01/11/2009
avec Philippe Jaccottet: "Plaintes sur un compagnon mort"

" En voici un de plus qui entre dans le défilé
à peu de pas, peut-être, devant nous.
D'effroi ravalé, sa peau tressaille près de l'oeil.
Les paroles si pures dont il se vêtait
tombent en loques.
Ah! tendez-lui encore un verre plein de l'air du soir,
gardez-le encore un moment de cette suie qui encrasse les rochers rapprochés.
Nous ne l'aurons pas suivi bien loin."

(hier, au Tizzone)
" Vous, lentes voix qui nouez et dénouez
dans le ciel intérieur,
si vous ne mentez pas, enlevez-le dans vos mailles
plus limpides que celles de la lumière sur les eaux "
(Philippe Jaccottet: A la lumière d'hiver)
17:38 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : séparation, mort |
Facebook |
31/10/2009
Mort et compagnie: le tombeau de Damasu Maestracci à Occhiatana
"On ne meurt qu'une fois, et c'est pour si longtemps" (Molière)
Une imagerie visible de la mort:
le tombeau de Damasu MAESTRACCI à OCHJATANA

Surplombant la route, le cimetière d'Occhjatana et la tombe du sculpteur local Damasu MAESTRACCI... "Un patrimoine accessible à tous"( thème des dernières Journées du Patrimoine): les anciens du village disent qu'ânes et mules s'emballaient de peur en passant sous le monument...
Contre l'oubli, chercher l'éternité à l'échelle humaine: bien peu de chose, en somme ...
"Mais si faut-il mourir, et la vie orgueilleuse,
Qui brave de la mort, sentira ses fureurs;
Les soleils haleront ces journalières fleurs,
Et le temps crèvera ceste ampoule venteuse
(...)
Vivez, hommes vivez, mais si faut-il mourir"
(Jean de Sponde)

Damasu, voué à la mort. Une obsession de son vivant : pour que nul n'oublie... le temps de la mémoire du ciment ...
"Mesdames et Messieurs, Vous dont la mère est morte,
C'est le bon fossoyeux
Qui gratte à votre porte.
Les morts
C'est sous terre;
ça n'en sort
Guère.
Vous fumez dans vos bocks,
Vous soldez quelque idylle,
Là-bas chante le coq,
Pauvres morts hors des villes!
Grand-papa se penchait,
Là, le doigt sur la tempe,
Soeur faisait du crochet,
Mère montait la lampe.
Les morts
C'est discret,
ça dort
Trop au frais.

Vous avez bien dîné,
Comment va cette affaire?
Ah! les petits mort-nés
Ne se dorlotent guère!
Notez, d'un trait égal,
Au livre de la caisse,
Entre deux frais de bal:
Entretien tombe et messe.
C'est gai,
Cette vie,
Hein, ma mie,
O gué?
Mesdames et Messieurs,
Vous dont la soeur est morte,
Ouvrez au fossoyeux
Qui claque à votre porte;
Si vous n'avez pitié,
Il viendra (sans rancune)
Vous tirer par les pieds,
Une nuit de grand'lune!
Importun
Vent qui rage!
Les défunts
ça voyage ... "
(Jules Laforgue)

Et veillant sur l'ensemble, ce bel autoportrait, inquiet, de Damasu Maestracci.
15:56 Publié dans la mort, patrimoine | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : damasu maestracci, occhjatana, la mort, le miroir de la mort, les vivants et les morts |
Facebook |

