant : car il s’agit bien là d’exprimer son humanité face à la barbarie. Sa mère et les saintes femmes, elles aussi, gardent un maintien d’une grande dignité malgré la douleur. Leur gestuelle théâtralisée ne fait qu’exprimer des sentiments nobles et partagés par tous (nous) .  En revanche les bourreaux se doivent d'être bestiaux et manifestement cruels...

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XIIème Station : Jésus meurt sur la Croix.(Francescu CARLI)
Tout est consommé. La Mère et saint Jean au pied de la Croix ponctuant de leur gestuelle leur douleur: la Vierge, mains jointes dans sa prière nous invite à faire de même, tandis que St Jean, la main droite sur le coeur, accueille de son bras gauche largement ouvert toute la souffrance de la scène et nous implique dans le drame.  Jésus , livide, entre le bon larron ( à sa droite, comme de juste), qui tend son visage confiant vers le Christ, et le méchant larron bien noir, comme calciné par le Mal, et déjà ratatiné pour l'éternité!
Rappelons que Francescu Carli et Giacomo Grandi sont les deux peintres de cette deuxième moitié du 18°siècle les plus productifs pour le patrimoine religieux, en particulier en ce qui concerne ces Chemins de Croix.
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XIIIème Station: Jésus est déposé de la Croix.

Ici il n’y a plus de place pour les méchants : voyez comme Joseph d’Arimathie retient dans ses dents le suaire… Saint Jean reçoit les jambes du Christ. Marie Madeleine baise ses pieds. La Vierge souffre et prie…  Les visages sont graves et enfantins, signature particulière de ce bon peintre local d'origine toscane  (né en 1735 à Lucques) qui fit en Corse sa carrière d'artiste et sa vie ( marié à une corse de de San Lorenzo, en Castagniccia, il y finira ses jours en 1821). Il a beaucoup oeuvré dans les églises et "produit" de nombreux Chemins de Croix de cette facture efficace et populaire... Et quand je parle de produire, c'est qu'il fut particulièrement productif!

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XIV ème Station: Jésus est mis au tombeau.

A nouveau Giacomo Grandi, et ses drapés tourbillonnants. Tout le poids du Christ plombant le linceul porté par les hommes. Aux femmes, les langes du nouveau-né, aux hommes les langes de la mort drap. Aux hommes, l'action, aux femmes, la compassion? N'est-ce pas un peu vite dit? Je reviendrai là-dessus.

(à suivre)

 

22/03/2011

Scata: suite de la note du 11/03/11

 

SCATA, église santa Cecilia un patrimoine digne d'intérêt à sauver

Cette église a reçu au 18°s. un beau décor malheureusement repeint sans délicatesse ...

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Au fond du choeur, cette représentation de la Vierge de l'Assomption, peinte par Giacomo GRANDI, malheureusement bien maladroitement "raffraichie" ...

 

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... ainsi que le médaillon de la voûte,   brutalement rebarbouillé, dommage! représentant santa Cecilia  devant "son" orgue: attribuable soit à Domenico Baino, soit à Salvatore Angeli, auteur d'un médaillon à la Collégiale de Calenzana: merci, Michel Edouard Nigaglioni, pour cette dernière suggestion.

 

Calenzana médaillon Salvatore Angeli - blog.jpg

Pour comparaison, le médaillon de Saint Blaise à Calenzana.

Décidément cette église sainte Cécile de Scata mériterait des soins appropriés: dans la note précédente, nous évoquions toutes les difficultés rencontrées par cette petite commune et pour qui le patrimoine de l'église est une surcharge de dépenses bien difficile à gérer. "Quelqu'un de la partie" (?) avait soutenu que les trois toiles de l'église ne présentaient aucun intérêt ... et pourtant ...

 

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L'historien de l'art M.E. Nigaglioni rappelle que ce tableau de santa Cecilia est l'un des plus beaux du maître Marc Antonio de Santis: il est signalé et illustré dans l'ouvrage collectif sur la Corse publié par Christine Bonneton (Encyclopédie Bonneton), p.39, , dans l'Encyclopedia Corsicae (2004), dans les Cahiers Corsica (2007) ...

 

 

 

 

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... Que le Rosaire (ici le détail de saint François en prière aux pieds de la Vierge) "peint par Grandi est projeté dans le film sur la peinture baroque corse qui est diffusé en boucle dans la salle correspondante au Musée de Bastia" ... C'est l'une des nombreuses copies exécutées d'après le retable de la Vierge du Rosaire entre saint Dominique et saint François peint pour l'église San giovanni Battista à Bastia, par le peintre génois Domenico Piola (1627 - 1703):

 

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"Pour l'église Santa Cecilia de Scata, Giacomo Grandi exécuta également une copie du Rosaire de Bastia. Cependant il enrichit la composition en ajoutant des guirlandes de fleurs autour des deux cartouches baroques du registre supérieur." ( Michel-Edouard Nigaglioni, article de  "La peinture bastiaise baroque: modèles et copies", in Etudes Corses, n° 50-51 Ajaccio, La Marge Edition 1998)) 

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(le Rosaire avant l'attaque des champignons)

 

  

Scata Vierge ste Lucie, St Roch et un évèque blog.jpg

... et que , comme le Rosaire, le tableau représentant santa Lucia, en compagnie de san Roccu  et un évêque (san Martinu? Sant' Agostinu?) aux pieds de la Vierge, est publié dans un article de la revue historique "Etudes Corses" en 1998:

Scata la Vierge à l'Enfant, détail.jpg

"L'église santa Cecilia de Scata conserve un retable figurant un saint évêque, saint Roch et sainte Lucie aux pieds de la Vierge à l'Enfant. Les deux personnages masulins du registre inférieur sont directement copiés sur le modèle bastiais. Deux peintres semblent être intervenus sur cette toile. L'un d'eux est aisément identifiable car on reconnait le style très particulier de Giacomo Grandi (actif en Corse dès 1746, mort en 1772) dans le visage de la Vierge." (idem)

Tout ceci pour dire que Scata fait partie de ces petites communes rurales aujourd'hui dépeuplées et désargentées qui doit gérer un patrimoine menacé mais digne d'intérêt: il serait utile d'encourager et d'aider, par tous les moyens, ces municipalités souvent découragées devant l'ampleur des dégradations d'un héritage dont elles n'évaluent pas toujours précisément la valeur patrimoniale.

 

Vous avez dit priorités?

Si, par exemple, " quelqu'un de la partie" passe faire un inventaire de l'église et note devant le maire que, tout compte fait, ces toiles ne présente pas un intérêt significatif, pourquoi voudriez-vous qu'à Scata l'on cherche à sauver ce qui a été ainsi jugé, alors que tant de priorités urgentes taraudent le conseil municipal ? Le patrimoine ne fait pas partie des priorités. Les priorités s'inscrivent dans le présent des gens des villages: leur mieux-être, la lutte pour le maintien à domicile de cette population restreinte et âgée,  la bagarre permanente contre la précarité, l'inconfort, la désertification... et vous parlez de patrimoine? Ce patrimoine qui s'inscrit, lui, soit dans un passé bel et bien fini, celui dont les anciens se souviennent avec nostalgie - cette époque où ils étaient jeunes et fringants, où l'église pleine de monde s'invitait à toutes les fêtes -  soit dans un avenir bien incertain, celui que nous laisserons à nos enfants, s'il en reste encore au village malgré les difficultés scolaires et l'absence de projet de vie ...

autel de la mort blog.jpg

Or, à Scata , tout ce patrimoine mériterait  pourtant d'être protégé  restauré, transmis : un ensemble qui fut cohérent, avec ses autels de stucs élégants (18°s.), comme ici la partie supérieure de l'autel des Ames du Purgatoire. On voit sur la droite les dégats des eaux, responsable de l'attaque des champignons sur les toiles. Maintenant que le toit est refait, les murs devraient s'assécher ...

la chaire de prêche blog.jpg

ou ici, la chaire de prêche, hélas copieusement ripolinée: à nouveau, le gouffre qui sépare restauration de rénovation.

le confessional blog.jpg

ce beau confessionnal ...

 

Scata tabernacle blog.jpg

 

Et ce bien joli tabernacle (fin 16° s.): en forme de temple à l'antique, avec son toit caractéristique en forme de pyramide et ses deux colonnes engagées, son travail mouluré sur la corniche, la porte et la base. Son décor végétal délicat sur fond vert encadre la porte portant le calice et l'hostie.  Les deux deux inscriptions traditionnelles sont encore lisibles:

"EGO SUM PANIS VIVUS" (entablement)

"HIC DEUM ADORA" (base)

 

Scata tabernacle ange latéral blog.jpg

 

Sur les côtés, deux anges en prière

tabernacle ange de gauche blog.jpg

Ces tabernacles anciens finement décorés se rencontrent encore dans certaines églises,

Gavignano tabernacle  blog.jpg

comme ici à Gavignano.

 

(à suivre)

Merci à Michel Edouard Nigaglioni pour son aide précieuse et sans faille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11/03/2011

La champignonnière de Scata: un patrimoine menacé

 

                 Fin février, dans le petit village de Scata,                  pieve d'Ampugnani, diocèse de Mariana

 

Scata église sainte Cécile et confrérie ste Croix blog.jpg

... dans le crépuscule de cette fin d'après-midi l'église sainte Cécile et derrière, la confrérie sainte Croix ...

 

L'inventaire général du patrimoine de la Région corse a mené une étude du patrimoine de Scata , consultable sur le site du ministère de la Culture:

www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=...

***
Rencontre avec sainte Cécile, la sainte patronne de la musique  ...

Scata Ste Cécile MA De Santis blog.jpg

 Elle habite l'église, derrière l'autel, noble et tranquille.
Cette toile est une oeuvre maîtresse de Marc'Antonio  DE SANTIS: ce peintre, originaire de Benevento, dans l'Etat de Naples,  va choisir de s'installer  dès 1647 à Bastia où il exercera son art jusquà sa mort vers 1681, enrichissant les églises de Corse de ses oeuvres  talentueuses (merci M.E. Nigaglioni!). L'on sait de lui qu'il fut particulièrement sensible  à la musique et ce sujet de sainte Cécile à Scata ne pouvait que le toucher.

Scata ste Cécile visage blog.jpg

Il représente, aux environs de 1660, cette magnifique sainte Cécile chantant et effleurant d'une main délicate l'orgue selon l"iconographie la plus courante dans nos églises et sur nos tribunes d'orgues peintes.
Hélas, la toile n'est pas en bon état et elle est menacée par le mal qui a déjà attaqué les deux autres toiles de l'église:

 

Scata le Rosaire Grandi blog.jpg

 

Ici le Rosaire, peint par ce bon peintre du XVIII°s. que nous connaissons bien, Giacomo GRANDI. La Vierge et l' Enfant remettent le Rosaire aux saints Dominique et François. Ici les quinze Mystères sont répartis en trois parties.

 

 

Scata Rosaire Vierge et Enfant détail blog.jpg

Malheureusement depuis environ un an cette jolie  toile est la proie de champignons dévastateurs, détruisant jusqu'à la lecture de l' oeuvre . La propagation de cette peste cryptogamique est implacable, les spores migrant sournoisement d'une toile à l'autre dans le silence humide de l'église.
La municipalité vient de terminer la réfection du toit qui laissait, avant cette intervention urgente, les eaux de pluie ruisseler à l'intérieur de l'église: les murs mettront sans doute du temps à s'assècher et en attendant, que faire pour sauvegarder les toiles de Scata?
Le maire se bat pour les priorités communales basiques, utilisant au plus serré le budget exsangue d'une petite commune montagnarde dépeuplée: tout à l'égout, ramassage des poubelles, routes, etc ... la sécurité vitale des gens passe évidemment bien avant toute idée de restauration du patrimoine, non pas qu'à Scata l'on s'en désintéresse, mais l'on n'a pas matériellement les moyens d'agir ...

Ce patrimoine des villages nous interroge, car c'est aussi le nôtre - et ce n'est pas parce que ce patrimoine n'est pas souvent  signé par des grands noms et qu'il a souvent cette connotation d'art populaire qu'il faut le laisser mourir. On souhaîte que la gestion des fonds publics soit suffisamment éclairée pour ne plus connaître ces  opérations parfois cataclysmiques (du genre de celle qui afflige le réseau ferrovière de la Corse) qui pompent le budget de la CTC et ne laissent, au regard de ces gouffres financiers,  que des miettes pour la politique de sauvegarde et de restauration de notre patrimoine.

Scata Cécile main.jpg

(à suivre!)